American Le Mans Series

Franck Montagny : « Ce sera propre… mais viril ! »

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Auteur du meilleur temps de la seconde séance d’essais libres du jeudi, Franck Montagny aborde le Petit Le Mans avec une grande soif de vaincre. Deuxième à Sebring et au Mans, le Tricolore est bien décidé à s’imposer. Et pour cela, il n’hésitera pas à aller à la bagarre. Avec son franc-parler habituel, Franck “The Tank” répond à nos questions.

 

Franck, comment vas-tu depuis Le Mans ?

« Ça va ! Après les 24 Heures, j’ai pris un peu de repos pour reposer ma jambe. Comme j’ai rouler avec la jambe cassée, la situation ne s’est pas arrangée et la cassure s’est même déplacée. Pendant sept ou huit semaines, je n’ai rien pu faire. Ça ne m’était jamais arrivé. Et puis j’ai repris tranquillement pour préparer ma pige en IRL. »

 

A propos de la jambe, comment as-tu géré ça au Mans ?

« J’ai oublié la jambe ! Soit j’étais « in », soit j’étais « out ». Et après six mois de préparation, il n’était pas question d’être «out» ! D’ailleurs, c’est sûrement la préparation qui m’a sauvé. Une fois que le Professeur Saillant m’a dit que ça pouvait le faire, je ne me suis pas posé de question. »

 

Mais il y a dû y avoir des moments difficiles…

« Oui parce que j’ai l’habitude de freiner du pied gauche. J’ai essayé de freiner du droit, mais comme j’ai été blessé à ce pied, au bout d’un moment ça me brûlait les tendons. J’en avais marre d’avoir mal au pied droit et à la jambe gauche ! Donc petit à petit, j’ai pris l’habitude de freiner avec la jambe cassée. Au Mans, je faisais 50% avec le pied gauche, 50% avec le pied droit et ça ne s’est pas mal passé. »

 

Quel regard tu portes sur cette deuxième place ?

« Lors de mes trois dernières participations, j’ai fini trois fois sur le podium. Le Mans, ce n’est pas une kermesse, donc un podium c’est bien. Mais quand tu sais que tu peux gagner, quand tu fais le meilleur relais, le meilleur temps… ça énerve ! Ce n’est pas négatif, mais notre voiture avait tout pour gagner. »

 

Donc tu penses déjà à 2010 ?

« Oui et non. Je sais que je serais au Mans en 2010. Après, il y a tellement de paramètres à prendre en compte. Peut être que je n’aurais plus la voiture la plus rapide, peut être que j’aurais des pépins mécaniques. On ne peut pas savoir. »

 

Après Le Mans, tu as retrouvé la monoplace avec un passage en IRL…

« C’était une expérience positive, même si elle n’a pas été forcément facile. L’équipe (Andretti-Green) m’a appelé dix jours avant la séance d’essais. Le point positif, c’est que l’on m’a laissé 100% libre pour la mise au point. J’ai terminé les tests à 1,4sec : même si tu découvres le circuit et la voiture, tu te poses des questions. Et puis après dix jours à bosser avec les ingénieurs, nous avons établi un set-up. Et, un peu à ma surprise je dois dire, tous les pilotes du team l’ont pris sans l’ombre d’un doute. Au final, les cinq autos étaient dans le Top Ten. Avec un peu plus de temps, j’aurais vraiment pu faire un truc ! »

 

Cette pige peut t’ouvrir des portes ?

« Le problème est toujours le même : il y a quatre voitures, et pour en engager une cinquième il faut des finances. Or, les sponsors ne courent pas les rues ! C’est difficile, mais l’équipe sait de quoi je suis capable, et les ingénieurs connaissent mes méthodes de travail. »

 

Place désormais à Petit Le Mans…

« Oui et pour l’instant ça se passe bien. C’était une prise en mains pour moi puisque j’avais roulé avec l’Acura l’an dernier. C’était une LMP2, donc très agile, très facile à conduire ici. Avec la Peugeot, on a une LMP1, donc plus de poids. C’est une grosse voiture sur un petit circuit et il a fallu un petit temps d’adaptation. Mais pour le moment, c’est OK. A vrai dire, je suis un peu surpris par Audi… »

 

Tu veux dire que tu t’attendais à mieux ?

« En fait, je m’attendais à être derrière ! Trois mois et demi ont passé depuis Le Mans. Et quand je vois l’évolution que peut avoir la 908 sur cette période, je m’attendais à ce que Audi soit plus rapide sur un circuit qui nous convient moins. En fait, je trouve que Audi a fait un bon step au niveau du moteur. Reste le châssis… Mais je les connais : il peut y avoir de l’intox ! »

 

Ton analyse pré-24 Heures était excellente : tu avais dit que Peugeot serait encore le lièvre. Alors quel est ton avis avant Petit Le Mans ?

« Je pense qu’avec la R15, Audi a un avant diabolique. Nous, c’est un peu l’inverse : l’arrière est excellent, mais l’avant est un peu fainéant si je puis dire. Sur le sec, je crois que nous aurons l’avantage : il y a beaucoup d’enchaînements et cela favorise un meilleur arrière. En revanche, sous la pluie, il faut un meilleur avant. »

 

Après la deuxième place à Sebring et au Mans, j’imagine que tu veux la plus haute marche ?

« Il n’y a pas beaucoup de course, donc on va faire le maximum pour gagner celle-là. On part à deux, avec Stéphane. On s’entend bien et on va partir pour s’imposer. Et si il faut qu’il manque la moitié de la voiture au dernier virage, on le fera (rire). C’est la dernière course de l’année et on sait comment peut jouer Audi. On l’a vu à quelques reprises à Sebring. Je préfère finir dans le bac que deuxième (de nouveau rire). Sérieusement, on va aller à la bagarre. Si il faut faire un freinage tardif, aller au contact, on ira. Il y a beaucoup d’estime envers les pilotes Audi donc ce sera propre… mais viril ! On ne va pas jouer petits bras… »

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

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