Né en Argentine, José-Manuel Balbiani a passé une bonne partie de sa carrière en Europe : ETCS, FIA-GT, FIA-GT3. Dans quelques jours, l’Argentin quittera Buenos Aires pour rejoindre Road Atlanta et ainsi faire ses débuts au volant d’un prototype. Pour « Il Mantovano Volante » (son surnom), tout sera nouveau : l’auto, l’équipe, le circuit et la série. Au Petit Le Mans, l’Argentin sera dans la baquet de la Radical SR9-AER ECO Racing en compagnie de Hideki Noda, le troisième pilote devant être annoncé sous peu. Avant de rejoindre sa nouvelle équipe, José-Manuel nous parle de ce nouveau défi.
Laurent Mercier : Petit Le Mans sera pour toi un nouveau challenge ?
José-Manuel Balbiani : « Oui ce sera mes grands débuts au volant d’un prototype car depuis 2006 je dispute des courses en Europe sur des GT. J’ai appris au fil des saisons dans différentes séries. Tout a été très vite pour moi et là je vais devoir apprendre quelque chose de nouveau. Je n’ai aucune expérience en monoplace et je vais devoir m’adapter au pilotage d’une auto sans toit. J’adore les nouveaux challenges et là je ne vais pas être déçu : premiers pas dans un prototype, première course aux Etats-Unis, nouvelle équipe et en plus une course très importante dans le calendrier. Je suis impatient d’y être ».
Comment es-tu entré en contact avec Eco Racing ?
« Cela s’est fait assez bizarrement. J’étais entrain de préparer mon voyage pour aller remplacer Chris Hyman sur la Ferrari Chad Racing en British GT à Donington à la mi-juillet. J’ai reçu un mail des Etats-Unis me disant qu’il y avait une possibilité de disputer Petit Le Mans en P1 et cette idée m’a trotté dans la tête. A mon retour à Buenos Aires, j’ai cherché quelques sponsors et Eco Racing m’a bien aidé, sachant que la société Tintoaero Melvil était intéressé par le projet. L’entreprise fabrique le seul spray écologique. Ensuite, la compagnie Ringprojekt, basée au Nürburgring et avec laquelle j’ai travaillé comme instructeur, me sponsorise également. Le reste vient de ma famille et de mes amis. Il y a deux semaines, j’ai pas mal discuté avec Ian Dawson et le contact a de suite été bon. Nous savons clairement l’un comme l’autre que nous ne pourrons pas battre les constructeurs. Pour ma première expérience dans un proto et sur une piste aussi dangereuse que Road Atlanta, je vais faire tout mon possible pour obtenir un bon résultat ».
L’accord est valable uniquement pour Petit Le Mans ou c’est le début d’une longue coopération avec Eco Racing ?
« Actuellement, c’est uniquement pour Petit Le Mans mais je crois savoir que l’auto va rester aux Etats-Unis pour le dernier round à Laguna Seca. Je ne sais pas s’ils feront appel à moi ou s’ils prendront un pilote avec un budget. Je suis disponible même si ma femme a prévu de fêter l’anniversaire de notre fille courant octobre (rires). Pour l’année prochaine, je ne sais pas même si j’ai un objectif à plus ou moins long terme. Je tiens absolument à remporter les 24 Heures du Mans, et ce dans n’importe quelle catégorie. Je sais qu’à 31 ans, ce n’est pas forcément le bon âge pour débuter une carrière en prototype mais avec l’âge, on a plus d’expérience, de responsabilité, de rapidité et de fiabilité. Ce n’est pas forcément le cas lorsque l’on débute ».
Tes premiers essais avec la Radical se feront directement à Road Atlanta ?
« Je quitte Buenos Aires vendredi prochain pour arriver au circuit samedi soir. Je compte rencontre le team le plus tôt possible, parler avec les ingénieurs et faire quelques boucles du circuit, histoire de prendre des repères. Hideki (Noda) a roulé avec l’auto l’an passé à Laguna Seca et nous allons passer pas mal de temps ensemble pour qu’il me donne un maximum d’informations ».
Des projets pour 2010 ?
« Comme tous les pilotes, je vais déjà faire de mon mieux à Petit Le Mans. Je m’entraîne durement pour cela et j’ai perdu cinq kilos durant les deux derniers mois avec trois heures de gymnastique chaque jour. Actuellement, je cherche du côté du Championnat du Monde GT1, qui sera de nouveau présent à Potrero de los Funes mais piloter en ALMS ou Le Mans Series fait aussi partie de mes souhaits. Il est également possible que je participe à quelques courses nationales comme le British GT ou l’ADAC GT Masters. Rouler de nouveau en FIA-GT3 est compliqué, compte tenu de la balance de performance pas évidente à trouver, même si remporter ce championnat serait quelque chose de fabuleux ».
Il est possible de te revoir en piste en cette fin de saison ?
« Difficilement ! Peut-être en VLN ou effectuer quelques tests en Europe. L’hiver arrive et cela devient plus compliqué. Les équipes essaient de trouver en priorité des pilotes qui amènent un budget mais je reste libre si on fait appel à moi. Il y a aussi l’anniversaire de ma fille le mois prochain, alors l’opportunité devra être intéressante ».
L’an passé, le championnat FIA-GT faisait escale en Argentine. D’autres courses ont été organisées cette année à San Luis ?
« Oui, il y a eu notamment le mois dernier une manche du Turismo de Carretera, sorte de NASCAR argentin. La province de San Luis a maintenant le rêve d’accueillir la Formule 1. En novembre prochain se tiendra la finale du TC2000 qui est l’Argentinean Touring Car Championship. J’espère bien qu’un team fera appel à moi et que je pourrais de nouveau piloter sur cette magnifique piste ».
Tu disais que ton objectif était les 24 Heures du Mans. C’est un rêve de gosse ?
« C’est mon objectif principal. Je ne sais si je pourrais gagner cette course ou même y participer. Une chose est cependant acquise, je vais faire tout ce qui est possible pour pouvoir réaliser ce rêve ».
Propos recueillis par Laurent Mercier