FIA GT Series

Stéphane Lémeret : "J’ai laissé parler mon cœur."

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Depuis son accession en GT1, débutée en 2004, Stéphane Lémeret a travaillé tant et plus en vue de décrocher un programme complet dans cette catégorie, voire en GT2. Aujourd’hui, il y est parvenu. Il sera en effet aux commandes de la Saleen S7R ex-Zakspeed engagée par Full Speed. Rencontre avec le pilote belge.

 

Patrick Six : Participer à l’intégralité du championnat FIA-GT, une suite logique à ta progression ?

Stéphane Lémeret : « Oui, je pense. Cela avait déjà failli se faire l’an dernier en GT2, mais ça avait capoté au dernier moment. Et avant cela, je n’avais pas eu trop de chance avec les teams pour lesquels j’avais roulé : Zwaan’s Racing, GPC et Graham Nash avaient tous stoppé leurs activités. Je suis donc particulièrement heureux de continuer ce que j’avais commencé avec Graham aux 1000 Km de Spa 2005. Cette fois, le contexte financier est bon et il va pouvoir faire du très bon travail. C’est quelqu’un que j’apprécie : il ne fait pas d’esbroufe mais connaît son job. »

 

Le choix du Graham Nash Motorsports est-il le fruit de longues tractations ?

« Quand j’ai su que Graham faisait son come-back, j’ai tout de suite pris contact avec mon ami Andy Woolgar, qui m’avait fait entrer chez Graham en 2005. Ils étaient toujours en contact et les choses se sont faites naturellement, même si les tractations pour ce genre de choses prennent toujours du temps, notamment pour finaliser les détails du contrat. »

 

Ton contrat inclut-t-il une participation aux 24 Heures de Spa ?

« Oui mais les choses sont claires avec l’équipe : si tout n’est pas réuni, notamment au niveau de l’équipage, pour y jouer la victoire, je peux me libérer pour cette course, qui est essentielle pour moi. Mais pour le moment, je n’y pense pas et je pars dans l’idée que nous ferons les neuf manches ensemble. »

 

Qu’évoque pour toi le nom de Saleen ?

« Ça m’évoque surtout une voiture extraordinaire, avec laquelle je me suis tout de suite senti à l’aise en 2005, et que j’ai souvent rêvé de piloter ces dernières années. Particulièrement cet exemplaire-là puisqu’il s’agit de l’ex-Zakspeed qui a gagné quelques courses en 2006. »

 

D’autres opportunités pour un programme complet en endurance se sont-elles présentées ?

« Oui et le choix n’a pas été facile car j’avais aussi la possibilité de rouler en Le Mans Series et au Mans en GT1 ou de rouler pour un team représentant une usine en FIA-GT2. Mais j’ai laissé parler mon cœur : j’adore la Saleen et en GT je préfère le championnat FIA aux Le Mans Series, qui font logiquement la part belle aux protos. Quant au Mans, j’ai encore le temps d’y penser. »

 

La partie technique est quelque chose qui t’a toujours intéressé. Seras-tu chargé de la mise au point de la voiture ?

« Comme j’aurai un équipier de pointe, on se partagera sûrement le travail. De plus, le team roulera aussi en Le Mans Series avec notamment un pilote français de référence en GT, donc la mise au point devrait être d’autant plus rapide. »

 

Te retrouver dans un contexte aussi favorable signifie-t-il que tu vises le titre ?

« Je suis bien placé pour savoir que battre Vitaphone est vraiment difficile. Donc, de manière plus réaliste, je vise au moins une victoire et l’un ou l’autre podium. Si on y arrive, on ne devrait pas être trop mal placés au championnat. »

 

Avant Silverstone, la Saleen sera dotée d’évolutions moteur et autres ?

« Cette voiture, malgré le fait qu’elle n’était pas équipée de pneus Michelin de développement, était déjà compétitive en fin de saison dernière. Graham y apporte évidemment sa touche personnelle mais je ne pense pas que cette Saleen-là nécessite de grands développements. »

 

Le doute de ne jamais atteindre ton objectif de participer un jour à une saison complète en GT1 a-t-il traversé ton esprit ?

« Oh oui, j’ai bien cru que je n’y arriverais jamais. Vous savez, beaucoup de teams considèrent que comme j’ai un gros sponsor qui me suit, je peux largement participer aux frais de fonctionnement de l’équipe. Mais ce n’est que la filiale belge de DHL qui m’aide, du mieux qu’elle peut certes, mais elle ne peut pas se permettre d’injecter de gros budgets pour un programme international. Il me fallait donc attendre une proposition d’un team qui me respecte avant tout en tant que pilote, et non en tant que représentant de commerce ! »

 

Tes chronos comparables à ceux de van de Poele au volant de la Maserati MC12 ont-ils influencé la décision du Graham Nash à t’engager ?

« Sans doute, mais je préciserais que ce n’est pas seulement à ceux d’Eric qu’ils étaient comparables mais aussi à ceux de Bertolini, Pierguidi, Negrao et Sarrazin. Cela dit, je pense que Graham avait déjà pu voir de lui-même ce dont j’étais capable au volant d’une Saleen en 2005. C’est un super souvenir : je découvrais la voiture, il m’avait fait prendre le départ des 1000 Km de Spa sous la pluie et j’ai ramené la voiture à la 2e place du GT1, qui était plus fourni qu’aujourd’hui en Le Mans Series. »

 

Le choix de poursuivre en BTCS pour le compte de Mazda est-il dicté par des impératifs vis-à-vis de DHL Belgique ?

« Je t’annonce malheureusement un scoop : le programme Mazda en BTCS est annulé, pour cause de crise. Un constructeur japonais de plus ! C’est vraiment dommage car nous allions enfin pouvoir récolter les fruits de notre travail. Je cherche d’ailleurs une solution pour quand même disputer la première course de la saison, à Francorchamps, ainsi que les 12 Heures, point d’orgue du championnat. Je veux gagner au moins une course avec cette RX-8 que j’ai fait naître et grandir ! Nous tournions désormais presque aussi vite qu’une GT2 sur Spa et c’est un grand plaisir avec cette vraie auto de course ! »

 

Le GT3 reste-t-il d’actualité malgré ton programme complet en GT1 ?

« Oui, je vais disputer le Belgian GT avec une des Ford Mustang rachetées à Matech par le VDS Racing Adventures. Comme c’est un championnat SRO, il n’y a aucun clash de date avec le FIA-GT donc c’est parfait. Je me réjouis vraiment de rouler avec cette voiture de 604 chevaux qu’on va s’appliquer à essayer de faire mieux tenir le parquet ! On a commencé les essais de mise au point dès jeudi à Zolder, avec un super ingénieur belge avec qui j’ai toujours eu envie de travailler, Fabio Lazzerini, de R-Tec. Vraiment, j’ai beaucoup de chance cette année et j’espère que je ne vais pas me réveiller en réalisant que tout cela n’est qu’un rêve ! »

Patrick Six

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