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Si l’Acura du De Ferran Motorsports n’a pas été vernie à Petit Le Mans, avec une poussette de la Lola/Intersport qui a coûté très cher dans la course au titre, elle a été l’un des prototypes à moteur Essence les plus en vus. Cinquième des qualifications, Simon Pagenaud avait approché l’Audi n°1 à quelques dixièmes. Quant à Gil de Ferran, il avait effectué un début de course exemplaire, prenant le meilleur sur la Peugeot n°08, future vainqueur de l’épreuve. Quelques jours après la manche de Road Atlanta, à une semaine de son ultime apparition en tant que pilote, Gil de Ferran nous a accordé un entretien. Un entretien au cours duquel il revient sur la prestation de son Acura en Georgie, mais également sur le futur de son team.
Gil, quel est votre sentiment après ce Petit Le Mans ?
« C’est de la déception, de l’énervement, de la frustration et tout ce qui va avec ! Nous savions ce que nous avions à faire : grappiller des points au championnat sur l’Acura/Highcroft. Nous avions une opportunité d’améliorer notre situation et nous savions que nous en étions capables. Au regard de nos performances, on repart d’Atlanta avec un écart qui a augmenté, ce qui est complètement paradoxale. Quand on commet une erreur, on peut se dire qu’on aurait pu faire mieux les choses. Mais là, c’est très frustrant ! »


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Comment jugez-vous la performance de votre Acura, notamment face aux Diesels ?
« Il n’y a eu de grosses surprises. L’Acura est une excellente voiture, nous le savons. Nous avons franchi un step depuis Sebring, date de notre premier affrontement avec les Diesels. L’auto est bien meilleure et la qualification de Simon (Pagenaud) l’a démontré. Le début de course également. Ce qui n’est pas non plus une surprise, c’est la différence de puissance. Je crois toujours que l’équivalence n’est pas bonne. En ligne droite, nous perdions environ 1,5 secondes ! Alors qu’en virage, nous sommes probablement meilleurs que tout les autres… »
Où doit progresser l’Acura pour combler cet écart ?
« Nous devons progresser partout, et c’est ce que nous cherchons toujours à faire. Nous savons que nous pouvons progresser sur le moteur, mais je crois qu’il y a désormais suffisamment d’évidences qui montrent que l’équivalence n’est pas équitable. Nous pouvons nous améliorer, et nous essayons de le faire. Nous travaillons dans ce sens, mais cela n’explique pas tout. »
Pour revenir à l’American Le Mans Series, croyez-vous toujours au titre ?
« Tant qu’il y a une chance, il y a une chance ! La situation est difficile : nous devons gagner et Highcroft ne doit pas faire 70% de la distance. Or, je pense que Highcroft a de très bonnes chances d’être à l’arrivée. Pour l’instant, nous devons nous soucier d’une chose : remporter la course ! »
Ce sera votre dernière course en tant que pilote. Comment vous sentez-vous ?
« En fait, j’évite d’y penser (rire) ! Je me concentre sur ma préparation physique, je reste focalisé sur la course en elle-même, sur le fait de réaliser la meilleure prestation possible. Nous avons les moyens de gagner. Mais si l’émotion est trop présente, ce n’est jamais bon pour la performance… »
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Après Laguna Seca, vous allez vous consacrer exclusivement à votre rôle de directeur d’équipe. Pour 2010, vos projets sont-ils toujours ceux dont vous nous aviez parlé au Mans ?
« Notre rêve est toujours d’aligner deux voitures en ALMS et deux en IRL. Comme je l’avais dit, cela s’explique par une raison de meilleure viabilité financière. La technique, la logistique, l’administratif, ce sont des domaines qui ne nécessitent pas forcément de doubler le personnel pour un programme plus important. C’est simplement mieux rentabiliser les coûts. A vrai dire, cela peut paraître paradoxal, mais nous sommes trop petits aujourd’hui. Après, est-ce que l’on réalisera notre rêve à 100%, à 50% ou à 10%, ce sont les prochains mois qui le diront. »
Mais la priorité, c’est l’Indycar ou l’American Le Mans Series ?
« Je juge ces deux programmes véritablement à égalité. La chose qui est certaine, c’est que quelque soit la discipline, nous affronterons des teams très professionnels, déjà établis dans ces séries. Il nous faut donc être prêt le plus tôt possible. Le temps joue contre nous. »
L’une des questions, c’est aussi de savoir si Acura continuera en Endurance…
« Jusqu’à présent, je n’ai pas entendu Acura annoncer son retrait de la discipline, donc j’espère bien continuer avec eux… »
Mais en cas de retrait, pourriez-vous continuer en prototype avec une autre voiture ?
« Il est évident que j’aimerai poursuivre avec Acura en ALMS. Vous connaissez les relations particulières que j’ai avec cette marque depuis tant d’années. Le team De Ferran Motorsports a été présent depuis le début pour soutenir l’engagement d’Acura dans ce championnat. D’un autre côté, j’ai appris une chose au cours de ces deux saisons : j’adore l’Endurance et je souhaite continuer à voir mon équipe y courir. Dans la mesure du possible, je voudrai que cela se fasse avec Acura. Mais si il faut que ce soit avec une autre marque pourquoi pas. D’autant que je rêve toujours de venir aux 24 Heures du Mans… »
Propos recueillis Anthony Megevand
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