Double champion FIA-GT1, rapide et affable ! Le résumé est un peu court, mais Thomas Biagi réunit sans aucun doute ces trois qualités. Il y a quelques semaines, le volubile italien nous disait être sans volant pour la saison. A un mois de la reprise du championnat FIA-GT, nous avons fait le point avec lui pour savoir si son programme était finalisé.
Thomas, y a-t-il toujours une possibilité de te voir cette année en FIA-GT ?
« C’est mon objectif et je travaille énormément sur le sujet. Revenir en GT1 serait pour moi l’idéal. Seulement, le problème est toujours le même. Les teams cherchent plus des pilotes à budget que des pilotes qui ont de l’expérience et qui peuvent justifier de bons résultats ».
Je suppose que cela ne s’est pas arrangé avec les problèmes économiques ?
« Bien entendu et le problème est le même pour tout le monde car nous sommes dans une période de turbulences. Nous devons trouver des solutions sans quoi les sports mécaniques seront uniquement un sport réservé aux personnes très fortunées et non pour les sportifs dont je fais partie ».
Comment vois-tu l’avenir du sport automobile ?
« Actuellement, tout est soumis aux questions budgétaires. Il faut impérativement limiter les coûts à court terme comme est entrain de le faire la Formule 1. La limitation des coûts doit se faire dans toutes les catégories du sport automobile. Quand j’ai débuté ma carrière, nous avions Formule 3, Formule 3000 et Formule 1. Maintenant, c’est un grand casino avec la Formule 2, le GP2, les World Series By Renault, la F3 Euroseries et l’A1 GP. Et là je ne parle que des séries typées monoplace. C’est fou ! »
Pour débuter l’année, tu as fait tes premiers pas en Speedcar Series avec de belles courses. Quel regard portes-tu sur ce championnat ?
« C’est une très belle série avec un budget réduit pour les teams, de bonnes primes à l’arrivée et les mêmes autos pour chaque pilote. Que tout le monde ait la même auto est très important au niveau du set up, car il faut être très pointu pour trouver les bons réglages. Le fait de rouler avec des anciens pilotes de F1 est pour moi un grand plaisir. C’était un rêve ! ».
Revenons-en au FIA-GT… Toi qui a une grande expérience en GT1, que penses-tu du Championnat du Monde GT1 ?
« Selon moi, c’est une bonne idée mais j’attends de voir le nombre d’autos au départ. Stéphane Ratel et son équipe doivent impérativement limiter les coûts, sous peine de quoi le plateau pourrait être réduit à peau de chagrin ».
L’an passé, tu débutais en GT2. As-tu retrouvé les mêmes sensations qu’au volant d’une GT1 ?
« Pour être franc, je préfère les GT1. Tu as plus de puissance, plus de couple, des freins carbone puissants, plus d’aérodynamisme et un cockpit plus à mon goût. En fait, il n’y a rien de comparable ».
Quels sont tes meilleurs souvenirs au volant d’une GT1 ?
« Je dirai Zolder 2007. Ce n’est pas évident de se battre pour le titre lors de l’ultime course de l’année, sachant qu’en plus je disposais de peu de points d’avance en arrivant en Belgique. Je dois dire que j’avais beaucoup de pression sur mes épaules. J’ai aussi en mémoire un autre grand souvenir : Barcelone 2003 ! C’est là que j’ai remporté mon premier championnat FIA-GT. Pour terminer, je dirai Silverstone 2007 où j’avais un retard à combler de trente secondes suite à un dépassement sous drapeau jaune. J’ai réduit l’écart et nous avons remporté le Tourist Trophy ».
As-tu un rêve ?
« Oh là, j’en ai un tas… Je dirai piloter à nouveau une Formule 1 et disputer les 24 Heures du Mans au volant d’une LMP1 ou LMP2 compétitive ».
Propos recueillis par Laurent Mercier