Avec la Ginetta-Zytek, les coupés Lola font figures de favoris en LMP2. Parmi eux se trouvent les deux voitures alignées par Racing Box, auteurs de très bons chronos durant les essais. C’est donc en toute logique que nous sommes allés à la rencontre de Paola Pavan, Team Manager de l’équipe italienne.
Paola, comment se présente troisième manche des Le Mans Series ?
« On espère réalisé une bonne course et nous pensons à avoir une bonne chance de décrocher un bon résultat, spécialement sur une épreuve de six heures où beaucoup de choses peuvent se passer. Les pilotes se sentent bien dans la voiture et nous n’avons pas rencontré de problème durant les essais. La difficulté est de découvrir le circuit. »
Etes-vous surprise par l’écart entre la Ginetta-Zytek et vos autos ?
« Non et pour deux raisons. La première, nous avons constaté depuis le début de la saison que la Ginetta-Zytek est compétitive. Par ailleurs, ASM est déjà venu ici et je pense que c’est une aide non négligeable. Pour nous, c’est une bonne chose que l’organisation ait ajouté une heure d’essais. Cela va nous donner plus de temps pour apprendre le tracé… »
Quel est l’objectif ?
« Gagner comme toujours ! Le plus important, c’est d’être dans les points. A Spa, nous avons vu que chacune de nos deux voitures pouvaient réaliser une bonne performance. Nos autos sont compétitives et la différence entre les pilotes ASM est importante. Donc avec les qualités de notre châssis, du moteur et des pneus, un podium est envisageable. »
De manière plus générale, quelle est votre ambition au championnat ?
« Depuis le lancement de ce programme, nous avons dépenser, de l’argent bien sûr, mais surtout beaucoup d’énergie pour bien figurer au classement. Nous voulons être dans les trois premiers à la fin de la saison. Mais le calendrier, certes identique pour tout le monde, n’arrange pas les choses : les trois prochaines courses sont relativement rapprochées. Donc si vous avez un problème sérieux, cela peut compromettre toutes vos chances pour la manche suivante. »
Quel est le bilan avant ces 1000km de l’Algarve ?
« La première épreuve, à Barcelona, a forcément été positive. Spa a été plus compliqué. La première voiture a eu un accident, tandis que la seconde a été disqualifiée. Je crois que c’était un peu trop dur compte tenu des circonstances. Après être passée sur un débris, conséquence du crash de Bruno Senna, un pneu a explosé et cela a endommagé notre auto. Nous étions en toute fin de course et nous ne pouvions pas réparer. »
Et votre sentiment sur Le Mans ?
« C’était notre première fois aux 24 Heures du Mans en protos. C’est absolument la plus belle épreuve, il n’y a pas de doute. C’est dommage d’avoir abandonné car nous étions en mesure d’obtenir un bon résultat. Mais certains de nos pilotes ne connaissaient pas le circuit et sont sortis de la piste. Cela a eu des conséquences sur la voiture, qui nous ont finalement contraint à abandonner. »
Après l’épisode Lucchini, c’était important de montrer vos qualités ?
« Oui clairement. Nous voulions prouver que nous sommes un bon team. Depuis 2000, nous courrons en GT. A l’époque de la Saleen, en 2007, nous n’avions pas eu de problème. Je pense que les organisateurs connaissent notre niveau : il n’y a pas de souci si nous avons des bonnes voitures. Donc nous voulions notre potentiel, mais aussi faire voir que malgré la crise, Racing regarde vers l’avenir et ne vit pas avec le passé. »
Y’aura-t-il d’autres courses au programme ?
« Pour être honnête, nous n’avons pas de sponsor pour l’Asian Le Mans Series et, sans sponsor, c’est impossible. C’est dommage car nous aimerions y aller, malgré les difficultés que cela peut représenter sur le plan logistique. Malheureusement, il y a 90% de chances que nous n’y serons pas. »
Et pour la prochaine saison ?
« Quelque part, c’est un peu pareil dans la mesure où tout dépend des budgets. Quand nous avons acheter les Lola, notre but était de nous investir dans la série, de montrer nos qualités, de bien faire les choses. La période est difficile, mais probablement que nous alignerons une voiture en 2010, peut être deux si nous le pouvons. Ce sera toujours en LMP2 et en Le Mans Series. »
Un bon résultat au championnat faciliterait certainement la réalisation de ce projet…
« Oui mais pas seulement. Je me répète, nous voulons bien faire les choses, dans de bonnes conditions. Nous voulons figurer aux premières places, pas dans le ventre mou ou en bas du classement. Si pour cela il faut dix trains de pneus, nous devons être en mesure d’avoir dix trains de pneus. Nous ne voulons pas venir si les meilleures conditions de sont pas réunies. »
Une dernière question : il y a quelques années, Valentino Rossi avait testé une de vos Maserati. A quand au volant de la Lola ?
« (rires) C’est vrai qu’il avait roulé lors d’une séance d’essais. Un de nos pilotes de l’époque le connaissait bien et l’avait invité sur des tests. L’opportunité de prendre la piste s’était présentée. Mais je crois que Valentino Rossi est concentré sur la moto et qu’il apprécie également le Rallye. Mais si il veut rouler dans la Lola, je promets de vous appeler ! »
Propos recueillis par Anthony Megevand