Dimanche matin : Toujours sous un soleil radieux, les organisateurs de l’Asian Le Mans Series et le Fuji Speedway ont mis les petits plats dans les grands pour que ce premier rendez-vous du Mans au Japon soit une réussite. Et c’en est une ! Déjà, la veille, un sponsor important (Freescale) avait organisé une grande soirée musicale avec DJ local, animation à tous les étages, particulièrement pour les gagnants d’un jeu sur le web.
Mais dès dimanche matin, on peut sentir, respirer et même “humer” les grands jours de course en arrivant sur les parkings et aux abords du circuit. Vous savez, ces souvenirs d’un passé lointain dans l’hexagone que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, Montlhéry, La Châtre, Magny-Cours, Dijon, Nogaro ou bien encore pour nos amis d’outre atlantique Sebring, Petit le Mans, Mosport. Presque Indéfinissable : Les gens ont le sourire et sont heureux d’être là, tout simplement.
Fans et Passionnés sont bien sur présents très tôt mais également de nombreuses familles et surtout beaucoup d’enfants. Tout autour du paddock et des stands : des forains, des vendeurs de pièces détachées en tout genre pour customiser les nombreuses Subaru BRZ ou Toyota GT86, du merchandising des teams Japonais, de nombreux personnages de Mangas en tous genres, Des Queens Race sous leurs parapluies aux couleurs plus que discrètes, des mamies en kimono, des tambours sortis d’un film de Kurosawa, des pilotes disponibles à souhai, des teams aux stands ouverts sans aucune sécurité, expositions derrière les stands, parking du JLOC Lamborghini et enfin de nombreuses courses en support toute la journée. Rien d’exceptionnel me direz-vous ?
14.000 spectateurs repartiront dimanche soir avec une vision positive du sport automobile, loin de l’esprit anti sport auto et de l’auto phobie ambiante de certains khmers verts. Le sport automobile peut même rendre heureux !
Mais où est passé Jeffrey ?
Depuis deux courses, Jeffrey Lee ne nous semblait pas vraiment un gars dit : “du matin”. À quelques heures du départ toujours pas de traces de notre taïwanais de service alors que Frank et David signent des autographes au kilo sur une pit-lane bondée de monde. La direction de course (Daniel Poissenot) veut le voir non pas pour son double excès de vitesse d’Inje en Corée mais pour bien réexpliquer la procédure de départ. Avec deux LMP2 suivi de deux Honda Mugen hybridés à souhait (multipass ?) au deuxième rang, Daniel veut sûrement assurer un départ propre et sans bavure des 20 protagonistes à 14h. Mais il est déjà 11h et toujours pas de trace de l’ami Jeffrey …
11h33 : sans précipitation, ni explication, nos amis de Taïwan arrivent façon « hôtel de la plage » un matin d’août.. Mathieu et moi-même commencions “à bouillir” comme le capitaine Haddock dans Rackham le Rouge (page 32). Passé la soufflante” défoullatoire “, nous expliquons bien à Jeffrey en stéréo que nous ne sommes pas dans un meeting habituel en Asie. Il y a écrit ” Le Mans ” dans le titre ! Donc respect des consignes, règles et règlements, sinon Pan-Pan C..C … ! Je crois que notre ami a bien compris le message et il ira s’excuser platement à Daniel peu avant midi et écouter aussi les consignes du départ ! Au passage nous lui expliquons qu’une absence à la séance d’autographes et passible d’amendes. Un autre monde pour l’ami Jeffrey loin des contraintes et standards des courses chinoises.
Plus de cartes d’autographes ! (Mais que se passe-t-il ?)
Sur chaque course du SUPER GT, la pit-lane est consacrée à un moment uniquement aux enfants, autographes des pilotes ou approche des voitures certes façon organisateurs “mauvais copieurs” mais pas seulement, car ici chaque équipe doit apporter un plus … Être créatif ! Certaines équipes montent les enfants dans les voitures, d’autres font des photos avec leurs mascottes manga, d’autres (les plus chanceux) montent sur les genoux des grid-girls, les pilotes posent leurs casques de course sur leurs jolies têtes « brunes ». Un concours Lépine de l’accueil et de la bonne humeur en quelque sorte .
Comment voulez-vous que ces enfants oublient leur journée au Fuji Speedway ? Ou qu’ils n’ attendent pas avec impatience de passer leur permis dès l’âge légal ? (à méditer car en France nous prenons la direction totalement inverse sans que cela ne gêne qui que ce soit). Nos 250 cartes d’autographes OAK Racing Team Total partent donc comme les petits pains de mon boulanger un dimanche matin après la messe. Nos deux serveuses, CAP de Grid-Girl en apprentissage, arrivent enfin au stand 15 : (revoir le feuilleton 2 de la saison 2 pour ceux qui ont raté le prime time hier).
Sourire aux lèvres, nos deux japonaises recrutées par l’ami Mendès sont enchantées de notre invitation. Elles ont la bonne idée de vouloir écrire nos prénoms en japonais sur nos combinaisons noires. Assez rapidement, Léo prête “son” rouleau de scotch rose (pantone 6203) du 3ème tiroir à gauche. Et les voilà toutes les deux “MDR” (comme dirait les jeunes) à nous scotcher nos prénoms avec un petit dessin japonais personnalisé en prime pour chacun. Effet immédiat, tous les japonais que nous croisons nous parlent et nous sourient avec de grands « hooooooh ».
Cédric, Yann, Jpé se souviendront de leur voyage ! Même notre ami anglais Stan y a le droit ! Et cela le rend heureux. Le bonheur dans notre sport favori se partage même entre Français et Anglais ! Dans quelques minutes la pré-grille, la pression reprend le dessus. Le sérieux aussi. Les visages se tendent rapidement une fois les oreillettes branchées et les gants mis. Nous attendons l’ouverture des portes , l’heure n’est plus à la rigolade mais au “combat”.
Chacun répète ses gammes, sa mission, son rôle avec les autres. Les binômes se reforment comme à l’entraînement d’hier. Mathieu rappelle au micro avec beaucoup « de calme et de sérénité » les consignes en français. Chacun écoute, personne ne bronche avant de le répéter en Anglais pour les pilotes et Stan. Silence ! L’endurance est un sport collectif. Pour être honnête, je n’avais jamais remarqué à quel point jusque-là.
Çà et là des moteurs commencent à tousser d’autres à rugir et à prendre des notes aiguës. Comme un orchestre philharmonique, dans un désordre inaudible et indescriptible, chacun de son côté. Puis doucement, les sons prennent leur envol vers la sortie des stands et disparaissent au loin pour en laisser d’autres arriver, le chef d’orchestre serait-il arrivé ?
Place à la course !