Blancpain Endurance Series

Présent et avenir de la série Blancpain avec son Manager Général.

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Avec 73 GT3 attendues aux 24 Heures de Spa, le titre du film de la classique spadoise est plus que jamais « La Bataille des Ardennes ». En moins de trois ans, la Blancpain Endurance Series est devenue un franc succès avec comme point d’orgue les 24 Heures de Spa. C’est là que pourra se jouer le titre mais aussi se perdre vu que des points seront distribués en cours d’épreuve. Voir plus de 70 autos d’une même catégorie qui plus est dans une même course n’était guère pensable il y a encore quelques années. Si Stéphane Ratel a bu le calice jusqu’à la lie avec le World GT1, le Président de SRO a su rebondir grâce au championnat Blancpain, le tout en collaboration avec l’horloger suisse qui a cru dans le projet. Laurent Gaudin, Manager Général du championnat, a de quoi être ravi mais l’éternel insatisfait qu’il est veut encore faire progresser la série dans le futur. La saison 2014 devrait être dans la lignée de l’actuelle mais les questions pour le Manager Général sont multiples. C’est à l’occasion de la Journée Test des 24 Heures de Spa qui avait des allures de meeting vu le nombre de GT3 en piste que nous avons fait le point avec le concierge de la Blancpain Endurance Series comme il se plaît lui-même à le rappeler avec le sourire.

 

Laurent Mercier : 73 autos prévues aux 24 Heures de Spa, il y a de quoi être satisfait…

Laurent Gaudin : « Ce serait difficile de ne pas être content. Il faut s’attendre à un vrai sprint de 24 heures. Audi est bien présent et encore plus que par le passé. WRT n’est pas là pour rigoler avec comme mission de décrocher une deuxième victoire. Les autres équipes Audi ne seront pas en reste. La marque allemande a bien compris que cette année, la victoire allait être plus compliquée à aller chercher car les autres constructeurs sont bien là. Eux aussi veulent accrocher Spa à leur palmarès. Audi a mis en place une stratégie particulière au niveau des équipages. Les Total 24 Heures de Spa jouent dans la cour des grands. Aston Martin a été perturbé par le drame du Mans mais AMR apportera bien un soutien à GPR AMR et Beechdean AMR. Porsche est toujours à l’aise dans les Ardennes belges dix ans après l’incroyable victoire d’une N-GT parmi une meute de GT1. Il y aura quatre Porsche très proches de l’usine. Après avoir débuté à Spa il y a deux ans, McLaren veut maintenant s’imposer. Avec ART Grand Prix, Hexis Racing, Von Ryan Racing, il y a de quoi jouer les premiers rôles. Nous sommes satisfaits de voir Mercedes s’intéresser à l’épreuve que ce soit avec Fortec, Black Falcon ou ROWE. Ces équipes ne sont pas là pour faire de la figuration. Il était prévu de voir Schubert avec BMW mais le Marc VDS Racing a récupéré une troisième Z4 GT3 avec un équipage qui s’annonce redoutable. Même si les Lamborghini ne seront pas en surnombre, la performance vue en 2012 a de quoi donner de sérieux atouts au Blancpain Racing. Apparue l’année passée, la Nissan GT-R GT3 arrive maintenant à maturation et le nombre de têtes japonaises présentes chez JRM et RJN est un signe qui ne trompe pas. Dans le camp Ferrari, le Kessel Racing sera l’équipe à battre, le team de Ronnie Kessel étant en tête du championnat. Ils ne vont pas abandonner la tête si facilement que cela. Kessel Racing, c’est du lourd. »

 

En Pro-Am Cup, on s’achemine vers une course qui réunira les protagonistes du championnat. Là aussi c’est pour le moins disputé ?

« La classe Pro-Am Cup sera le deuxième match de la course avec des équipes qui comptent bien s’immiscer parmi les Pro-Cup. Le plateau ressemble à ce que l’on peut voir sur le reste de la saison. Il n’y aura pas de trouble fête. Cette année, le Pro-Am est encore monté d’un cran. La classe est très importante pour les constructeurs. »

 

Le Gentlemen Trophy est lui aussi monté d’un cran ?

« Pour Spa, la donne est claire : tous contre le Team SOFREV-ASP ! Il n’y a que des autos 2013 et le nombre d’engagés est en hausse. Tout reste ouvert pour le championnat sachant que l’équipe de Jérôme Policand arrive avec un capital points assez conséquent. »

 

D’autres marques sont attendues pour 2014 ? Des équipes ont déjà pris contact ?

« Il y a déjà Bentley qui va arriver et qui ne prend pas les choses à la légère. SRT Motorsports vient de présenter sa Viper GT3-R et on espère d’autres marques japonaises à moyen terme. Du côté des nouvelles équipes, certaines se renseignent déjà. Le team Speedcar est ravi d’être venu faire une pige au Paul Ricard avec pourquoi pas l’objectif de disputer en 2014 la Blancpain Endurance Series et le Championnat de France GT. Il y a aussi des contacts avec des équipes qui roulent notamment en ADAC GT Masters. »

 

Il faut s’attendre à des changements la saison prochaine ?

« Le calendrier 2014 sera dans la mouvance de l’actuel. Les circuits empruntés plaisent aux pilotes. Nous allons mettre l’accent sur les séries qui nous suivent afin de muscler les Blancpain Race Weekends. Pour le reste il y a des idées comme une manche en semi nocturne au Paul Ricard. Nous avons attiré plus d’équipes et de pilotes. Il faut maintenant attirer plus de spectateurs. Nous allons également travailler sur la réglementation. N’oublions pas que les évolutions sont gelées. Le format des qualifications est à l’étude. Notre force est de maîtriser tous les facteurs sauf le sportif. Il faut une proximité avec les clients. Certains d’entre eux ont demandé un débat et nous sommes à l’écoute. Par exemple, limiter le nombre d’engagés sur les meetings est une piste pour 2014 tout comme le timing des vérifications. Cela fait partie des réflexions. Même si ce n’est qu’une piste, nous pourrions passer à la mise en place d’une liste d’attente car les structures des circuits ne sont pas extensibles. »

 

Critiquée l’année passée, la classification des pilotes semble ne plus faire débat…

« On l’a voulue plus pointue et nous travaillons avec la FIA pour cela. On surveille de près les performances des pilotes. A titre d’exemple, certains pilotes se sont vus exclus de la classe Gentlemen. Sur les équipages à deux pilotes, on peut aussi rendre obligatoire le fait que le « Am » roule deux relais et non un seul. Pour nous, les Gentlemen ont le même traitement que les Pro et Pro-Am. On débute d’ailleurs la cérémonie des podiums par le Gentlemen Trophy. Sur le plan du pilotage, nous sommes démunis. Les GT3 sont bien pour les « Am » et les écarts avec les « Pro » se sont réduits de manière significative au fil des saisons. »

 

L’autre critique vient de la Balance de Performance où chaque marque voudrait tirer la couverture à ses pieds…

« Ferrari gagne à Monza, Aston Martin à Silverstone et BMW au Paul Ricard. CQFD ! Je pense que nous ne sommes pas loin de la vérité. Tout va être analysé pour voir s’il y a besoin d’un réajustement avant Spa. On a vu notamment que les Porsche étaient en retrait sur les deux derniers meetings. »

 

Pour sa troisième saison, la Blancpain Endurance Series arrive à maturation ?

« Moi je ne suis que le concierge de la série (rires). La Blancpain Endurance Series est devenue un championnat GT majeur en seulement trois ans. On arrive maintenant à maturation et cela passera forcément par une restructuration dans divers domaines à un moment où un autre. On est encore surpris de notre concept et même maintenant on peut s’émouvoir du retour des équipes. La marge de progression est encore importante. Spa, c’est un banc d’essais pour beaucoup de choses. »

 

Stéphane Ratel était à l’origine des LG Super Racing Weekends qui ont connu un grand succès. Ce concept de mixer GT, Tourisme et monoplace sur un même meeting pourrait être remis au goût du jour ?

« Des World Series by Blancpain ? L’idée est bonne. A Silverstone, nous avions avec nous l’Auto GP et cette présence a plu. Il n’est pas utopique de penser que l’on pourrait voir des disciplines totalement différentes sur les mêmes meetings. En sport automobile, qui n’évolue pas régresse… Il faut juste trouver les bonnes associations et disposer d’un espace suffisant pour accueillir tout le monde. Il faut savoir que Stéphane Ratel étudie toutes les pistes possibles. »

 

Et voir le championnat Blancpain en même temps qu’une série Le Mans qui elle aussi reste en Europe ?

« Les deux ont des formats de trois heures mais je pense que ce serait compliqué. Deux courses d’endurance le même week-end n’est certainement pas la meilleure chose. C’est compliqué pour le spectacle et la télévision. De plus, ce n’est pas évident pour le public de différencier une GTE et une GT3. Le credo n’est pas le même. »


On a eu dans le passé des invitations données aux champions FIA GT pour les 24 Heures du Mans. On pourrait voir la même chose à l’avenir avec les champions Blancpain ?

« Sur le papier, l’idée est très bonne car les équipes roulant en Blancpain méritent allègrement de participer aux 24 Heures du Mans. Ce serait une juste récompense par rapport à l’investissement des équipes. Cependant, c’est un autre milieu et un autre monde. Ce n’est pas à nous défenseurs du GT3 de promouvoir le GTE qui est une autre philosophie. »

 

Une course hors de la zone Europe est à l’étude ?

« Non car nous voulons avoir un coût maîtrisé. Sur les manches Blancpain Endurance Series, il y a 125 camions qui se déplacent. Il y aurait trop d’autos à faire voyager ou alors il faudrait un partenaire. »

 

Maintenant que le concept fonctionne bien en Europe, peux-t-on voir ce même concept sur d’autres continents sachant que Blancpain organise un championnat Lamborghini en Asie et maintenant aux Etats-Unis ?

« Joker ! Stéphane Ratel est un homme de conquête qui aime bien gagner des batailles. Il a toujours une idée qui sort du chapeau. Je doute qu’il reste endormi sur le championnat Blancpain longtemps. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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