Seul un changement de plaquettes aura pu enrayer quelque peu la marche en avant de la Mercedes SLS du HTP Motorsport. Dominatrice depuis le départ à 11H45, son dernier arrêt dure un peu plus longtemps que les autres car comme le craignait l’équipe depuis quelques tours déjà, il faut procéder au changement. Bernd Schneider, qui rend le volant, considère même qu’il « s’agit d’une mesure de sécurité indispensable ». Dans le même temps, chez Marc VDS, on fait le pari inverse sur la n°3. Elle ira au bout avec les mêmes plaquettes ! L’intervention du team HTP se déroule normalement mais au moment ou Maximilian Buhk reprend la piste, il peut voir que Maxime Martin a repris pour quelques secondes le commandement de l’épreuve ! Commence alors un duel qui non seulement, décide de l’issue de ce Blancpain 1000, mais qui va également attribuer le titre pilotes !
Car chez Audi WRT, on n’est plus tout à fait dans la lutte. Problèmes électroniques sur la n°1, une direction cassée sur la n°13 ont placé l’équipe belge en retrait alors que Stippler et Mies, un temps deuxième, semblaient avoir encore toutes leurs chances… Quant à la Ferrari Kessel, il y a bien longtemps que ses pilotes ne peuvent plus rien espérer. Tout se résume donc à ce (Maxi…) duel en tête. Maxime Martin avec ses freins usagés face à Maxi Buhk et ses plaquettes neuves ! La bagarre ne devrait pas durer longtemps mais le pilote belge n’est pas un as pour rien. La Mercedes harcèle à plusieurs reprises la BMW. Par deux fois, Buhk tente de passer au bout de la ligne droite des stands. Mais à chaque fois, Martin croise la trajectoire de l’allemand emporté par son élan et reprend le leadership instantanément. Pour tout le monde, il est pourtant clair que c’est à cet endroit là que Buhk peut passer. On le voit à plusieurs reprises tenter des trajectoires différentes. Il teste, jauge, évalue…
Et soudain, dans la Warsteiner Kurve, Maxi sort un peu mieux que Maxime. Il se rapproche de la BMW mais alors que les deux autos arrivent sur la rapide chicane avant le dernier virage, la piste semble se rétrécir car un attardé est également présent. Buhk ne se démonte pas, il sert au maximum, insiste sur la gauche de la BMW, à l’extrême limite de la piste et passe au freinage, imparable… La suite n’est dès lors qu’une formalité pour le pilote de la Mercedes SLS. Le titre pilote lui tend les bras, sur le même circuit ou il a été titré l’an passé en GT3, lui qui n’a pourtant disputé que trois des cinq épreuves de la saison 2013. Cette Mercedes HTP termine donc la saison en trombe avec deux succès sur les deux courses longues. Elle semblait réellement intouchable ce week-end. D’ailleurs, comme à Spa, Bernd « Papy » Schneider a très longtemps détenu le meilleur tour en course ! Finalement, il revient à la Ferrari Kessel n°44 en 1’56″385, voilà de quoi digérer (ou de quoi regretter encore plus ?) cette course difficile pour l’équipe suisse. Le team BMW Marc VDS se console de cette deuxième place en conquérant le titre équipe Pro.
L’équipe ART Grand Prix conclue également sa saison de manière satisfaisante. La McLaren n°11 de Leclerc-Parisy-Soucek est resté constamment aux avant-postes. La troisième marche du podium est donc une juste récompense. D’autant plus appréciable que cette course a fait des victimes. Un paquet de victimes… Et ce dès le départ d’ailleurs, avec la Porsche Alméras lâchant des flammes ou la Ferrari Sofrev n°10 se retrouvant dans les rails avant même la fin du premier tour. Les sorties de piste ont été nombreuses, spectaculaires parfois, comme pour la Ferrari n°50 après que Babini se soit rabattu un peu trop tôt sur la Nissan JRM. Cet accident sera d’ailleurs la cause de la seule intervention du safety-car sur ces 6 heures de course.
En Pro-Am, c’est la Ferrari SMP n°71 des frères Ladygin et de Viktor Shaitar qui s’est imposée, tout en terminant à la 5ème place du scratch. Cette 458 a même été pointée un temps à la seconde place du classement ! Elle devance la BMW n°43 du ROAL Motorsport et la Mercedes n°18 du Black Falcon. Mais ce sont Lucas Ordonez et la Nissan GT Academy qui décrochent les titres de la catégorie, malgré les 30 & 31ème places finales des deux GT-R.
Le titre était déjà attribué avant même cette finale mais n’oublions pas de rappeler que Patrice Goueslard et les deux Jean-Luc, Blanchemain et Beaubelique sont donc les champions du Gentlemen’s Trophy 2013. Comme le rappelait Patrice, « il est un peu bizarre d’être sacré alors que la voiture ne tourne plus et qu’on voit les autres toujours en piste… » Jean-Luc Beaubelique en profitait pour tordre le cou à un dicton connu : « contrairement à ce que disait Coubertin, participer c’est bien mais gagner c’est mieux ! » C’est la Ferrari n°52 du Sport Garage qui offre donc la victoire sur ce Blancpain 1000 à ses pilotes, Justino Azcarate, Bruce Lorgeré-Roux et Eric Cayrolle. Ils devancent la McLaren n°15 de Broggi-Ojjeh puis la Ferrari n°458 de Ehret-Mattschul-Kohlaas. Belle récompense que cette troisième place pour le GT Corse après les longues réparations apportées à la voiture durant la nuit précédant la course…
Le classement du Blancpain 1000 est ici
Leurs réactions à l’issue de la course :
Maximilian Buhk : « C’est un sentiment incroyable d’être champion. Nous sommes venus à Spa dans l’intention de faire de notre mieux. Et nous gagnons. Nous faisons la même chose ici et nous gagnons à nouveau. Ce qui nous offre le titre pilote en plus. C’est fantastique ! Lors de mon dernier relais, j’étais un peu énervé de voir que Maxime m’avait passé. J’ai alors poussé très fort. J’ai essayé plusieurs manœuvres avant de réussir la bonne grâce au trafic, en partie. La suite était plus facile. »
Maxime Martin : « Avec Maximilian, ce fut une grande bataille. Je savais que ce serait difficile dès que nous serions dans le trafic. Et ça l’a été. Mais ce fut une belle bataille, fair-play et son dépassement est beau. Ce qui est bien c’est que contrairement à l’an passé ou nous avions perdu les deux titres, là nous décrochons le titre équipes. C’est une belle consécration pour Marc VDS. »
Lucas Ordonez : « Cette course a été vraiment très difficile pour nous mais nous l’avons menée à terme et nous en sommes fiers. Nous avons un peu galéré avec le set-up ce week-end. Il nous a donc falu patienter durant cette course, un peu comme sur une épreuve de 24H et c’est ainsi que ça a marché pour nous. Je suis évidemment très content pour l’académie Nissan après avoir commencé il y a 5 ans en GT4. Alex Buncombe a été un super concurrent durant cette saison, malheureusement il a été très malchanceux aujourd’hui. »
Laurent Chauveau