Si HTP Motorsport fait ses débuts cette année en GT3, la structure est bien connue sur la place GT puisque HTP a pris la suite de HEICO Motorsport. On retrouve toujours à la tête de l’équipe allemande Norbert Brückner. Cette saison, le team HTP roule en ADAC GT Masters tout en assurant la maintenance de Mercedes en FIA GT Series. Ce week-end, une Mercedes SLS AMG GT3 est engagée aux 24 Heures de Spa dans la classe Pro-Cup, l’auto étant partagée par Maximilian Buhk, Maximilian Götz et un certain Bernd Schneider. Malgré un fort contingent allemand, le directeur technique est bien Français. Renaud Dufour officie sur des Mercedes SLS AMG GT3 depuis plusieurs années après avoir débuté en GT3 au sein du Graff Racing sur la scène française. Malgré une restructuration cet hiver, HTP Motorsport n’a pas mis longtemps à jouer les premiers rôles, notamment en FIA GT Series. Début juillet, l’équipe est venue se rôder à la Blancpain Endurance Series avec des pilotes qui ont tenu la dragée haute à la concurrence. Il faut dire qu’avec Luca Ludwig, Alon Day et Maximilian Buhk, il y a de quoi jouer devant. Le trio est reparti du Var avec une 5ème place finale. A Spa, de gros espoirs sont permis. Renaud Dufour revient avec nous sur le début de saison du HTP Motorsport mais aussi sur les ambitions spadoises…
Laurent Mercier : HTP Motorsport est uniquement la suite du HEICO Motorsport ?
Renaud Dufour : « HTP Motorsport est un groupe d’investissements qui a racheté HEICO. L’équipe est basée en Allemagne dans les ateliers de Persson. Cette année, le programme principal est l’ADAC GT Masters. En complément, nous faisons de la sous-traitance de deux Mercedes SLS AMG GT3 pour Charouz en FIA GT Series. Au final, HTP Motorsport possède trois Mercedes. Le team est composé d’environ 15 personnes. Avec le team tchèque Charouz, nous arrivons à 30/35 personnes. Nous sommes liés à Mercedes et satisfaits du soutien. Je pense que c’est un peu le même traitement qu’a WRT avec Audi. Norbert a mis en place de très bons équipages et l’équipe souhaite les faire progresser. Le travail fait en 2012 paie. »
Ce n’est pas trop compliqué d’être Français au sein d’un team allemand ?
« Il a fallu reprendre les cours d’allemand (rires). Toutes les discussions se font en Anglais. Je fais office de directeur technique, Norbert étant le team principal. »
L’Endurance est une nouvelle discipline pour le team ?
« Nous avons la connaissance des 24 Heures du Nürburgring. Nous cherchions un programme annexe à l’ADAC GT Masters et nous avons choisi de disputer les 24 Heures de Spa avec une manche de préparation. C’est pourquoi nous étions au Paul Ricard. Je pense que nous serons également au Nürburgring pour la course de fin de saison qui aura un format de 6 heures. Nous aimons les courses d’endurance mais il faut trouver les budgets nécessaires. Aller rouler à Dubai et revenir au Nürburgring nous intéressent. »
Avoir Bernd Schneider dans l’équipage est un plus ?
« Bernd et Norbert sont très proches. Norbert s’occupait de Bernd lorsqu’il roulait en karting. C’est un grand monsieur. Je le connaissais pour avoir officié sur sa voiture cette année aux 24 Heures du Nürburgring. Même s’il est en fin de carrière, il est motivé comme au premier jour. Il veut toujours battre les petites jeunes (rires). Sa présence renforce nos liens avec Mercedes. »
Que penses-tu de la BOP ?
« Je suis assez basique sur le sujet. Nous faisons rarement dans l’esbroufe sur nos performances et cela ne sert à rien de cacher son jeu. Au final, la BOP actuelle est correcte. On en trouvera toujours qui veulent tirer la couverture à leurs pieds. Il faut être attentif à ce que la BOP ne soit pas une balance de résultats. Il comprendre physiquement ce qui se passe. Chez Mercedes, toutes les équipes sont logées à la même enseigne. Il n’y a aucun favoritisme. »
Vu le succès de la Blancpain Endurance Series, les FIA GT Series ont encore une légitimité ?
« Je pense qu’il faut garder un championnat sprint. Chaque championnat a son attrait. En sprint, il faut aller au fond de tous les domaines, aussi bien sur le plan du pilotage que des ravitaillements. C’est positif d’avoir gardé Pro-Cup, Pro-Am Cup et Gentlemen Trophy. Selon moi les deux championnats ont leur place. Le format de la Blancpain Endurance Series est bon et le trafic n’est pas un réel problème, excepté lors des ravitaillements. Si je devais avoir quelque chose à redire, ce serait de fermer l’accès aux stands lors des neutralisations afin d’éviter la cohue. »
Vos pilotes ne sont pas les plus connus mais on voit qu’ils sont tous au rendez-vous…
« Maximilian Buhk est avec nous depuis deux ans et il ne cesse de progresser. Pour Alon Day, on a de suite vu qu’il avait un gros potentiel sachant que ce sont ses débuts en GT. Nous sommes enchantés de la progression de Andreas Simonsen et Sergey Afanasiev. Quant à Maximilian Götz, il est très rapide avec une solide expérience. »
Tu es maintenant un spécialiste de la catégorie GT3. Quel est ton regard sur la catégorie ?
« J’ai débuté en 2010 avec le Graff Racing et la Corvette Z06 GT3. C’est selon moi la meilleure catégorie en termes de coût et de technique. Le GTE est trop cher et les GT3 sont devenues très proches des GTE sur la partie technique. En GT3, il est inutile de dépenser beaucoup d’argent pour développer un moteur compte tenu de la BOP. Au début du GT3, les pilotes ne voulaient pas entendre parler d’ABS alors que maintenant il est devenu indispensable. Le niveau en ingénierie est nettement monté ces dernières années. »
Il y a un bon coup à jouer à Spa ?
« Mercedes veut le grand chelem après Dubai, Bathurst et le Nürburgring. Comme je l’ai dit toutes les équipes Mercedes ont le même soutien et on fera tout pour briller… »
Propos recueillis par Laurent Mercier