Au terme d’une première édition intéressante de l’Asian Le Mans Series, il nous a semblé opportun de rencontrer Rémy Brouard. Le Directeur Général de l’ACO a en effet été l’un des principaux artisans de ce championnat, dont les débuts ont globalement été positifs avec des spectateurs au rendez-vous et nombreux teams satisfaits de l’expérience. Il faudra désormais passer la vitesse supérieure, car si ces premiers pas ont été concluants, les attentes sont désormais importantes pour la suite. Une suite qui concernera également le fameux Trophée Intercontinental…
Rémy, quel bilan dressez-vous de cette première édition de l’Asian Le Mans Series ?
« Tout d’abord, je voudrais remercier toute l’équipe ACO qui a travaillé dur pour en arriver là et dans une super ambiance avec les concurrents, le WTCC et le circuit d’ Okayama. Ensuite, je voudrais aussi remercier les vingt-trois teams qui nous ont fait confiance et qui ont tenu leurs promesses d’ être au Japon, malgré un contexte difficile pour eux. Nous avons eu de belles courses, particulièrement la première. Les écarts étaient réduits, et pas seulement en LMP1. Je retiens également que le format de deux fois trois heures n’a pas posé de problème. C’est intéressant. On a eu un plateau un peu « melting pot » avec des teams asiatiques qui ont trouvé l’occasion de disputer une course internationale, des équipes américaines venues montrer le bon niveau de l’ALMS – la Ford et la BMW en ont surpris plus d’un – et des structures européennes qui souhaitaient préparer 2010 ou dont les partenaires étaient séduits par ce marché. Je crois que cette mayonnaise un peu spéciale a bien pris. Enfin, l’ambiance était excellente, y compris avec l’organisateur, ce qui n’est pas toujours le cas. Tout le monde semble heureux ! »
Maintenir l’Asian LMS malgré la crise, c’était la bonne décision ?
« Cela faisait deux ans qu’on parlait d’aller en Asie et qu’on repoussait. Saisir l’opportunité de courir au Japon avec le WTCC avait un vrai sens, y compris économiquement. D’ailleurs, nous avons eu une excellente collaboration avec eux. Au niveau du public, plus de 30 000 personnes ont été annoncées, ce qui est plutôt bien par rapport à ce que l’on peut avoir habituellement. C’est pas mal. Idem du côté de la médiatisation, avec des tv et des journaux locaux qui ont bien joué le jeu. Les courses ont été diffusées en direct sur des tv importantes ici, Eurosport a également assuré une diffusion en Europe. Nous avons aussi eu la confirmation que les japonais aiment toujours autant Le Mans. »
Quelle suite va être donnée ?
« Dès cette semaine, nous sommes partis sur un autre circuit japonais et nous allons aller en Chine pour étudier certaines possibilités. Nous devrions probablement aller sur un autre circuit japonais, avec la possibilité d’avoir un paddock plus grand et sur un site historique. Pourquoi pas, de nouveau, avec le WTCC. L’idéal serait d’avoir une deuxième course : nous essayons de l’organiser en Chine. Nous voulons monter en puissance donc on peut imaginer trois épreuves en 2011. Et comme j’ai pu le lire sur Endurance-Info, plusieurs teams semblent intéressés par un championnat composé de plusieurs manches… »
Cette présence en Asie s’inscrit notamment dans l’éventualité d’un futur trophée intercontinental. Où en est ce projet ?
« Il avance bien. J’ai vu que de nombreuses personnes en parlent. Nous voyons cela comme un trophée Le Mans, organisé par Le Mans avec le règlement du Mans. Nous sommes toujours en phase de réflexion pour qu’il voit le jour en 2011, en premier lieu avec de quatre à six courses importantes pour le LMP1. Le LMP1 parce qu’il s’agit généralement des structures les plus armées pour ce type de trophée. Ces épreuves, nous les imaginons avec des formats différents. Il y a suffisamment de belles courses d’Endurance qui ont un format associé à leur nom : les 12 Heures de Sebring, les 1000km de Spa ou de Silverstone, voire certaines épreuves de 24 Heures, etc. Il y a également d’autres formats intéressants, comme celui que nous avons vu à Okayama. Il faut s’avoir varier les plaisir. Comme l’a annoncé Pierre Fillon, il n’est pas impossible que l’ACO lance en 2010 une première “Le Mans Cup” sur quelques grandes courses du calendrier. Une coupe qui préfigurera le vrai départ de l’intercontinentale 2011, avec de nouvelles voitures et un nouveau règlement. »
Pour revenir à Okayama, vous en avez profité pour rencontrer les constructeurs japonais…
« Oui et cela s’est bien passé. Tous les membres de la commission des constructeurs de la JAF (Japan Automobile Federation), qui réunit les marques japonaises. 18 personnes étaient présentes. A leur demande, nous leur avons présenté les nouveaux règlements du Mans, ainsi que les possibilités de développement de nouvelles énergies, telles que l’hybride. Le deuxième point évoqué, c’est le développement de l’Asian Le Mans Series. »
Ces constructeurs vous ont-ils témoigné leur intérêt pour les 24 Heures du Mans ?
« D’une façon certaine, le règlement des 24 Heures du Mans intéresse plusieurs marques dans le monde, pour 2011 ou après. Certains sont intéressés pour faire leur retour dans la Sarthe, d’autres pour effectuer leurs premiers pas, y compris avec de nouvelles énergies, ce qui a toujours été l’essence même des 24 Heures du Mans. »
Propos recueillis par Anthony Megevand