European Le Mans Series

François Sicard (OAK) : « Le plus dur est derrière nous »

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La veille des 1000km du Nürburgring, nous avons rencontré François Sicard, le Directeur du OAK Racing. Depuis le début de la saison, les Pescarolo-Mazda sont en effet en progrès, en témoignent les troisième et quatrième places en Allemagne. C’est tout logiquement que nous souhaitions faire un point technique sur l’avancée du projet de l’équipe nivernaise. A commencer par les relations avec ses trois partenaires principaux, Mazda, Dunlop et Pescarolo.

 

A quelques semaines du terme des Le Mans Series, quel bilan dressez-vous de vos partenariats techniques avec Dunlop et Mazda ?

« Globalement, nous sommes satisfaits de ces deux nouveaux partenariats, qui nous permettent d’avoir un beau programme, avec deux voitures engagées. Avec Dunlop, nous sommes très contents sur le plan technique. C’est une collaboration qui nous apporte beaucoup. Dunlop vient avec l’ambition de gagner en LMP2. Leur implication sur le développement des pneus nous permet de progresser,  d’évoluer. Une relation proche entre leurs ingénieurs et les notre. Tout le monde est très demandeur et il y a une réelle osmose entre les deux staffs. Et encore, nous n’avons pas encore exploité au maximum ce partenariat car le projet a débuté relativement tard dans l’intersaison. »

 

Quels sont les prochaines objectifs sur ce point précis ?

« Dans les semaines qui viennent et durant l’hiver, nous avons l’intention de consacrer plus de temps au sujet pneumatique. Nous avons encore un palier important à franchir. Aujourd’hui, ce n’est pas du sur-mesure, mais ça s’en rapproche. On bénéficie du travail mené par Dunlop avec ASM depuis plusieurs saisons, auxquels nous ajoutons nos remarques. Le produit correspond de plus en plus à la philosophie de la voiture.

 

« A l’avenir, nous avons plusieurs paramètres à améliorer. A titre d’exemple, le moteur turbo propose un couple élevé qui peut poser des problèmes de motricité. On ne peut pas tout solutionner par les pneus, mais cela peut y participer. Les pneus peuvent apporter une réponse technique à cette équation. Un des autres points sur lequel nous souhaitons travailler concerne la durabilité et la constance des gommes : nous voulons doubler les relais, voire plus. »

 

Au niveau moteur, quel est votre sentiment ?

« Comme je le disais précédemment, le projet a débuté relativement tardivement. Nous n’avons pas roulé cet hiver et cela nous manque. Nous avons dû régler des petits soucis de fiabilité, mais il n’y a pas de catastrophe. Ce sont des ennuis liés au manque de roulage. OAK et AER ont beaucoup travaillé ensemble, avec la volonté de Mazda, et je pense que le plus dur est derrière nous. Nous espérons avoir solutionné ces problèmes et nous savons que la performance est là. »

 

A propos de ces ennuis, on a beaucoup parlé de l’essence…

« C’est vrai que les moteurs turbos souffraient de problèmes liés à la qualité de la nouvelle essence. Il y a eu des discussions avec l’ACO et des mesures ont été prises : le diamètre des brides est plus grand, tandis que la pression de suralimentation a été baissée. Désormais, ça semble réglé. »

 

Quelle est la priorité ?

« C’est de régler les soucis au niveau de la périphérie moteur. Ensuite, il nous faut apprendre à mieux gérer le couple : aujourd’hui, c’est un peu on/off et ce n’est pas facile pour les pilotes. Nous devons avoir un moteur plus linéaire même si c’est un peu paradoxal lorsqu’on possède un moteur turbo. »

 

Le troisième paramètre technique de votre nouveau package, c’est la nouvelle aéro du châssis Pescarolo. Quel est votre avis ?

« C’est tout simplement une voiture exceptionnelle. Le kit aéro a métamorphosé la Pescarolo et nous en sommes forcément très contents. Les points négatifs vus par le passé ont été éradiqués. La Pescarolo est plus performante, plus fiable et moins chère que la plupart des autres autos. »

 

Comment ce châssis, initialement destiné au LMP1, a été adapté au LMP2 ?

« Tout d’abord, le travail a été fait à partir de la Pescarolo LMP2 de l’an dernier. La première des choses a été d’adopté le moteur via une entretoise spécifique. Il fallait alléger au maximum pour intégrer le Mazda, qui comprend l’échangeur et les canalisations liées au turbo. Au final, les solutions choisies nous ont permis d’avoir un poids global meilleur que l’an dernier. Après, il a bien évidemment fallu revoir l’ensemble du set-up. »

 

Est-ce qu’il faut d’abord fiabiliser la voiture et ensuite la rendre performante ou l’inverse ?

« Il faut fiabiliser le tout pour vivre des meetings sans le moindre souci. C’est le meilleur moyen de progresser. Actuellement, nous n’avons pas exploité les paramètres pneus, moteur et châssis en même temps. Et quand tout sera en place, on ne sera pas loin des meilleures voitures de la catégorie. En fait, on aurait dû être au niveau actuel en début de saison. Mais sans roulage hivernal, nous avons dû régler les problèmes de fiabilité lors des week-end de course et cela nous a pénalisé. »

 

Et concernant l’avenir, quels chemins allez-vous emprunter ?

« C’est trop tôt pour le dire, même si le souhait est de capitaliser sur cette première année. Nous allons discuter avec les partenaires, avec les pilotes. Il faut d’abord bien finir la saison. Mais nous avons déjà des vraies réflexions avec Jacques Nicolet. Beaucoup de sujet sont ouverts. »

 

Au niveau des pilotes, êtes vous satisfait ?

« Oui, très content des deux duos. Nous n’avons pas aidé Karim (Ajlani) puisqu’il a manqué de roulage alors qu’il est dans sa première saison. Il n’a pas montré tout son potentiel et nous savons qu’il peut faire des choses assez exceptionnelles. C’est un pilote intelligent, qui s’est bien intégré à l’équipe : il faudra compter sur lui. Matthieu (Lahaye) est dans sa deuxième année et il confirme. Sa fiabilité a surpris l’an dernier et il a été très rapide à de multiples occasions.

 

« Quant au tandem de la n°24, Jacques (Nicolet) et Richard (Hein) ont fait un pas en avant important depuis Le Mans. C’est un vrai déclic. Ils ont été bien coachés par Matthieu et ils ont vu qu’ils peuvent aller plus loin. Ils sont sur la pente ascendante. C’est un bel exemple à suivre pour les gentlemen-drivers. »

 

Je profite de l’occasion pour évoquer un sujet d’actualité : que pensez-vous de la nouvelle équivalence en LMP1 ?

« C’est un beau geste, mais j’ai peur que ce soit un peu insuffisant. En même temps, Audi et Peugeot possèdent des moyens techniques et financiers importants. La différence de puissance et de moyens fait que, malgré ce vrai effort de l’ACO, l’écart est encore là. »

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

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