European Le Mans Series

L’évolution du GT vue par Patrice Goueslard.

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La catégorie GT s’apprête à prendre un tournant avec l’arrivée d’un Championnat du Monde GT1 et d’Europe GT2. Bien entendu, l’International GT Open sera toujours en place, tout comme les championnats GT nationaux qui font la part belle aux GT3. Ceux qui ne se contenteront pas de ces séries pourront toujours rejoindre les pelotons American Le Mans Series et Le Mans Series pour jouer dans la cour des prototypes. A quelques mois de la saison 2010, bon nombre de pilotes sont toujours dans l’expectative, à l’instar de Patrice Goueslard. Le Normand est l’un des cinq pilotes (Christophe Bouchut, Marc Lieb, Stéphane Ortelli, Pedro Lamy) à avoir été titré aussi bien en FIA-GT (GT) qu’en Le Mans Series (GT1). Si le double champion LMS a le budget pour 2010, reste à savoir dans quelle série aller rouler et dans quelle catégorie…

 

Laurent Mercier : Patrice, comment vois-tu les choses concernant l’évolution du GT l’an prochain ?

Patrice Goueslard : « Hum…comment je vois les choses ? Pas évidentes en fait ! Je suis quelque peu sceptique sur le FIA-GT et ce dans plusieurs domaines : nombre d’autos, budget, équivalences GT1 actuelles et anciennes, déplacements lointains et format des courses. L’International GT Open est pour sa part un championnat intéressant et qui monte en puissance. Cependant, je ne suis pas favorable à ce type de format car je suis un fan d’endurance et ces courses de deux fois une heure sont de vrais sprints. Pour un pilote, tout dépend du feeling. Personnellement, je ne crois pas aux GT1 « kitées ». Elles vont se rapprocher des GT2, alors pourquoi pas faire une seule catégorie. En résumé, pour une équipe privée, le bon format est six heures car un pilote y roule environ deux heures ».

 

Tu est donc plus favorable aux manches de six heures, telles les Le Mans Series ?

« Effectivement car ce sont de réelles courses d’endurance. On peut y partager le volant à trois et surtout diviser le budget par trois. En plus, il y a des chances d’être sélectionné pour les 24 Heures du Mans. Si on prend l’exemple du FIA-GT, les teams sont plutôt habitués aux manches de deux heures et cela n’a rien à voir avec les courses de 24 heures ».

 

Quel serait la formule idéale selon toi ?

« Pour moi, ce serait huit courses Le Mans Series sur une GT3 sur des distances de 1000 km avec en plus les 24 Heures de Spa et du Mans. Tout ça avec la même auto GT3 ! Cela ferait un super programme. Faute de Le Mans Series, je choisirais le FFSA-GT car il y a plus de quinze marques engagées avec de magnifiques autos ».

 

Le choix n’est donc pas évident ?

« Il n’est pas facile de s’orienter. Vitesse ou sprint ? GT1 avec peu de voitures ou GT2 avec des Usines ? GT3 français ? Je trouve stupide de séparer les catégories pour en faire trois championnats. Le GT1 se meurt et le GT2 coûte le même prix. Quant à la catégorie GT2 aux 24 Heures du Mans, la course sera dure pour une équipe privée avec des Corvette, Ferrari, Porsche, BMW toutes soutenues par l’Usine. Le meilleur privé risque de se retrouver neuvième. Pour gagner au général, il faudra aller aux 24 Heures de Spa et personnellement, je penche pour une victoire d’une GT3 en 2010 ».

 

As-tu une idée de ton programme 2010 ?

« Je ne me suis pas décidé et mon annonceur, ATALIAN (anciennement TFN), non plus d’ailleurs. Je suis certain de disposer d’un budget mais je ne sais pas dans quelle voiture ni quel championnat. C’est le flou total pour un pilote qui aime le GT. Les bonnes questions sont : France ou étranger ? Sprint ou Endurance ? Les réponses arrivent ensuite par déduction et je mets à part les 24 Heures du Mans. Par contre, je reste stupéfait que les organisateurs des Le Mans Series et du FFSA-GT aient mis sur pied des calendriers avec un clash de date ».

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

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