Pour ses débuts en compétition, SMP Racing ne fait pas dans la dentelle avec plusieurs programmes à la clé. Pas moins de quatre Ferrari 458 Italia GT3 étaient alignées aux 24 Heures de Spa sachant que toutes ont bien figuré jusqu’à l’arrivée (les 4 dans le top 20). L’écurie roulant sous bannière russe a joué le titre Pro-Am Blancpain Endurance Series jusqu’à l’ultime manche du Nürburgring. En complément, trois Ferrari étaient de la partie en European Le Mans Series sans oublier la présence d’une LMP2 depuis le meeting du Red Bull Ring. Chez SMP Racing, on se donne les moyens de ses ambitions. Les finances sont là mais elles sont utilisées à bon escient. Outre l’Endurance, SMP Bank (partenaire principal du team) est aussi présent sur les flancs d’autos en World Series by Renault. A terme, l’objectif est de mettre des pilotes russes en Formule 1. En attendant, SMP Racing peut être fier de sa saison avec le titre GTC en European Le Mans Series grâce à Fabio Babini, Viktor Shaitar et Kirill Ladygin. Force est de constater que c’est un coup de maître pour une première saison sachant que le tandem Mediani/Zlobin n’a pas démérité en LMP2. Malheureusement, SMP Racing n’a pas disputé l’intégralité du championnat si bien que l’on ne sait pas si l’invitation aux 24 Heures du Mans 2014 (GTE-Am) pourra être validée, ce qui serait tout de même dommage vu les efforts fournis pour venir rouler en ELMS avec quatre autos avec en prime quatre victoires en quatre courses.
Sur chaque meeting, le staff SMP Racing est composé d’une trentaine de personnes sachant que 15 sont présentes à plein temps, et ce de pays différents tels que la France, l’Italie et l’Argentine. La diversité est aussi de mise du côté des pilotes : Italie, Finlande, Russie. A moyen terme, la structure sera basée à Nice. Cette présence en LMP2 n’est qu’une première étape puisqu’un projet de LMP2 russe est en cours de gestation et ce n’est pas pour rien que Paolo Catone a été enrôlé. A la tête de SMP Racing, on retrouve Sergey Zlobin mais aussi Boris Rotenberg, qui n’est autre que le dirigeant de SMP Bank. Personnage pour le moins influent en Russie notamment au sein de la Fédération Russe de Judo, Boris Rotenberg est également passionné pilote de l’une des Ferrari 458 Italia GT3 de l’équipe. L’homme se fait pour le moins discret dans la presse mais Boris Rotenberg a accepté de nous rencontrer en compagnie de Sergey Zlobin.
Le bilan de cette première saison est satisfaisant pour SMP Racing ?
« Disons qu’il a même dépassé nos attentes. Nous étions venus pour découvrir une nouvelle discipline qui est l’Endurance. Notre choix s’est tout d’abord porté sur la Blancpain Endurance Series avec plusieurs Ferrari. Nous savions que ça ne serait pas facile car c’est un championnat très relevé mais très bien organisé. Il a fallu prendre nos marques et tout s’est mis en place petit à petit. Notre but était d’être devant sur chaque course et on peut dire que la mission a été remplie. Beaucoup de gens ont été surpris de notre niveau mais il faut savoir que nous ne faisons pas du sport automobile pour le simple fait de rouler mais bien pour gagner. Le programme a débuté cet hiver et il a fallu tout coordonner et notamment trouver les pilotes. Pour nous, l’idée est de développer le programme de jeunes pilotes. »
Certains de vos pilotes ont fait preuve d’une très belle pointe de vitesse. On pense à Kirill Ladygin et Viktor Shaitar…
« Vous en doutiez ? (rires). Nous non ! On savait qu’ils étaient rapides et cette année, ils ont pu se frotter aux meilleurs pilotes GT avec succès. Avoir à leurs côtés des Alessandro Pier Guidi, Fabio Babini ou Mika Salo n’a pu que renforcer leurs compétences derrière le volant. »
Vous repartez avec le titre GTC en European Le Mans Series. Là aussi, c’est une belle satisfaction ?
« Nous étions venir pour nous étalonner et prendre un maximum d’informations en vue du futur. A l’issue du meeting d’Imola que nous avons remporté, nous avons bien vu qu’il était possible de bien figurer. On a toujours eu envie de rouler en prototype et c’est pourquoi aligner une LMP2 était la chose logique pour nous. On a pensé un moment faire rouler une LMPC mais la décision a été prise de mettre en piste une ORECA 03 (ndlr : avec le soutien technique d’AF Corse). Rouler en ELMS a permis d’affûter nos pilotes et on ne peut pas dire que les courses ont été faciles. »
Le programme 2014 est choisi ?
« Pas encore mais il devrait l’être sous peu. Comme je l’ai dit, nous voulons développer le sport automobile en Russie et il faut mettre en place les divers programmes des pilotes. Les 24 Heures du Mans feront partie du programme. LMP2 et/ou GTE, on ne sait pas encore. Pour 2014, nous souhaitons poursuivre avec la ORECA 03 mais ce n’est pas encore certain à 100%. Il est aussi prévu d’être au départ des 24 Heures de Daytona avec les Ferrari. Pour nous, le Tudor United SportsCar Championship est une belle opportunité de briller aux Etats-Unis. Ce championnat s’annonce très intéressant. SMP Racing va décider de ses programmes assez rapidement sachant que les possibilités sont nombreuses. Tout sera fait pour mettre en place les bons programmes pour nos pilotes. Il était aussi prévu d’être au départ des 12 Heures d’Abu Dhabi mais finalement nous ne ferons pas le déplacement à Yas Marina. »
Le programme d’une LMP2 russe avance ?
« La décision finale devrait intervenir très rapidement. Nous avons Paolo Catone avec nous, ce qui est un gros avantage. Il faut mettre en place les fondations et y aller étape par étape. Nous sommes là sur le long-terme mais il ne faut pas brûler les étapes. Rien n’est encore choisi sur une quelconque motorisation. On discute et on regarde ce qui se fait. »
Vous pouvez aussi vous appuyer sur Sergey Zlobin…
« Sergey a beaucoup d’expérience et c’est un atout majeur dans l’échiquier. Il n’a pas mis longtemps à retrouver de bonnes sensations en LMP2 avec à ses côtés Maurizio. Il lui faut découvrir certains circuits et approfondir son apprentissage de l’auto. La ORECA 03 est très bonne et là aussi tout se met en place petit à petit. »
Il y a une vraie école SMP Racing ?
« Il y a du potentiel pour mettre des pilotes russes à l’échelon le plus élevé en sport automobile, c’est-à-dire la Formule 1. Cependant, tout le monde ne pourra pas y accéder. Je pense que l’Endurance peut être une belle alternative pour nos pilotes. Nous avons une académie qui va du karting à la World Series by Renault 3.5. »