Blancpain Endurance Series

Blancpain World Endurance Series : Mythe ou réalité ?

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Le concept de la Blancpain Endurance Series fonctionne à merveille et ce n’est pas pour rien que la série fait le plein d’engagés sur chaque meeting  sans oublier aux 24 Heures de Spa où l’on retrouve 66 engagés dont une bonne vingtaine en Pro-Cup. Il suffit de voir la liste des pilotes et des équipes pour comprendre que c’est du lourd. Véritable tête pensante du GT, Stéphane Ratel a cru dans le concept du GT3 malgré les critiques de bon nombre de personnes. Pour parodier une publicité d’un constructeur français, « ça ne marchera jamais ». Lancée en 2006, la mayonnaise GT3 est vite montée si bien que l’on peut parler de phénomène de société en sport automobile. Il n’y a guère que Le Mans qui se refuse aux GT3 pour laisser le devant de la scène aux GTE. Au fil du temps, les GT3 sont devenues de vraies autos de course, toutes aussi affûtées les unes que les autres pour des courses de 24 heures. Ce qui était une voiture de course issue de la série est devenue en peu de temps une véritable bête de course. Les pilotes professionnels y trouvent leur compte tout comme les gentlemen.

 

Le championnat d’Europe FIA GT3 a laissé place à la Blancpain Endurance Series avec cinq meetings organisés cette saison comprenant une manche de 24 heures, une de 6 heures et trois de 3 heures. Et si maintenant la prochaine étape était un Blancpain World Endurance Series… Cette idée ne nous a pas été soufflée par SRO mais nous sommes en droit de nous poser la question sachant que plusieurs teams de renom nous ont confié qu’ils ne seraient pas contre l’organisation de deux manches lointaines avec une en Asie et une aux Etats-Unis. Après tout, il y a bien un championnat Blancpain Lamborghini Super Trofeo sur ces deux continents.

 

Nous avons profité d’un verre de l’amitié organisé chez Pro GT by Alméras pour avoir l’avis de trois parties : Laurent Gaudin (Manager Général Blancpain Endurance Series), Philippe Alméras (Team Principal Pro GT by Alméras) et Morgan Moullin-Traffort (pilote Pro GT à Spa). Pour nous, cette idée de championnat mondial coule de source afin d’attirer encore plus de teams de divers pays. « Sur le papier, l’idée est bonne » lance le Manager Général du championnat. « Cependant, il faut gérer un tas de paramètres dont le coût. Nous sommes passés à cinq meetings européens pour une question de coût malgré la présence d’une course de 6 heures. Pour cela, nous avons demandé l’avis des équipes. Mettre deux courses « overseas » n’est pas envisageable pour les équipes. »

 

« L’un des avantages de la Blancpain Endurance Series est que les meetings se situent en Europe » poursuit Morgan Moullin-Traffort, troisième des dernières 24 Heures de Spa (Pro-Am Cup). « Il ne faut pas oublier que dans chaque équipage évoluant en Pro-Am Cup se trouve au minimum un gentleman. Tous ces pilotes ont un vrai métier la semaine et il est donc compliqué pour certains d’entre eux de s’absenter trop longtemps. Les meetings sur deux jours sont parfaits car tout est concentré. De plus, le coût d’aller rouler à l’autre bout du monde n’est pas le même. Trouver des partenaires par les temps qui courent est beaucoup plus compliqué que par le passé. »

 

Philippe Alméras avance un autre argument bien louable : « Bien sûr que cela pourrait être intéressant d’aller disputer deux courses hors de la zone Europe mais il faut l’inclure dans un budget. Il serait possible de trouver des pilotes uniquement sur ces courses mais il y a un championnat à jouer. Il y a toute une logistique à déployer. Il faut pouvoir vendre un programme complet aux pilotes potentiels et ce type de courses augmenterait la facture. La majorité des équipes dispute un double programme pour amortir les autos. Les calendriers sont déjà bien remplis et les teams ne peuvent se passer de leurs voitures durant un mois. »

 

La solution serait alors de les expédier en avion. « Qui paie la note pour le voyage en avion ? » renchérit Laurent Gaudin. « Il faudrait trouver un partenaire titre qui accepterait de déplacer 60 autos, ce qui n’est pas possible. Rien que pour aller à Baku, il faut affréter plusieurs avions. Là on parle de 60 autos plus le matériel. Il n’est pas possible d’organiser une telle chose par bateau compte tenu du temps de transport. »

 

« Il est vrai qu’aller rouler par exemple à Abu Dhabi ne serait pas pour me déplaire » s’amuse Philippe Alméras. On pourrait alors sélectionner une partie des équipes pour limiter le nombre d’engagés et que seules les mieux classées de chaque classe aient le droit à deux bonus. L’avis sur la question de Laurent Gaudin est très tranché : « C’est quelque chose d’impossible en Blancpain Endurance Series. Dans le championnat, l’équipe qui roule en Gentlemen a le même traitement que celle qui joue les premiers rôles en Pro-Cup. Il n’est absolument pas question de faire du favoritisme. »

 

Il est vrai que la Blancpain Endurance Series pourrait prétendre à un label mondial mais déplacer un tel barnum hors d’Europe serait tout de même fastidieux. Voir le championnat en Argentine à San Luis nous conviendrait parfaitement mais il faut se rendre à l’évidence que c’est pour le moment du domaine de l’utopie. Le mot de la fin revient à Morgan Moullin-Traffort : « Cette année, les 24 Heures de Spa sont plus relevées que jamais. Voir autant de voitures d’une même catégorie par les temps qui courent relève du miracle. » Nous, notre miracle, on le verrait bien passer par une course à Suzuka et une à Road Atlanta…

 

Laurent Mercier

 

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