American Le Mans Series

Laguna Seca : De Ferran et Fernandez brillent pour leur der’.

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Après avoir décroché la pole, Gil de Ferran a définitivement réussi sa dernière apparition en tant que pilote. Comme lors de sa retraite en IRL, le Brésilien a gagné son ultime course. En compagnie de Simon Pagenaud, il a remporté la finale de l’American Le Mans Series à Laguna Seca, non sans avoir dû résister à l’Acura du Fernandez Racing dans les dernières trente minutes. 662 millièmes séparent finalement les deux voitures de tête à l’issue des quatre heures de course ! Si la troisième place générale de l’Acura/Highcroft offre à David Brabham et Scott Sharp le titre, le tandem de Ferran/Pagenaud a clairement été au dessus du lot pour faire triompher la fameuse Acura aux couleurs « Chaparral ».

 

Deuxième du Scratch, le Fernandez Racing signe aussi sa sortie de la plus belle des manières, le team ayant de fortes chances de fermer ses portes à la fin du mois. En s’imposant en LMP2, Luis Diaz et Adrian Fermandez terminent sur une bonne note. Ils devancent la Lola-Mazda Bio-Buthanol, très en verve avant un contact avec une GT2. Quatrième, la Lola du Autocon Motorsports a réalisé une prestation sans faille pour créer la surprise et monter sur le podium en LMP1, Johansson/Mowlem ayant connu plusieurs ennuis, tout comme la Lola-AER du Intersport Racing.

 

En GT2, la bataille a été particulièrement intense dans les derniers instants, même si plusieurs des principaux protagonistes ont été pris dans les incidents d’une course mouvementée dans sa première partie. Les BMW n’ont pas été épargnées, tout comme une Corvette et la Ferrari/Risi, qui a dû rendre les armes – et perdre le titre – après un accrochage. Le Flying Lizard fait ainsi coup double : le titre pour Bergmeister/Long, et la victoire, la centième de Porsche en ALMS, devant la Corvette de O’Connell/Magnussen. Mais la fin de course risque de faire parler : à la lutte pour la première position, Bergmeister et Magnussen se sont touchés plusieurs fois, le Danois tapant même violemment le mur à l’arrivée ! Le classement complet est ici.
 

LMP1 : De Ferran a eu chaud…

Alors que Gil de Ferran, son patron et coéquipier, donne le départ de l’épreuve en tant que Grand Marshall, Simon Pagenaud va marquer de son empreinte la première heure. Après une première neutralisation, causée par un contact au virage n°8 entre la Lola-Judd du Drayson Racing, qui abandonne sur le coup, et la Porsche RS Spyder du Team Cytosport, le pilote tricolore prend le large. Il creuse l’écart au rythme de plus de deux secondes par tour sur Jon Field et David Brabham, qui sont en pleine explication. Au volant de son Acura, Simon va posséder jusqu’à plus d’une minute d’avance, avant son premier arrêt et une nouvelle entrée en piste du safety car qui réduira son avance à néant.

 

Après plusieurs neutralisations, l’Acura du De Ferran Motorsports mène toujours durant la deuxième heure, sans être inquiétée par la Ginetta-Zytek du Corsa Motorsport et la Lola/Intersport, qui repasse par les stands après une cinquantaine de tours. Quant à l’Acura/Highcroft, après avoir été dominée durant le premier relais, elle a décalé sa stratégie sous safety car… avant de revenir dans la pitlane après 1h30 et de perdre deux tours suite à des ennuis électriques. Un problème qui n’aura finalement pas de conséquence dans la quête du titre LMP1.

 

Solide leader avant la mi-course, avec plus de quarante secondes d’avance, Simon Pagenaud voit une nouvelle fois ses efforts annulés après la quatrième neutralisation. Gil de Ferran s’installe dans le baquet, pour le dernier relais de sa carrière. S’il n’est pas inquiété en LMP1, le Brésilien doit résister aux attaques de la Lola-Mazda Bio-Buthanol pour le général. Du côté du Corsa Motorsport, c’est la soupe à la grimace : Stefan Johansson est signalé au ralenti suite à un problème d’hydraulique (direction) alors qu’il occupe le deuxième rang de la catégorie reine. Cela profite à l’Acura/Highcroft, de retour au deuxième rang du LMP1, devant la surprenante Lola du Autocon Motorsports.

 

A une heure du terme, Gil de Ferran ravitaille pour la dernière fois. Il conserve les mêmes gommes et repart ainsi en tête du Scratch, avec une bonne vingtaine de secondes. Du côté de l’Acura/Highcroft, on a franchi la barre des 70% et on fête déjà le titre. Alors que la troisième place du LMP1 est encore envisageable pour Corsa Motorsport, la Ginetta-Zytek est victime d’une crevaison et Stefan Johansson doit rejoindre son stand.

 

En tête, Gil de Ferran est sous la pression du leader LMP2, Adrian Fernandez. Le Mexicain parvient à passer à une demi-heure du terme, mais de Ferran reprend son bien quelques mètres plus tard. Les deux hommes vont sérieusement animer la fin de l’épreuve. De quoi nous donner un aperçu de ce que pourrait être la catégorie unique LMP en 2010. Toujours est-il que l’Acura du De Ferran Motorsports conservera l’avantage d’un cheveu, de Ferran/Pagenaud s’imposant pour moins d’une seconde

 


LMP2 : Fernandez conclut en beauté…

Après un départ prudent, au cours duquel il cède la première place de la catégorie à Butch Leitzinger, Luis Diaz ne tarde pas à retrouver les commandes du LMP2. La Lola-Mazda n°20 repasse en effet une première fois par les stands, suite à un problème électronique, avant d’abandonner peu avant le cap de la première heure. Et comme la Porsche/Cytosport a perdu plusieurs tours dès les premières minutes, seule la B09/86 n°16 du Dyson Racing, hors classement puisque carburant au Bio-Buthanol, peut menacer l’Acura/Fernandez. Les deux voitures vont s’échanger plusieurs fois la position de pointe, notamment dans les stands. Si l’Acura a mené la deuxième heure, c’est la Lola-Mazda qui a dominé le relais suivant, avec un excellent Guy Smith. Mais le festival du Britannique s’arrêtera à 90 minutes du terme, après un contact avec une des deux Corvette. La n°16 pourra repartir, mais en ayant perdu tout espoir de victoire…

 

Adrian Fernandez poursuit sa voie et, désormais libéré de toute pression, il tente de s’imposer au classement général. En vain, malgré une courte prise de pouvoir et de nombreuses attaques. Avec Luis Diaz, le Mexicain se satisfera certainement d’un succès en catégorie qui conclut de belle manière l’aventure du Fernandez Racing.  

Malgré son accrochage en début de course, puis des problèmes de boîte qui l’ont relégué dans les profondeurs du classement, la Porsche RS Spyder du Team Cytosport se classe officiellement deuxième. Officieusement, Graf/Pickett sont devancés par la Lola-Mazda Bio-Buthanol, qui concourrait hors catégorie. Mais Smith/Dyson méritaient bien mieux que ce résultat.

 

GT2 : Victoire et titre pour le Flying Lizard !

Les Corvette prennent le meilleur départ, Magnussen conservant la tête devant Gavin, qui a rapidement trouvé l’ouverture sur la Ferrari/Risi. Les Porsche Farnbacher et Lizard suivent, devant la Panoz et la Ford/Robertson, qui précède des BMW discrètes. Si la première des deux M3, la n°90, doit abandonner après seulement quelques minutes, les positions de tête n’évoluent pas malgré des écarts réduits. Les premiers mouvements interviennent en fin de première heure, lors de la deuxième neutralisation. Après les arrêts, la BMW rescapée, la n°92, repart en tête devant la Ferrari/Risi et les Corvette. Mais le restart va être dramatique : quatre voitures se retrouvent sur le carreau, y compris la M3 de Tommy Milner, qui concède une boucle, et plus encore la C6.R de Oliver Gavin, qui va perdre plus de dix tours au garage.

 

Un nouveau coup de théâtre intervient au cours de la deuxième heure. Dominatrice, la Ferrari/Risi rentre au stand suite à une inquiétante fumée, provoquée par des dommages à l’avant gauche. La F430 abandonne, conséquence d’un contact avec la Jaguar, ce qui offre le titre à Long/Bergmeister ! La Corvette n°3 repasse alors en tête, devant la Porsche n°45 et la Panoz du Team PTG. Dans le baquet de la Esperante, Dominik Farnbacher est d’ailleurs en forme et passe deuxième, avant de se rapprocher du leader. C’est une nouvelle fois sous régime de drapeau jaune qu’une partie de la course se joue, la Porsche de Long/Bergmeister prenant les commandes devant la Corvette de O’Connell/Magnussen dans les stands. Régulier, le Vici Racing profite du restart pour se hisser temporairement en troisième position avant de céder devant la Porsche/Farnbacher de Wolf Henzler, puis de rentrer dans le rang.

 

Après la dernière phase de pit-stop, l’ultime heure de course va s’avérer animée. Au volant de la Porsche du Flying Lizard, Jorg Bergmeister et Patrick Long ne tremblent pas. Malgré les attaques de Jan Magnussen, la n°45 conserve une petite marge – une seconde – suffisante pour devancer la Corvette n°3 sur la ligne d’arrivée. Mais que ce fut chaud, avec une incroyable lutte dans la nuit californienne et une arrivée qui fera débat, Magnussen ayant été bloqué contre le mur par son vis à vis avant d’aller violemment percuter le mur opposé. Auteurs d’une course exemplaire, Wolf Henzler et Pierre Ehret complètent le podium. Et pourtant, cela n’aura pas été facile. Le duo du Farnbacher-Loles Racing a dû s’incliner à treize minutes du drapeau à damiers face au retour de la Panoz du Team PTG, pilotée par Dominik Farnbacher et Ian James, avant de retrouver la troisième place dans l’antépénultième boucle ! Finalement sixième, la BMW de Dirk Müller et Tommy Milner pourra regretter le tour perdu lors du deuxième restart. La Ford/Robertson aura une nouvelle fois réalisé un bon début de course, tandis que la Riley-Corvette s’est faite discrète et que la Jaguar n’a joué aucun rôle.

 

En ALMS Challenge, la course a été mouvementée. Les différents leaders auront tour à tour été ralentis, ou stoppés, par différents incidents, que ce soit la 997 GT3 Cup n°47, la n°57 de la famille Snow, ou la n°69, en tête de la catégorie avant de sortir de la piste (après 1h47). Il fallait donc avant tout éviter les embûches et c’est ce que le Velox Motorsport a fait. Lewis/Ventos s’imposent pour moins d’une demie seconde sur le duo du Orbit Racing, Baker/Cosmo. Malgré leur troisième place, Hoaglund/Faieta ne privent pas la famille Snow du titre.

 

Anthony Megevand

 

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