L’édition 2013 des Spa Six Hours promettait d’être somptueuse et force est de constater qu’elle a pleinement répondu aux attentes. Point d’orgue de la manifestation, les Spa Six Hours Endurance se sont déroulées dans des conditions optimales et ont généré un spectacle chatoyant, les 5 premiers équipages achevant l’épreuve dans le même tour ! Lauréats l’an dernier, Leo Voyazides et Simon Hadfield sont parvenus à remettre le couvert et imposer une nouvelle fois leur superbe Ford GT40. Un sacré exploit tant la concurrence était farouche et qu’elle aura, de surcroît, maintenu la pression jusqu’au bout. Ainsi la non moins splendide Chevrolet Corvette Grand Sport de Michiel Campagne, Allard Kalff et Jan Lammers n’échoue qu’à 34 secondes des heureux vainqueurs, précédant d’un souffle (8 dixièmes de seconde !!!) la Ford GT40 de Lynn-Haddon-Clark.
La lutte pour la 4e place fut tout aussi indécise, la Ford GT40 de Walker-Jordan ne devançant que de 8 secondes la monture similaire de Glasel-Brack-Ellerbrock. Annoncées comme les grandes favorites, les inoxydables GT40 n’auront pas déçu, sept d’entre elles se classant parmi les 9 premières ! La bonne surprise nous est venue de la Lotus Elan de Wilson-Wolfe-Stirling, laquelle se classe à une brillante 7e position à seulement 2 tours de la Ford victorieuse tandis que la Ford Shelby Mustang 350 GT de Smits-Kuiper-Tjon complète le Top 10.
Figurant parmi les gros outsiders, les Jaguar E Type auront déçu, seule la # 31 de Scragg-Bussell-Nicol-Jones ayant donné du fil à retordre à l’essaim de GT40, occupant même une remarquable 3e place à mi-course. Las des soucis la contraignaient à l’abandon à une bonne heure du terme. L’honneur des big cats étant sauvé par le trio Clark-Clark-McCaig, honorable 12e. Les 13 et 14e positions revenant respectivement à la TVR Griffith de McInerney-McInerney-Keen et l’étonnante Datsun 240 Z des excellents Tristan et Benjamin Miroux.
Quant à Gérard Marcy et Gérard de Ville de Goyet, ils positionnent la première des Porsche 911 au 18e rang tandis que Guy Lauwers, Jean-Michel Martin et Hervé Regout (Lotus Elan Convertible) finissent 33èmes.
Parmi les nombreuses courses annexes, celle réservée aux U2TC fut incontestablement l’une des plus passionnantes à suivre, les Ford Lotus Cortina, Alfa Romeo Giulia, BMW 1800 et autres Austin Cooper S nous offrant un spectacle dont elles seules ont le secret.
Au bout du compte c’est la BMW 1800 TISA de Richard Shaw et du toujours vert Jackie Oliver qui décrocha la timbale, précédant de 9 et 12 secondes les spectaculaires Ford Lotus Cortina de Bryant-Wolfe et Tromans-Meaden.
Annoncé aux côtés d’Alexander Furiani, Frank Stippler brilla finalement par son absence. Cela n’empêcha toutefois pas le véloce pilote Alfa Romeo de se classer à une jolie 4e place et ce en compagnie de Christian Glasel.
Disputée sur une piste humide et un brouillard persistant, la joute réservée aux concurrents du British Sports GT & Saloon Challenge ne manqua pas de piquant pour autant. En véritable équilibriste Spencer McCarthy fit virevolter sa MG B GT V8 pour s’imposer avec un avantage de l’ordre de 4 secondes sur la Triumph TR7 V8 de Miller et 19 secondes sur la Morgan +8 de Gilmartin. Parmi les 77 bolides engagés dans cette épreuve haute en couleurs figuraient de nombreuses voitures de tourisme ayant écrit les plus belles pages de l’histoire des 24h de Spa. A ce titre, la Rover SD1 de Williams-Williams, 15e, et la Jaguar XJS de Young-Smith, 28e, auront ravivé bien des souvenirs dans le cœur des spectateurs présents.
Courue dans des conditions bien plus clémentes, la course des Masters Touring Cars a vu la domination outrancière de la Porsche 911 RSR de Mark Bates, le bolide jaune s’imposant avec 103 secondes d’avance sur la Ford Escort RS de Brown-Brown et plus de 2 minutes sur la Jaguar E Type de de Wyndham.
Lauréats des 6h Endurance, Leo Voyazides et Simon Hadfield s’illustraient une nouvelle fois en décrochant, avec leur imposante Ford Falcon, une méritoire 4e position.
Si l’on ne peut que louer le travail fourni par les organisateurs, lesquels ont à nouveau proposé une affiche de rêve, il nous faut, une fois de plus, attribuer un zéro pointé aux bonzes du circuit qui ne daignent toujours pas installer des sacs poubelle aux abords de la piste alors que des anneaux sont pourtant prévus à cet effet ! Encore heureux que certains spectateurs, soucieux de l’environnement, prennent leurs dispositions et emmènent leurs propres sacs ! Un comble pour un circuit qui se veut le plus beau du monde ! Et que dire des buvettes et des snacks qui, hors paddocks, sont aux abonnés absents ! Ainsi sur les 7 km que compte le tracé ardennais, le châlet de l’East Belgian Racing Team était le seul endroit où le public pouvait se rafraîchir et se restaurer. Visiblement le mot RESPECT du public n’est pas près de figurer au vocabulaire des responsables du circuit spadois…