Le Mans

R.Brouard : "J’espère que les autres constructeurs suivront Audi"

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La semaine dernière, l’Automobile Club de l’Ouest a officialisé la création de l’Intercontinental Le Mans Cup. Une première édition visant à préparer 2011, avec trois rendez-vous au programme. Cette annonce nous avait surpris sur certains points et Rémy Brouard, Directeur Général de l’ACO, a accepter d’apporter quelques précisions à Endurance-Info.

 

Pourquoi Sebring ne figure pas au calendrier de l’Intercontinental Le Mans Cup ?

« C’était vraiment trop tôt. Un programme comme celui-ci ne se monte pas en deux mois. Cette première coupe, elle s’inscrit dans l’optique de 2011. Le calendrier permet d’enchaîner trois courses, basées successivement sur les Mans Series, l’ALMS et l’Asian LMS. Cela offre une bonne opportunité post-24 Heures du Mans de voir les principaux constructeurs de la discipline. Nous avons parlé de l’idée depuis plusieurs mois, désormais elle est lancée. »

 

N’est-ce pas trop tard pour 2010 ? Comment un team peut construire son programme en décembre ?

« Les constructeurs n’ont pas appris cette nouvelle mercredi. Cette idée, nous l’avons partagé avec eux. Nous en discutons depuis un bon moment déjà. A titre d’exemple, Olivier Quesnel et Peugeot semblent intéressés. Chacun possède des priorités pour établir son programme, mais nous avons essayé de concentrer les marques plutôt qu’elles ne fassent chacune des courses de leur côté. Une y aura une sorte de fil rouge après Le Mans et, quelque soit le programme d’un team, il fera au moins une manche puisque toutes les séries sont concernées. »

 

Combien de concurrents espérez-vous ?

« Il n’y a pas d’objectif de ce côté là. Si il y a deux constructeurs, c’est bien. Si il y en a trois c’est encore mieux et si il y a deux ou trois teams importants en plus, alors ce sera formidable. Audi a réagit rapidement en confirmant sa présence. J’espères que les autres constructeurs relèveront le défi et qu’ils suivront Audi. »

 

Une des contraintes est de faire cinq courses labellisées Le Mans. Pourquoi ne pas avoir fait une coupe de cinq épreuves et n’est-ce pas une contrainte trop importante ?

« Tout d’abord, nous avons essayé d’écouter ce qu’on nous a demandé. Ensuite, les besoins des uns et des autres ne sont pas les mêmes et le programme n’est pas identique pour tout le monde. L’idée, c’était de les rassembler. Ensuite, on ne voulait pas que cette coupe englobe les différentes séries. Avec les conditions demandées, les constructeurs devront être présents à plusieurs reprises dans les séries Le Mans. »

 

Qu’en est-il de l’Asian LMS ?

« Nous partons probablement pour deux épreuves. Nous sommes encore en discussion avec plusieurs circuits. Le souhait, c’est de franchir un nouveau palier et d’avoir une manche au Japon et une en Chine. Le format peut être de nouveau de deux fois 500km, mais ce sera plus vraisemblablement 1000km. »

 

Avant l’Asie il y aura Silverstone et Petit Le Mans, avec seulement deux semaines entre ces deux dates. La période étant relativement courte et nécessitant probablement un voyage par avion pour les autos, l’ACO gérera-t-il la logistique entre ces deux événements ?

« Non, ce sont les teams qui géreront leur logistique et de manière autonome. Les constructeurs ont l’habitude de ce type de contraintes. Et on a vu l’an dernier que ORECA avait pu faire Silverstone et Petit Le Mans. »

 

Les constructeurs qui participeront à  Le Mans Cup, mais qui seront pigistes en Le Mans Series ou ALMS marqueront-ils des points dans ce championnat ? Si oui, n’est-ce pas problématique ?

« Tout d’abord, nous sommes en train de statuer concernant les barèmes de points de la coupe, avec des points qui seront distribués selon un coefficient basé sur la durée de l’épreuve. Pour ce qui est des pigistes, s’ils marquent généralement des points en Le Mans Series, ce sera également le cas. Je ne pense pas que cela posera problème. Audi a déjà parlé de Spa et Silverstone et ce ne sera peut être pas tout. Et Peugeot n’a pas encore dévoilé son programme. »

 

Mais on sait tous que les médias parleront plus de Audi et de Peugeot que le team privé qui se battra pour le titre. C’est comme lorsque Acura dispute l’intégralité de l’ALMS, mais que ses teams ne peuvent pas gagner les deux épreuves les plus importantes de la saison parce qu’ils affrontent deux pigistes avantagés par l’équivalence Diesel/Essence.

« La première chose, c’est qu’avec la présence d’Audi et Peugeot, on parlera plus de l’événement dans les médias. L’impact sur l’épreuve sera plus important. Pour le team privé qui se retrouvera entre Audi et Peugeot, ce ne sera que mieux sur le plan médiatique. L’un des objectifs, c’est justement de développer cet aspect là. Ensuite, le but est que ces marques viennent dans les autres courses des séries Le Mans et pas seulement celles de la coupe. »

 

A propos des médias, quid de la couverture TV ?

« On travaille sur ce point. Je pense qu’avec la présence de deux ou trois constructeurs, ce ne sera que du positif. Nous avons un produit particulier, mais il ne faut pas oublier que les Le Mans Series et l’ALMS ont déjà des programmes télévisuels existants. En Asian LMS, nous avions de bonnes retransmissions. Après, il est évident que nous tentons de mettre en avant cette coupe. Ça va dans le bon sens. »

 

Que pouvez-vous nous dire sur 2011 ?

« Dès maintenant, nous travaillons sur la mise en place du trophée 2011, qui sera plus ambitieux, avec six épreuves minimums. Contrairement à 2010, il se déroulera sur l’ensemble de la saison. »

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

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