European Le Mans Series

1000km Nürburgring : Aston Martin s’impose sans trembler !

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Ils s’étaient 20 000 spectateurs à s’être rendus sur le Nürburgring pour assister à la quatrième manche des Le Mans Series, mais on ne peut pas dire que le public allemand a vécu la course la plus animée qui soit. Pescarolo et Speedy/Sebah devant rendre les armes tôt dans l’épreuve, Oreca étant absent, l’horizon s’est rapidement dégagé pour Aston Martin Racing, qui réalise un triplé historique. Vainqueurs, Mücke/Charouz/Enge ont pris une belle option sur le titre. Idem du côté du LMP2, pour Pla/Amaral et Quifel-ASM, et en GT2 pour la Porsche/Felbermayr de Lieb/Lietz. En GT1, Larbre Compétition l’emporte, mais c’est Luc Alphand Aventures qui est titré.

 

LMP1 : Intouchable Aston Martin Racing

A l’image de la course qui suivra, le départ est relativement calme lorsque le drapeau vert est déployé peu avant 12h30. Stefan Mücke, le poleman, s’empare des commandes et distance ses adversaires. Derrière, seule la Lola-Aston Martin du Speedy/Sebah peut suivre la cadence des n°007 et n°009. Jean-Christophe Boullion est contraint à une solide remontée après un léger passage dans les graviers. Mais s’il entame la deuxième heure au quatrième rang, la Pescarolo rentre à son box. Malheureusement, elle n’en ressortira pas suite à un problème de boîte. Et Boullion/Tinseau de perdre par conséquent la tête du championnat.

 

Parmi les adversaires d’Aston Martin Racing, le Team Kolles perd une unité, Mondini s’accrochant avec une GT2 en se montrant trop agressif dans le trafic. La menace vient alors du Speedy/Sebah, avec un Belicchi qui revient à quelques mètres de Turner. Le duel se poursuit jusqu’à la mi-coures, avec Prost qui châsse Primat. Mais la n°13, décidément peu en veine cette année, s’immobilise à son stand pour des problèmes électriques. La Courage-Oreca du team Signature étant sur un rythme moins soutenu, il ne reste plus que l’Audi n°14  pour contrer l’armada Aston. De manière surprenante, le Team Kolles va assumer ce statut durant une bonne partie de l’épreuve. Narain Karthikeyan va d’ailleurs s’offrir une belle passe d’armes avec la troisième Lola-Aston officielle. Mais si l’Indien se montre véloce, il finit par céder sur la durée.

 

De fait, le podium est pratiquement acquis pour les hommes de George Howard-Chappell. Une seule incertitude subsiste : qui de la n°007 ou de la n°009 l’emportera ? On a coutume de dire que les gens heureux n’ont pas d’histoire. C’est ce qui va se passer pour la n°007, avant un tête à queue de Charouz en début de quatrième heure. Dès lors, les choses vont se compliquer légèrement, la n°007 ne retrouvant jamais son rythme de croisière. A tel point que Turner prendra les commandes pour le compte de la n°009, après un arrêt anticipé de la voiture sœur. Les deux autos sont dans une stratégie décalée et c’est finalement un dernier arrêt de la n°009 qui permettra à Mucke/Charouz/Enge de s’imposer. Les trois hommes repartent du Nürburgring avec sept points d’avance sur les Pescarolo boyz. Probablement auteurs de leur meilleure prestation, Primat/Turner grimpent donc sur la deuxième manche, devant la n°009 de Ramos/Buncombe/Hall. Une voiture qui, après un premier relais décevant de Ramos, aura fait un beau retour aux mains de Buncombe.

 

Karthikeyan/Zwolsman/Meyrick n’ont pas démérité, mais la seule Audi du Team Kolles à l’arrivée échoue au pied du podium, derrière un triplé Aston Martin Racing. Les trois hommes précèdent la Courage-Oreca du team Signature-Plus, qui rentre dans le quinté après une course sage, hormis un Stop&Go sévère pour avoir poussé une GT2. Après un bon envol de Danny Watts, la Ginetta-Zytek du Strakka Racing est rentrée dans le rang lorsque Nick Leventis a pris le volant, avant d’abandonner sur sortie de piste alors qu’un Top Five était envisageable.

 

LMP2 : Quifel-ASM double la mise…

Dès les premières boucles, Olivier Pla prend ses distances sur le reste de la meute. Alors que la Ginetta-Zytek du Quifel-ASM entame un beau cavalier seul, c’est de derrière que vient la sensation. Partie 11e de la catégorie, la Pescarolo-Mazda n°35 re monte un à un ses adversaires, pour se hisser au deuxième rang. Les moteurs Mazda sont d’ailleurs en forme, la Lola/RML étant troisième. Les coupés Lola, ceux de Racing Box ou Speedy/Sebah, sont quant à eux en embuscade, tout comme la Zytek du GAC. 

 

La sélection va en fait se faire sur la fiabilité, comme c’est souvent le cas dans cette catégorie. C’est d’abord RML, qui rend les armes sur un nouveau problème moteur. Alors que la Lucchini du Hache Team montre quelques signes de faiblesse, la Zytek/GAC (capteur de boîte) marque aussi le pas. C’est ensuite WR, pourtant auteur d’un beau début en pointant un temps 4e, qui va voir ses espoirs de bons résultats s’envoler : moyeu puis suspension, probablement la conséquence d’un accrochage avec une des Pescarolo-Mazda. Chez Speedy-Sebah, après s’être élancé en fond de grille, la n°33 remonte jusqu’à la 2e position. Mais un problème de pression d’eau ruinera les efforts de Pompidou/Kane/Leuenberger.

 

Relativement proches des Lola/Judd alignées par Racing Box, les Pescarolo-Mazda cèdent peu à peu du terrain, avec notamment une intervention sur le moteur de la n°35. Quant à Racing Box, l’équipe italienne n’a pas vraiment vécu une course calme, l’équipe italienne a limité les dégâts : en retrait au niveau des temps au tour, la n°29 .a écopé d’un Stop&Go, tandis que la n°30 est restée quelques instants coincée après un tête à queue, avant d’en faire un second et de casser sa roue à quelques minutes du terme.

 

Au final, on en oublierait presque le Quifel-ASM Team, tant l’écurie portugaise a géré de mains de maître. Après l’excellent premier double relais d’Olivier Pla (qui a tenu à dédier sa victoire à une personne qui l’a soutenu ces derniers mois), Miguel Amaral a assuré le travail, avant que le Toulousain ne coupe la ligne d’arrivée en vainqueur, à quelques secondes seulement du Top 5 Scratch. Avec ce second succès de rang, Quifel-ASM fait la bonne opération au championnat. Pla/Amaral ont désormais une belle avance, devant l’équipage de la Lola/Racing Box n°29, justement deuxième du jour. L’équipe italienne estest récompensée par la deuxième place de Piccini/Ceccato/Francioni, mais les Transalpins auraient pu espérer un meilleur résultat d’ensemble sans le problème de roue qui a relégué la voiture sœur au sixième rang. Un problème qui a profité à OAK Racing, Lahaye/Ajlani s’offrant un nouveau podium. La n°24 de Nicolet/Hein, une nouvelle fois régulière, permet à la structure nivernaise de placer ses deux protos dans le quarté. Après leur problème de capteur de boîte, la Zytek/GAC est bien revenue, pour finir cinquième, tandis que Speedy/Sebah repart avec les deux unités de la septième position et que Pegasus marque un point.

 

GT1 : Larbre vainqueur, Luc Alphand Aventures champion.

Le GT1 n’a pas déchaîné les foules, les deux uniques voitures présentes ne s’affrontant quasiment jamais en piste. Laurent Groppi a rapidement pris l’avantage avec la Saleen de Larbre Compétition. Après s’être légèrement rapprochée en fin de deuxième heure, la Corvette a dû patienter pour prendre les commandes, l’équipage de la C6.R étant plus homogène. Las, un problème moteur oblige la belle américaine à s’immobiliser jusqu’au dernier tour et la Saleen, en dépit d’ennuis au niveau des freins, a la voie libre, Groppi/Berville/Dumez sabrant le champagne sans avoir eu l’obligation de s’employer. Deuxième, Luc Alphand Aventures se consolera avec le titre.

 

GT2 : La bonne opération pour Lieb/Lietz.

Le GT2 a probablement été la catégorie la plus disputée. On gardera en souvenir les premières minutes, avec une chaude bataille entre les Ferrari du JMW Motorsport, du Hankook-Farnbacher Racing, du FBR et la Porsche de pointe du Felbermayr-Proton. Rétrogradée de dix places sur la grille, la 997 GT3-RSR du Team IMSA Performance aurait pu se mêler à cette lutte, mais le déroulement de l’épreuve en a décidé autrement.

 

Quatrième après les qualifications, la Ferrari/JMW se hisse rapidement aux commandes de la catégorie, après que Gimmi Bruni a pris l’avantage sur Marc Lieb puis Antonio Garcia et Pierre Kaffer. Après quelques minutes, ce dernier doit céder devant l’attaque de Garcia, puis de Lieb, non sans avoir offert une sacrée résistance.

 

La course bascule en fin de deuxième heure. Cinquième à l’issue du premier relais, IMSA Performance perd toutes ses illusions avant la fin du premier tiers de course : la 997 GT3-RSR de l’équipe rouennaise est percutée par un prototype, Raymond Narac étant victime d’une crevaison qui lui coûte deux tours. Mais plus déterminant encore, pour l’épreuve et le championnat, la Ferrari du JMW Motorsport doit passer par son stand pour un problème d’arbre de transmission. Bruni/Bell sont relégués au delà du Top Ten, ce qui réduit sérieusement les chances de titre du duo italo-britannique.

 

Malgré cet incident, c’est toujours une Ferrari qui pointe au sommet de la hiérarchie, via le Team Modena. Mais le duo du Felbermayr-Proton est plus homogène et petit à petit, Lietz/Lieb comble leur retard, pour prendre la tête au cours de la quatrième heure. Team Modena est toujours dans la course, avant que Leo Mansell ne termine dans un bac à graviers après avoir été poussé par un LMP1. Le pilote anglais repartira au huitième rang, pour un résultat bien loin de représenter le niveau du Team Modena.

 

Lietz/Lietz désormais intouchables, les regards se portent vers la lutte pour la deuxième marche du podium. Régulière et fiable, la Spyker de Coronel/Janis est montée en puissance, tout en évitant les embûches et en se montrant plus constante que les Ferrari. Beltoise, au volant de la F430/FBR n°90 met la pression sur la C8 Laviolette, qu’il fini par pousser à la sortie de la Mercedes Arena dans le dernier tiers. Le Français écope d’une pénalité qui libère la Spyker, laquelle ne rencontrera pas le moindre ennuis. L’escadron hollandais tient enfin les lauriers qu’il mérite. FBR décroche tout de même le podium, avec le trio Beltoise/Ehret/Farnbacher qui devance la voiture sœur aux couleurs de Hankook. Performante, cette auto manque encore de constance dans la performance.

 

Après sa crevaison, IMSA Performance se classe cinquième, avec de nouveaux regrets compte tenu du niveau de compétitivité affiché. La sixième place de la F430/FBR n°91 est plus anecdotique, tant Montermini/Rosa/Ricci ont été impliqués dans des incidents de course.

 

Les détails de la course sont ici. Les résultats sont ici. Prochain rendez-vous à Silverstone, du 11 au 13 septembre.

 

Anthony Megevand

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