Avec une 2e et une 5e places aux 24 Heures du Nürbrgring puis une 3e aux 24 Heures de Spa, il est peu de dire que l’Audi R8 LMS débute pour le mieux ses doubles tours d’horloge. Dans les Ardennes belges, la R8 LMS du Phoenix Racing a su allier régularité et rapidité, avec un équipage et une préparation de l’auto à la hauteur de l’événement. Avant le départ, Henri Moser nous confiait que la R8 LMS valait un top 5 et au final, le quatuor Fässler/Moser/Margaritis/Basseng s’est emparé de la dernière marche du podium, derrière deux GT1 de pointe. Avant de retrouver le baquet de l’Audi R8 LMS en ADAC GT Masters dans une semaine sur le circuit du Nürburgring, Henri Moser revient avec nous sur son double tour d’horloge spadois.
Laurent Mercier : Quel bilan tires-tu de ces 24 Heures de Spa ?
Henri Moser : « C’est pour moi un sentiment extraordinaire ! Accrocher un podium au général avec une voiture cinq secondes au tour moins vite qu’une GT1, c’est formidable. Cela restera un grand souvenir pour moi. Ce qui est aussi incroyable, c’est que Phoenix Racing ait mis sa confiance en moi pour rouler dans cette course avec de tels équipiers. Cela montre qu’ils sont satisfaits du travail que nous faisons ensemble et c’est très gratifiant pour moi. »
Avez-vous connu des alertes mécaniques durant la course ?
« Nous avons eu un petit souci de températures après qu’un de mes équipiers ait fait une petite escapade dans l’herbe. Les radiateurs étant bouchés, l’eau et l’huile sont parties en crise. Cela s’est passé à deux heures de l’arrivée. Durant mon dernier relais, j’ai dû faire attention à ces températures et ramener la voiture au bercail. Il n’était plus question d’attaquer car nous avions trois tours d’avance et cela ne servait à rien de prendre des risques inutiles. »
Quelques mots sur tes équipiers ?
“Mes équipiers étaient tous des pilotes de renom, que ce soit Marcel Fässler, Marc Basseng ou Alex Margaritis. Ils viennent du DTM et ont beaucoup d’expérience. Ils sont extrêmement rapides et c’est moi qui avait la pression pour cette course avec de tels équipiers (rires). Cela s’est très bien passé ! La cohésion entre les pilotes était parfaite, tout comme avec le team. Nous avons tous effectué notre meilleur tour dans la même seconde. »
L’auto peut-elle encore évoluer selon toi ?
“Il reste encore beaucoup de chemins à explorer c’est certain. L’Audi R8 LMS est très saine et la base de travail est bonne. Elle réagit très bien aux changements de set-up châssis et aéro. Nous roulons avec les portes de série et les vitres électriques. Rien que cela nous fait perdre 50 kilos. Nous verrons bien ce que Audi fera avec cette voiture mais au cas où ils la développeraient pour le GT2 ou le GT1, une chose est sûre c’est qu’elle sera dans le coup ».
Sais-tu comment a été vécu ce podium chez Audi Sport ?
« Je pense qu’ils ont été très satisfaits d’entendre que nous avions fait un podium mais je n’en ai eu aucun écho particulier. Une chose est sûre c’est que le team et les pilotes étaient aux anges. »
Pourrait-on revoir l’auto cette saison en FIA-GT toujours en G2 ?
« Je ne pense pas ! Nous avons couru en G2 car l’auto en configuration GT3 ne nous permettait pas de courir les 24 heures, elle n’est pas faite pour cela avec par exemple des freins en céramique de série et plaquettes minces, ce qui nous aurait obligé à les changer toutes les deux heures. L’auto était donc une voiture basée sur celle du VLN, plus précisément le châssis qui a couru aux 24 heures avec Basseng, Rockenfeller et Stippler ».
Ton objectif de fin de saison est de remporter le titre ADAC GT Masters ?
“Oui, il reste encore six courses et tout est encore possible. Il y a du travail car j’ai 12 points de retard sur le leader et les courses sont très serrées. Nous verrons comment évoluent les choses lors du prochain week-end qui sera au Nürburgring, en même temps que les 1000 km dans une semaine ».
La Suisse est bien représentée en Le Mans Series. C’est un championnat qui pourrait t’intéresser à l’avenir ?
« Certainement, la série Le Mans est un superbe championnat avec beaucoup de voitures, d’excellents pilotes, de superbes circuits et de vraies courses d’Endurance. Tout ceci est couronné par les 24 Heures du Mans qui sont en point de mire de chaque pilote. J’espère d’ailleurs être au départ prochainement ».
Propos recueillis par Laurent Mercier