Fort d’un double programme en Formula Nippon et SUPER GT, André Lotterer a trouvé le temps de disputer ses premières 24 Heures du Mans sur une Audi R10 TDI du Team Kolles avec une belle 7ème place à l’arrivée. Au Japon, le jeune allemand est en lice pour le titre dans les deux championnats avec actuellement une 4ème position en Formula Nippon sur une Toyota du Petronas Team Tom’s et une 2ème en SUPER GT sur une Lexus SC430 du Lexus Team Petronas Tom’s. A quelques jours du meeting de Suzuka, André nous parle de sa saison nipponne, mais également de sa découverte des 24 Heures du Mans :
Laurent Mercier : Cette saison, le championnat SUPER GT semble encore plus serré que par le passé ?
André Lotterer : « Effectivement, mais ce championnat est toujours très serré. Lorsque nous avons remporté le titre en 2006, c’était avec un seul point d’avance. Cette année, c’est une nouvelle fois serré car les performances des différentes autos sont très proches et l’équilibre est bon. L’an passé, la Nissan GT-R avait dominé car elle roulait déjà avec le règlement 2009. Maintenant, nous avons une nouvelle auto qui est bien meilleure mais il faut savoir que toutes les autos ne sont pas à 100% au règlement. Par exemple, la Nissan a un moteur plus grand que celui de la Honda, qui elle n’a pas de moteur avant. De toute façon, toutes les marques et manufacturiers pneumatiques poussent durs pour que la compétition soit la plus serrée possible. »
La prochaine manche de Suzuka sera particulièrement importante. C’est une piste que tu apprécies ?
« Avec le système de points mis en place cette année, toutes les courses sont importantes. Nous aurons une auto lourde compte tenu de notre classement, ce qui nous handicapera certainement en vitesse pure. Cependant, la course sera longue de 750 km et tout peut arriver. J’adore piloter à Suzuka et je pense que cette piste est l’une des meilleures au monde ».
Venons-en aux 24 Heures du Mans ! Tu as été confirmé en dernière minute sur l’Audi. Cela n’a pas été un handicap ?
« Oui, la confirmation est arrivée en dernière minute mais c’était une bonne surprise. Je suis arrivé au Mans en novice complet car je n’avais jamais piloté un prototype et jamais disputé les 24 Heures du Mans. Cela faisait beaucoup pour apprendre en si peu de temps mais j’étais prêt pour relever ce challenge et j’ai apprécié. Piloter une LMP1 sur cette piste était fantastique ! »
Cela n’a pas été trop compliqué de piloter à deux avec Charles (Zwolsman) après la blessure de Narain (Karthikeyan) ?
« J’étais OK et prêt physiquement. C’était tout de même assez long de faire quatre relais de suite dans l’auto à chaque fois. Au Mans, tu peux te relaxer dans les lignes droites mais tu dois garder ta concentration à chaque instant. J’ai aimé ce défi ! Cela m’a permis de piloter un maximum et d’apprendre pour l’avenir. Lorsque j’ai franchi le drapeau à damiers, j’étais en mode course et je n’ai pas réalisé de la belle course que nous venions de faire. J’étais tellement dans la course que j’étais prêt à me faire masser et à reprendre la piste ».
As-tu trouvé l’Audi R10 facile à piloter ? Pas trop déroutant d’être au volant d’un diesel ?
« La première fois que j’ai pris le volant de l’auto, il pleuvait et c’était compliqué d’avoir une idée de savoir si tout allait bien, que ce soit au niveau du couple, du peu de grip sur la piste et du manque de bruit du moteur. J’y suis donc allé étape par étape, sans précipitation. Je savais que je serais compétitif et je me suis vite adapté à l’auto. Le set up de la R10 était bon avec un peu de sous-virage mais elle était agréable à piloter. J’ai pris beaucoup de plaisir durant la course ».
Le Mans était un rêve pour toi ? Tu comptes y être de nouveau en 2010 ?
« C’est un événement qu’un pilote ne peut pas manquer dans sa carrière. Débuter en LMP1 sur une Audi est une excellente façon de débuter et je veux être de retour en 2010. Je voudrais disputer cette course chaque année comme le fait avec succès Tom (Kristensen) ».
Il avait été question que les autos du SUPER GT auraient pu être acceptées aux 24 Heures du Mans. Penses-tu qu’elles auraient eu leur place ?
« Sans aucun doute ! Je pense que nous aurions dû voir ces autos au Mans. Tout d’abord parce que leur apparence est impressionnante. De plus, elles sont rapides et les spectateurs aiment ces autos. Il aurait juste fallu que nous n’ayons pas de restricteurs sinon elles auraient été moins rapides que les Aston Martin et autres Corvette. Je suis sûr qu’en vitesse de passage en courbe, les SUPER GT auraient été très très impressionnantes ».
Propos recueillis par Laurent Mercier