Avec quatre Audi R8 LMS ultra toutes aussi bien préparées que bien pilotées, le Belgian Audi Club Team WRT fait partie des favoris des bookmakers pour cette 65ème édition des 24 Heures de Spa. Pourtant une épreuve ne se gagne pas sur une liste des engagés mais bien en piste. Vainqueur de l’épreuve en 2011, l’écurie belge de Vincent Vosse, Yves Weerts et René Verbist compte bien tirer son épingle du jeu en faisant rouler des pointures : Ortelli, Rast, Vanthoor, Lotterer, Stippler, Fässler, Ekström, Mies, Sandström, Frey, Halliday et Mayr-Melnhof. Vincent Vosse a de quoi être satisfait de ses troupes mais il sait bien qu’une course de cette envergure ne sera gagnée qu’une fois la ligne d’arrivée franchie et pas avant. L’homme fort du Belgian Audi Club Team WRT fait le point avant le début des hostilités.
Laurent Mercier : L’équipe est parée avec ces quatre Audi R8 LMS ultra au départ ?
Vincent Vosse : « C’est avec une certaine fierté que nous représentons les intérêts d’Audi sachant que l’équipe entière est WRT. C’est pour nous un gros challenge. Pour cette épreuve, nous avons près de cinquante personnes au sein du staff. Tout est mis en œuvre pour que rien ne soit laissé au hasard. Il n’y a aucune implication directe d’Audi AG dans l’engagement des quatre autos Certes, nous avons du renfort mais seulement en provenance de chez Audi Customer Racing. Notre équipe ne change en rien car chaque personne sait parfaitement ce qu’elle a à faire. »
Aligner une quatrième Audi était une décision de l’équipe ou d’Audi ?
« C’était une décision commune. WRT a une belle légitimité chez Audi et c’est plutôt gratifiant. Les liens étaient étroits mais là ils se renforcent encore plus. Cela nous donne de nouvelles possibilités. Avoir les renforts de André et Marcel qui viennent du programme Endurance est vraiment positif pour nous. Même s’ils connaissent bien cette course, ils vont voir que c’est autre chose que de lutter contre deux Toyota car là il y aura 64 autres autos dans la même catégorie. »
Tu as fait partie des précurseurs en ayant toujours milité pour que les 24 Heures de Spa soient être le terrain de jeu des GT3. Là il est difficile de faire mieux…
« Oui et je me souviens très bien de notre discussion ici-même. C’était dans la logique des choses de n’y voir uniquement des GT3. Cependant, il faut bien faire attention à ne pas dépasser certaines limites. Il faut toujours que ce soit accessible aux privés. Aujourd’hui pour gagner une course comme celle-ci, il faut réunir plusieurs choses : une bonne BOP, de bons partenaires pour avoir des pilotes professionnels et un bon soutien d’un constructeur. Cela existe nulle part ailleurs et pas même au Mans. Ce n’est pas plus facile de gagner Spa que Le Mans. Ici on ne sait pas très bien où on se trouve. »
Tu fais référence à une BOP encore défavorable aux Audi ?
« Tout a été dit sur le sujet. En 2011, nous avions un avantage. Un accrochage a impliqué dès les premiers tours deux Porsche, Marc VDS venait d’acquérir une BMW et la lutte a mis aux prises WRT et Phoenix Racing. On avait la bonne vitesse sans oublier les pneus qu’il fallait. Nous avons fait la différence cette année-là. En 2012, il y a eu une pole BMW comme en 2011. La meilleure position d’une Audi à Spa doit être une quatrième place avec Stéphane Ortelli. Beaucoup pensent que c’est une volonté de notre partir de la 22ème place. Ce n’est pas du tout une sagesse de notre part car il n’y a aucun intérêt à partir trop loin. A Monza, nous rendions 0.6s, à Silverstone 0.5s et au Paul Ricard 1s. Aujourd’hui, il y a deux ou trois autos qui sortent du lot et qui ont une bonne carte à jouer. On fera tout pour mettre le plus possible de nos autos en Superpole. »
Le team compte de sérieux prétendants pour aller dans cette Superpole…
« Oui car il est dur de faire mieux niveau équipe. Je ne vais pas citer chaque pilote car ce serait trop long mais prenons nos trois renforts. André (Lotterer) est quelqu’un dont il est difficile de ne pas reconnaître ses qualités. On a pu le voir en 2012 et on ne gagne pas Le Mans deux fois par hasard. C’est un ami que je connais depuis bien longtemps. C’est le seul vrai nouveau de l’équipe. Mattias (Ekström) a remporté l’épreuve à nos côtés en 2011. Il a fait un gros travail sous la pluie. Mattias est le pilote que l’on est content d’avoir avec soi et pas contre soi. Quant à Marcel (Fässler), il était à nos côtés en 2010 pour notre première participation. Il a disputé la saison 2011 pour WRT. On le connaît bien et il est facile à intégrer dans une équipe du fait de ses grandes qualités humaines. »
C’est plutôt bien joué que d’avoir quatre autos dont les pilotes peuvent jouer un rôle au championnat…
« Lorsque la possibilité d’aligner une quatrième Audi est arrivée, nous avons pris cette décision avec une stratégie qui peut s’avérer payante pour le championnat car il ne faut surtout pas oublier que les 24 Heures de Spa comptent pour la Blancpain Endurance Series et que Belgian Audi Club Team WRT compte bien décrocher une troisième couronne de suite. Rien n’est encore fait et la météo pourrait jouer les arbitres. La piste peut sécher très vite et chaque marque a de sérieux atouts dans son jeu. »
Certaines équipes roulant à l’année dans le championnat ont opté pour les stands Endurance. WRT a réfléchi à la chose ?
« Personnellement, j’ai mis du temps à m’adapter aux stands F1. Avoir quatre autos est plus facile à gérer dans la partie haute où il y a plus de place même si cela ne m’aurait pas dérangé d’être placé dans les anciens stands. J’y ai quasiment passé toutes mes 24 Heures en tant que pilote, excepté à deux reprises. Je suis un peu nostalgique de cet endroit qui fait partie du mythe de Spa où dès que l’on sort du stand on voit les spectateurs et le Raidillon. »
Propos recueillis par Laurent Mercier