Présent aussi bien en Le Mans Series qu’en FIA-GT, Thomas Biagi aura connu une année bien remplie, avec une victoire dès sa première course au volant de la Lola-Judd Racing Box LMP2. Il refermera d’ailleurs sa saison par une nouvelle victoire, lors des 6 Heures de Vallelunga. Moins de chance en FIA-GT avec trois quatrième places sur la Corvette C6.R Luc Alphand Aventures, sans compter deux manches sur la Ford GT Matech GT Racing.
Laurent Mercier : Thomas,
pour une première année en prototype, le bilan est positif ?
Thomas Biagi : « Sans aucun doute, surtout que nous avons gagné dès la première manche à Barcelone. Nous étions sur le bon chemin dès le début. Toute l’équipe a fait du bon travail, tout comme les pilotes. Les équipages étaient vraiment homogènes et compétitifs. J’ai dû rouler deux heures dans la Lola pour mes vrais débuts. Avant d’arriver en Catalogne, je n’avais fait qu’une vingtaine de tours à Misano. A Spa, nous avons connu un problème dès le départ et nous n’avons pu concrétiser notre potentiel de la première course. Nous n’avons terminé que quatrième à Portimao alors que la seconde place était largement envisageable mais un problème de boîte de vitesses nous a fait perdre du temps. Un nouveau podium était en vue a
u Nürburgring mais la roue arrière droite s’est cassée et nous terminons au sixième rang. Malheureusement, nous ne sommes pas allés disputer la finale à Silverstone et nous échouons donc au cinquième rang au championnat ».
L’équipe n’a pas eu plus de chance aux 24 Heures du Mans ?
« Effectivement, car là aussi le podium était en vue avec une troisième position mais l’électronique en a décidé autrement. Je suis quelque peu déçu d’avoir manqué plusieurs podiums mais je n’ai commis aucune faute de pilotage. Je suis satisfait de mes débuts en prototype, surtout après une année en GT2. Je dois dire que piloter un proto au Mans, c’est fabuleux. Je remercie Racing Box qui nous a donné une bonne auto tout au long de la saison. Cette auto a une performance incroyable ».
Les bonnes occasions manquées ont été aussi nombreuses en FIA-GT ?
« Je n’ai su que très tard que j’allais rouler en début de saison avec Matech. J’ai bien aidé le team à développer la Ford GT, qui disputait cette année sa première saison. Nous avons ramené un point de Silverstone et je suis content d’être monté sur le podium dès les débuts du team en GT1. A partir de la troisième course, j’ai intégré le Team Luc Alphand Aventures et je ne regrette pas une seconde d’avoir saisi cette belle opportunité. Philippe (Poincloux), Xavier (Maassen) et toute l’équipe m’ont mis de suite dans de bonnes conditions. Là aussi, nous sommes passés à plusieurs reprises près du podium. Le championnat était dur et la concurrence relevée et affûtée ».
Tu termines tout de même la saison par une bonne note aux 6 Heures de Vallelunga. C’est toujours bien de gagner dans son pays ?
« C’est sûr que cela fait chaud au cœur. C’était la première fois que nous roulions avec les pneus Pirelli et ils nous ont apporté un bon soutien. Je me suis appliqué à ne commettre aucune faute et cela a payé. Nous avions un pilote dans l’équipage qui découvrait l’auto et il n’a pas fait de faute. Je suis content aussi pour Ferdinando Geri, propriétaire du team”.
Ton programme 2009 s’est décidé assez tardivement. Je suppose que tu ne souhaites pas revivre la même chose pour 2010 ?
« Pour le moment, je n’ai rien de finalisé. J’ai de bonnes relations avec le team de Luc Alphand mais ils ne savent pas ce qu’ils feront l’an prochain. Je suis un inconditionnel des GT1 et je pense que le Championnat du Monde est promis à un bel avenir, même s’il n’y a pas de manche en Italie. C’est important pour moi de rouler aussi un peu dans mon pays. Ce n’est pas facile pour moi de choisir entre le GT et le prototype. J’ai pris beaucoup de plaisir à piloter un prototype et j’aime la philosophie des manches Le Mans Series avec des courses de six heures. Cependant, le calendrier ne compte pas assez de meetings. Quand tu es pilote professionnel, il te faut au moins une dizaine de courses par an. Une chose est sûre, je compte être fixé sur mon programme avant janvier car j’espère bien passer les fêtes de Noël sereinement… ».
Propos recueillis par Laurent Mercier