FIA GT Series

24H Spa : Analyse de la course en GT1.

thumbnail
0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Sur le papier, l’édition 2009 des 24 Heures de Spa pouvait paraître jouée d’avance. Avec trois Maserati MC12, le Vitaphone Racing avait de quoi voir venir. Pour contrer l’armada allemande, il ne restait que trois Corvette C6.R et il y a fort à parier que tous les bookmakers auraient misé sur le triomphe des hommes de Michael Bartels. Pourtant, il en a été tout autre et la mésaventure arrivée à Audi aux 24 Heures du Mans a ce coup-ci touché Maserati. Touché mais pas coulé car l’une d’entre elles termine tout de même sur la seconde marche du podium, Bartels/Bertolini limitant la casse au championnat. PK Racing a su se jouer de tout les pièges et éviter les embûches d’une course toujours aussi piégeuse, avec de la pluie, du brouillard et son lot d’accrochage. Mike Hezemans a de quoi fêter son anniversaire de la plus belle des façons, en compagnie de ses acolytes Kurt Mollekens, Jos Menten et le fidèle Anthony Kumpen. Rarement durant 24 Heures, la Corvette n°4 n’aura été éloigné de la tête de plus d’une minute…

 

Avec pour la première fois une attribution des points traditionnelle, le championnat est loin d’être joué et cette nouvelle distribution ne change finalement aucunement la donne puisque Kumpen/Hezemans auraient totalisé 43 points, contre 39 à Bartels/Bertolini. Longin/Ruffier seraient à 24 et Müller/Ramos à 17.5. Au lieu de cela, les vainqueurs de Spa comptent 32 unités et les champions en titre sont à une longueur de retard. Par contre, le trou est maintenant fait avec les poursuivants et il y a fort à parier que le titre se joue entre ces deux équipages.

 

Corvette : Il ne devait en rester qu’une..

 

Dès le départ, l’alternance était de mise avec une Maserati devant une Corvette, puis une autre Maserati devant une autre Corvette et enfin une MC12 devant une C6.R. Parité parfaite devrions nous dire et ce beau match à six nous aura tenu en haleine durant près d’une heure. Ces six « fous furieux » sont même restés en piste en slicks durant la première averse et le message était clair chez Maserati avant le départ : en cas de pluie, il fallait rester en slicks un maximum de temps. Parti de la pole, Alex Müller s’est vite fait déborder par les trois Corvette, dont celle du Sangari Team Brazil d’Enrique Bernoldi. Pour ses débuts en GT, le Brésilien a étonné son monde avec un premier relais digne d’un GP de Formule 1. Chaud lors de certains dépassements, Enrique semblait calculer les risques et il creusait l’écart jusqu’à la première averse. Mais c’était sans compter sur un Oliver Gavin étincelant qui plaça ensuite la Corvette SRT en tête à l’issue de la première heure avec un capital de 23 secondes. Les ennuis ont débuté dans la troisième heure pour le constructeur américain avec la grosse sortie de Roberto Streit dans le Raidillon, mystifiant la Corvette Sangari. Les ordres de l’équipe étaient pourtant de calmer le jeu mais le Brésilien est allé à la faute peu de temps après son entrée en piste. Dommage pour une auto qui pouvait jouer la gagne et dommage également pour Xavier Maassen qui décidément joue de malchance à Spa.

 

Si la Corvette PK partait dernière (7ème) des GT1, elle a vite retrouvé des couleurs, la « 4 » s’étant vite retrouvé dans le peloton de tête. Les deux C6.R restantes ont ensuite mené la vie dure aux Maserati jusqu’au petit matin. Le plus alerte des pilotes Chevy a sans conteste été Oliver Gavin, qui a fait le plus gros du travail sur la n°3, sachant que James Ruffier n’a pris le volant que dans la matinée, le champion FIA-GT3 en titre ayant peu roulé en essais. Durant la nuit, Gavin faisait parler la poudre avec des chronos de folie, dont un 2.15.423 mn, meilleur tour en course. Malhereusement, la mécanique en a décidé autrement dans la 21ème heure avec un problème de perte d’huile. C’en était terminé des espoirs de victoire pour le qutuor Gavin/Soulet/Longin/Ruffier, l’auto ne reprenant la piste que pour un ultime tour. Après les déboires de l’édition 2008, le team de Patrick Selleslagh avait la victoire en ligne de mire mais le destin en a décidé autrement. Les pilotes de la dernière Corvette survivante n’en demandait pas tant et Kurt Mollekens s’en allait cueillir une seconde victoire sur le toboggan ardennais. L’équipe de Toine Hezemans s’est tout de même fait une petite frayeur dans la matinée lorsque Jos Menten devait rentrer suite à un problème de pression d’huile. Pour le reste, les quatre pilotes ont connu une course tranquille, se contentant de mettre du carburant, de changer les pneus et les pilotes. L’équipe a également mieux gérer les safety, principalement le premier. Après la victoire à Oschersleben, la paire belgo-néerlandaise se relance au championnat. En début d’année, Anthony Kumpen avouait que le PK Racing était certain d’être présent jusqu’à Spa et sûr que ces deux victoires vont conforter le team à poursuivre la saison.

 

Maserati touché mais pas coulé…

 

Avant le départ, bon nombre d’observateurs voyaient déjà un quatrième sacre de la marque au Trident. Avec trois autos et des équipages de haut vol, Michael Bartels avait fait les choses bien, mais cela n’a pas suffi. Les problèmes ont commencé aux essais où avec l’averse les stands de l’équipe allemande ont commencé à inonder. Nous ne parlerons pas de naufrage en course car l’une des trois MC12 monte tout de même sur la 2ème marche du podium. Malheureusement, ce n’est pas l’une des deux en lice pour le championnat. Prudent en début de course, le Vitaphone Racing s’attendait à voir les Corvette partir sur un tempo de folie et prendre ensuite le meilleur en cas de problème. Rien de cela n’est finalement arrivé puisque le Vitaphone Racing s’est éliminé tout seul. C’est d’abord la n°1 de Bertolini qui est allé toucher la Porsche de Westbrook. Andrea a ensuite glissé sur une flaque d’huile et il aura fallu près de trois heures pour réparer une auto qui avait subi des dégâts à l’avant (notamment au niveau du pédalier) et à son retour en piste, elle était descendue dans les profondeurs du classement. Au final, Bartels/Bertolini/Sarrazin/Negrao héritent de la troisième place en GT1. Si besoin en était, Stéphane Sarrazin a une fois de plus fait état de son talent, aussi doué dans un proto que dans une GT. Après les déboires de la « 1 », tous les espoirs reposaient sur la n°2 de Müller/Lamy/Ramos/Van de Poele qui pointait en tête après 18 heures de course, mais le carillon des 10 heures marquait l’abandon du quatuor suite à une crevaison. La « 2 » devait rester à Blanchimont. C’est finalement la n°3 de Vosse/Pier Guidi/Rosenblad/Lémeret qui allait monter sur la seconde marche du podium. L’équipage a fait une course sage et ce n’est que dans la matinée que Stéphane Lémeret s’est défait de l’Audi R8 LMS pour la seconde place. Il aura manqué 11 tours pour décrocher la victoire, la « 33 » étant retardée lors d’un ravitaillement où l’auto a été descendue des vérins alors qu’il manquait une roue. De plus, Carl Rosenblad est allé se planter dans les graviers, perdant dans l’affaire cinq tours. Michael Bartels a pris l’heureuse décision d’engager une 3ème MC12 en soutien et bien lui en a pris. L’Allemand ne cachait toutefois pas sa joie à l’arrivée.

 

Une Nissan et une Ford au rendez-vous !

On aurait pu penser qu’engager deux autos aux spécifications 2010 dans une course de 24 heures était un pari perdu d’avance. Que nenni puisque la Nissan GT-R Nismo et la Ford GT Marc VDS Racing Team ont fait bien plus que se défendre. Déjà aux essais, la Ford GT de Leinders/Kuppens/De Doncker avait montré de belles choses avec le 6ème temps de la première qualification et le 3ème de la seconde. En course, la GT américaine aura rencontré plus de déboires avec un problème de boîte et de moteur dès la 1ère heure. Après un changement de moteur, la « 40 » a pu reprendre la piste. Une sortie de Bas Leinders à Rivage dans la barrière de pneus aura contribué à la sortie du safety car. Un nouveau problème de boîte aura de nouveau handicapé le trio belge mais la Ford GT aura bouclé 318 tours. Une bien belle performance pour une première ! Avec deux autos en 2010, le team de Marc Van der Straten a déjà emmagasiner un maximum de données en vue de l’avenir.

 

Tout comme l’Audi R8 LMS (nous vous en reparlerons), la Nissan GT-R peut être considérée comme la révélation de cette édition. Avec deux seulement deux courses disputées (Silverstone et Oschersleben), la GT-R la tâche ne s’annonçait pas évidente pour Nismo. Durant une bonne partie de la course, Krumm/Turner/Davidson se sont contentés de faire des arrêts prévus, l’auto et les pilotes tournant comme des métronomes. Sans ce problème moteur, la Nissan GT-R pouvait espérer monter sur le podium final. Au final, elle termine tout de même troisième en GT1 (sans marquer de points). L’équipe japonaise a sérieusement travaillé pour fiabiliser la bête et comme la Ford, les données enregistrées serviront à préparer 2010. Avant cela, l’auto sera de retour en course à Zolder pour la dernière manche de l’année.

 

Et maintenant place à 2010…

 

C’en est donc terminé des GT1 aux 24 Heures de Spa. Il semble que la majorité des équipes ait demandé à ce que la classique spadoise ne figure plus au championnat l’an prochain, épreuve dorénavant réservée aux GT2, GT3 et GT4. Est-ce la bonne solution ou pas, qui peut le dire ? Les faits sont là mais ceux qui se disaient que l’édition 2009 serait ennuyeuse se sont lourdement trompés, sachant que la course a été nettement plus disputée en GT1 qu’en GT2. Ah une dernière question ! Quel team a gagné ? PK Racing, Peka Racing ou PK Carsport ? On finit par s’y perdre mais au final, qu’importe…

 

Laurent Mercier

 

Publicité

0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Publicité

Sur le même sujet