Après avoir brillé en monoplace, Signature-Plus est parti à la découverte de l’Endurance en cette saison 2009. Avec un certain succès puisque la Courage-Oreca a régulièrement réalisé de belles prestations en Le Mans Series, ou encore aux 24 Heures du Mans où l’équipe a rallié l’arrivée pour sa première participation. En marge des 1000km du Nürburgring, nous avons donc rencontré Philippe Sinault pour faire un point sur l’avancée de son projet.
A deux manches de la fin du championnat, comment jugez-vous votre première saison en Endurance ?
« C’est toujours difficile de se juger soit-même ! Je suis plutôt satisfait. L’objectif était de bien appréhender la discipline, donc nous sommes arrivés sans prétention. Nous avons pris la température, la mesure… pas encore totalement la mesure (sourire). Ce terrain de jeu nous plaît et les courses n’ont fait que confirmer nos attentes. »
En terme de résultat, est-ce à la hauteur de vos espérances ? On pense notamment à la 4e place à Barcelone…
« Notre 4e position en Espagne est arrivée un peu tôt. Disons que nous n’avons pas la performance pure pour rivaliser avec Aston Martin, Pescarolo ou encore Oreca. Notre stratégie est un peu décalée et elle doit nous permettre de terminer entre le 4e et le 6e rang. A Portimão, nous étions 4e après 1h30, et sans notre problème de courroie nous pouvions finir 5e à la régulière. »
Au niveau de la gestion de course, devez-vous encore progresser ?
« Bien sûr. On ne va pas prétendre tout savoir en un an ! Nous avons pas opté pour la solution la plus risquée puisque nous avons pris un package connu et solide. On exploite le matériel, on exploite un outil. En 2010, nous pourrons davantage anticiper dans la préparation. Avant, nous faisons uniquement du sprint : une fois la course lancée, nous n’avions plus rien à faire. En Endurance, tout commence après le départ ! On a constaté cela au Mans, où il a fallu 100 jours pour tout préparer, tester toutes les pièces. On s’impose des standards au dessus de nos moyens pour mieux les atteindre dans le futur. »
Le Mans justement, quel souvenir en gardez-vous ?
« Fantastique tout simplement. Nous voulions être à l’arrivée, près du Top Ten et c’est ce que nous avons fait. Pour cela, nous avons pu compter sur le Chef de Projet et le Chef d’Equipe qui avaient déjà l’expérience du Mans. »
La saison n’est pas terminée, mais j’imagine que vous travaillez déjà sur 2010. Quelles directions allez-vous prendre ?
« Nous allons vraisemblablement continuer avec le même matériel, que l’on fera évoluer. Pour cela, nous attentons la nouvelle réglementation technique et sportive. Nous ne sommes pas dans la peau d’un vainqueur potentiel, mais nous voudrions avoir la possibilité d’être là si les favoris connaissent des problèmes. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Le Mans, c’est une aventure humaine et tout le monde a envie de revoir un Rondeau, tout le monde attend le petit poucet. »
Et au niveau des pilotes ?
« J’aimerai continuer avec mes deux pilotes. Je dirais même les trois. Franck Mailleux et Pierre Ragues ont fait du bon boulot en Le Mans Series et au Mans, où ils étaient rejoints par Didier André. »
Vous parlez de faire évoluer la Courage-Oreca : est-ce que cela peut se faire via le nouveau kit aéro qui a été développé par ORECA pour 2009 ?
« C’est une solution. Nous ferons évoluer la voiture, soit via le kit ORECA, soit par nous-même. D’un côté, la ORECA est une auto compétitive. De l’autre, nous avons un beau d’études performants. »
Vous allez donc miser sur la continuité, mais est-ce que votre projet de construire votre propre prototype est toujours d’actualité ?
« Oui il est toujours d’actualité. Pour 2010, cela paraît trop court. Depuis l’annonce de notre engagement en Endurance, le contexte économique a évolué, pas dans le bon sens, donc il faut être prudent. Mais la volonté est là. »
A plus court terme, le Team Signature-Plus sera-t-il en Asian Le Mans Series ?
« A priori non. Nous essayons toujours d’y aller, mais c’est difficile. Nous voulons participer à ce championnat, mais le contexte ne le permet pas. »
Est-ce vous seriez séduit par un Trophée Intercontinentale évoqué par l’ACO ?
« Ce qui m’intéresse, c’est que l’ACO donne un terrain de jeu en adéquation avec l’économique. Un Trophée Intercontinental, c’est un projet fantastique : tout le monde rêve de faire Sebring, Spa, Le Mans, Petit Le Mans et une course en Asie. Si c’est cinq manches, c’est jouable. Si c’est dix courses, cela me paraît compliqué… »
Propos recueillis par Anthony Megevand