FIA World Endurance Championship

Présent et avenir d’AF Corse avec Amato Ferrari

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Le monde du GT a réellement découvert AF Corse grâce à la sortie de la Maserati MC 12 en FIA-GT. Depuis, la structure italienne est présente dans bon nombre de championnats : FIA WEC, International GT Open, British GT, European Le Mans Series, Asian Le Mans Series, FIA GT Series, Blancpain Endurance Series, GT Sprint, sans oublier la maintenance du Maserati Trofeo et des piges dans des courses internationales comme Sepang, Abu Dhabi, Dubai, Daytona, Bathurst. La particularité d’AF Corse est de toujours se battre pour la victoire. A chaque fois qu’une Ferrari est engagée par la structure italienne, la concurrence sait qu’elle ne devra rien lâcher. Amato Ferrari et son équipe représentent avec succès les intérêts du constructeur italien depuis bien des années. On a beau porter haut les couleurs d’un constructeur aussi prestigieux que Ferrari en faisant rouler les pilotes les plus réputés tels que Bruni, Fisichella, Vilander, Kobayashi, Cioci, ce n’est pas pour autant que la structure italienne est inaccessible. Amato Ferrari, Bati Pregliasco et toute l’équipe sont toujours disponibles pour quelques mots (ndlr : sans oublier que le café italien est très bon). Nous avons profité des 6 Heures du Circuit des Amériques pour faire un Inside AF Corse en compagnie d’Amato Ferrari, le tout avec l’aide d’un envoyé spécial italien.

 

Amato, vous portez un nom célèbre mais faut-il y voir un lien de parenté avec Enzo Ferrari ?

Amato Ferrari : « En effet le nom Ferrari est assez commun dans la région de Piacenza. Dans ma vie professionnelle il a été évidemment un porte-bonheur et je suis très fier de représenter depuis plus d’une décennie le constructeur de voitures sportives le plus connu et prestigieux du monde. Ferrari dispose d’un historique sans aucune équivalence en compétition automobile. Engager son modèle phare, la F458 Italia, sur les circuits du monde entier est à la fois un honneur et une responsabilité. »

Vous venez de découvrir un nouveau tracé avec le Circuit des Amériques. Une belle découverte ?

« Comme pour toutes les autres écuries, nous avons utilisé les deux sessions du jeudi pour prendre la mesure du tracé. Les quatre heures de roulage sous des conditions comparables à celle que l’a trouvé en course nous ont permis de travailler sur les réglages des voitures. Les pilotes ont également profité de ces séances pour se familiariser avec la piste. Nous avons analysé toutes les données avec notre partenaire Michelin afin de décider ensemble la bonne stratégie des pneumatiques. Le travail a donc été efficace. Vendredi la pluie a gaspillé un peu la journée, mais cela a été le cas pour tout le monde. »

En catégorie GTE Pro, les F458 Italia n’ont pas vraiment brillé en qualification. Une déception ?

« Le bilan des qualifications était malheureusement préoccupant pour la course car nous n’étions pas dans le rythme des meilleurs. Nous avons réussi difficilement à combler cette différence en course. De plus, sans warm up, nous ne pouvons pas travailler finement sur les réglages. Nous disposons d’un réservoir de cinq litres plus petit que celui de nos concurrents (ndlr : une pénalisation imposée par la FIA dans le cadre de la Balance de Performance). Nous ne pouvons compter que sur nos atouts : une équipe rodée et bien soudé, des pilotes de niveau international expérimentés ainsi que des voitures fiables et constantes. Et après, il faut croire aussi en la chance ! D’éventuels faits de course pouvaient nous être favorables et nous sommes repartis d’Austin avec deux autos sur le podium mais sans la victoire. »

La stratégie pneumatique pouvait apporter un avantage ?

« Nous avons étudié la situation avec notre partenaire Michelin. Nous estimions les pneus « medium » être les plus adaptés à la course. Nous avions deux cartes à jouer durant l’épreuve, selon les conditions de roulage et les températures : utiliser les pneus durs, sur une piste très chaude, et doubler les relais avec nos pneus si le niveau d’usure le permet. La seconde solution a été privilégiée. »

Ce weekend fut très chargé pour AF Corse avec une présence en Europe, aux Etats-Unis mais aussi au Japon. Une sacrée organisation…

« L’équipe AF Corse est organisée pour être active sur plusieurs fronts à la fois. Nous disposons en effet de trois équipes consacrées à ces championnats depuis trois ans. C’est comme s’il y avait plusieurs entreprises réunies sous le nom de AF Corse. Chaque équipe dispose en effet d’un personnel dédié, d’un directeur technique et d’un team manager qui en est le responsable. Au total, environ cent personnes d’AF Corse étaient ce week-end sur les trois événements. Il s’agit de la seule organisation possible pour assurer l’efficacité et offrir un véritable support à nos clients. Grâce à cette organisation, nous gérions cinq voitures à Austin (une LMP2, deux GTE-Pro et deux GTE-Am), quatre 458 Italia GT3 sur le Blancpain ainsi qu’une à Fuji en Asian Le Mans Series. »

Revenons-en au FIA WEC. La saison est plus compliquée que prévu. La BOP est un souci ?

« C’est un sujet délicat et je n’ai pas envie d’alimenter des polémiques. Ce que je peux dire est que nous avons très clairement affirmé notre position face à la FIA et à l’organisation du WEC. »

Parlons maintenant de 2014. Avez-vous déjà décidé sur quels programmes vous engager ? Y aura-t-il des changements majeurs par rapport à 2013 ?

« Je ne pense pas qu’il y aura des changements significatifs dans la stratégie d’AF Corse. D’abord j’espère pouvoir rester en Championnat du Monde d’Endurance, qui représente aujourd’hui notre engagement le plus important. En outre, il s’agit d’une discipline que nous avons toujours soutenue et dans laquelle nous avons investi beaucoup de ressources. En revanche, comme dans tous business en sport automobile, ce sont les résultats qui parlent et cette année nous ne sommes pas au niveau de nos attentes, ni de nos objectifs. Cela jette des ombres sur le futur. »

Pour ce qui concerne les autres engagements que le FIA WEC, où les voitures répondent au règlement GT2 (GTE), la stabilité du règlement GT3 devrait faciliter la vie à AF Corse ainsi qu’à ses clients…

« Les règlements GT3 et GT2 sont plutôt stables depuis quelques années. C’est toujours un avantage : nous avons un produit leader qui fait l’unanimité auprès de nos clients, aussi bien pour le prestige de la marque Ferrari que pour les performances de la voiture. En GT3 nous bénéficions d’une forte demande donc en termes de business et comme activité nous avons beaucoup de satisfactions. »

AF Corse n’est pas seulement présent en GT car il faut souligner que la structure gère également en FIA WEC la ORECA 03 du Pecom Racing. La rumeur dit qu’AF Corse serait intéressée à développer un châssis avec un partenaire comme Dallara. Une simple rumeur ?

« Nous n’avons pas de projet de développement pour une LMP2. Nous ne sommes même pas sûrs de pouvoir engager un prototype de cette catégorie en Championnat du Monde 2014 : pour l’instant je n’ai pas d’accord pour cela. En revanche, il est probable que l’activité actuelle se déplacera en Tudor United SportsCar Championship. Je reste néanmoins à l’écoute : si un client devrait se présenter, je ne renoncerais pas à un nouveau projet LMP2 en FIA WEC. Si tel devait être le cas je n’ai pas l’intention de quitter notre partenaire actuel ORECA »

Une dernière question que beaucoup de gens se posent : A quand une Ferrari en LMP1 ? Une possible réalité ou juste un rêve ?

« Je n’ai jamais entendu parler de cela chez Ferrari. Ou du moins les personnes avec lesquelles je suis en contact n’ont jamais partagé avec moi une telle intention. »

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