Au fil des saisons, le team IMSA Performance Matmut s’est forgé une belle réputation si bien que bon nombre de pilotes officiels Porsche sont passés dans les mains de l’équipe rouennaise. Citons Romain Dumas, Patrick Long, Wolf Henzler, Patrick Pilet, Marco Holzer ou encore Richard Lietz. Pour la petite histoire, IMSA signifie Innovation Mécanique Service Automobile. L’écurie dirigée par Franck Rava et Raymond Narac compte de sérieuses références en seulement dix ans. Après avoir débuté par la Porsche Carrera Cup France et le Championnat de France, IMSA Performance Matmut a gravi les échelons pour s’imposer aux 24 Heures du Mans, 24 Heures de Dubai, sans oublier une deuxième place aux 24 Heures de Spa 2007 et 2010. En 2012, les Normands ont décroché le titre European Le Mans Series (GTE) grâce à Raymond Narac, Nicolas Armindo et Anthony Pons. On ne compte plus les victoires en VdeV ni en International GT Open. Cette saison, on retrouve les IMSA boys en Championnat du Monde d’Endurance, European Le Mans Series et VdeV Endurance Series. Si le titre européen s’est envolé, tout reste possible dans les autres séries. Véritable pierre angulaire de l’équipe, Raymond Narac fait partie de ceux qui sont passés du rôle de laveur de pare-brise aux 24 Heures du Mans à celui de vainqueur de la plus grande course du monde. Respect ! Pour cette campagne 2013, le Normand fait cause commune avec Jean-Karl Vernay et Christophe Bourret (absent à Austin). La présence de « JK » en capitaine d’équipage tire l’équipage vers le haut si bien que la couronne mondiale est possible. En fin de saison, Franck Rava et Raymond Narac devront prendre une décision : poursuivre avec la Porsche 911 GT3-RSR ou passer à la nouvelle 911 RSR. Un programme à choix multiples pourrait être une nouvelle fois au programme. A Austin, Raymond Narac nous a parlé de sa saison mais aussi de l’avenir du team IMSA Performance Matmut.
Que retenir de ce circuit d’Austin ?
« Tout le monde a tellement parlé de ce circuit que cette manche d’Austin était attendue depuis bien longtemps. Sur le papier, c’est un monstre mais le tracé s’apprend finalement assez vite. La différence entre les Pro et les Am y est tout de même un peu plus importante. Le Circuit des Amériques est très exigeant avec des enchaînements assez rapides. J’apprécie beaucoup. Il a fallu se jouer du trafic et être très précautionneux notamment avec les fameux quilles cassantes. Il fallait être le plus précis possible. »
Un podium est pour le moins satisfaisant…
« Nous sommes arrivés au Texas avec 76 points, ce qui fait que cela ne pouvait que nous porter chance (rires). Jean-Karl a fait du très bon travail car il a été de suite été dans le coup. L’objectif était de ne pas être trop loin en qualification sachant que dans l’équipe nous travaillons toujours en vue de la course. Il fallait faire le maximum et se mettre à 102% afin de préserver nos chances au championnat. Je reste un compétiteur avant tout mais il faut accepter les aléas de la course. Si on veut être dans le bon wagon avec la Porsche, il faut se dépouiller. »
Des regrets d’avoir franchi le cap d’une présence sur la scène mondiale ?
« A ce jour, il n’y a pas le moindre regret que d’être venu en FIA WEC. C’est pour toute l’équipe une excellente opportunité que de se mesurer aux teams les plus efficaces. IMSA Performance Matmut a tout gagné en France, en Europe et même au Mans. C’était le parcours normal. Ce n’est pas évident pour nous car nous découvrons la plupart des circuits. Nous faisons rouler une Porsche modèle 2012 et nous n’avons aucun repère avec cette voiture dans ce championnat. Il y a un gros travail des ingénieurs Félix Barré et Arnaud Soudey. Le début de saison a été difficile aussi bien à Silverstone que Spa. Il fallait trouver le bon set-up mais maintenant nous allons dans le bon sens. Nous sommes pleinement satisfaits du travail de Jean-Karl qui prend parfaitement la mesure de la RSR. On partait avec un pilote professionnel qui découvrait le championnat, le team et la voiture. Cependant, l’apprentissage a été rapide. »
En fin de semaine, IMSA Performance Matmut sera en European Le Mans Series. Quel est le bilan ?
« Les ingénieurs connaissent par cœur la RSR 2011. Nous sommes partis de zéro au niveau de l’équipage. Patrice (Milesi) n’a pas une grande expérience mais il a rempli sa mission. Il n’a jamais sorti l’auto. Je suis bien placé pour dire qu’à un moment ou à un autre, il y a toujours des moments difficiles. Depuis mes débuts, j’ai toujours roulé avec des pilotes de pointe. C’est toujours difficile d’être à une seconde d’un pilote professionnel. On est limite en apnée. Cela fait maintenant 8 ans que je roule à haut niveau et je n’ai plus cette phase d’apnée. C’est plus facile d’analyser les erreurs. »
En plus du VdeV où le titre est bien engagé, une couronne mondiale serait bien…
« Tout reste possible au championnat. Je suis serein pour les trois dernières courses. Comme je l’ai dit, le travail de Jean-Karl est parfait. »
Il y a déjà des réflexions pour 2014 ?
« Nous aimerions poursuivre en FIA WEC en 2014 car c’est le nec plus ultra de l’Endurance. Il y a un niveau de folie et ce même en Am. C’est valorisant de se battre dans une grosse catégorie. L’objectif est d’avoir une 911 RSR mais rien n’est acquis. Pour ce qui est de l’European Le Mans Series, nous avons les autos. Il y a encore 8 ans, personne ne connaissait IMSA Performance Matmut et avec Franck à sa tête, nous avons monté une équipe professionnelle. On doit le féliciter tout comme les ingénieurs et les mécaniciens. Nous avons prouvé que nous étions capables de remporter des courses internationales et nous n’avons pas à rougir des grandes équipes. Cependant, il y aura une réflexion en fin d’année car sans budget, la compétition à haut niveau est impossible. Il y a avoir des discussions avec notre partenaire principal et on sera attentif à ses demandes. C’est lui qui donnera les orientations pour 2014. Il y a déjà des réflexions, notamment pour un retour en France. On aimerait aussi faire des “one-shot” dans de grandes courses mais pour cela il faut un budget conséquent. Je suis d’avis de faire moins mais de faire bien. Le fait que le FIA WEC ait un calendrier stable pour 2014 est une bonne chose. Il y a autre chose qui me tient à cœur. Michel Lecourt, qui a roulé avec nous, a quelques autos anciennes dont une 2.8 RSR et une 3.0 RSR. Nous allons avoir sous peu une 962 à remonter pour l’inscrire en Gr C. C’est une grande découverte et un sacré challenge qui nous tend les bras. »