Lundi 10 juin 2013 – 19h36, le téléphone sonne !! « Bonjour, c’est Laurent Chauveau d’Endurance-Info, je vous appelle pour le concours Thiriet by TDS Racing, pour que vous me confirmiez que vous serez bien au pesage lundi prochain !! » Réponse : « Si vous m’y invitez, j’y serai !! » Rendez-vous était pris à 10h45, place de la République avec David, l’attaché de presse de l’équipe pour une intégration immédiate d’une journée au sein du « Thiriet by TDS Racing ».
L’accueil est chaleureux, tout le monde semble ravi d’accueillir cet intrus d’un jour !! Xavier le team manager, Pierre, Ludo, Maxime les pilotes, Jacques le directeur technique, les mécanos, Samuel la nounou des pilotes (et de l’invité d’un jour !!) sans oublier Stéphane le photographe – Facebook-boy du team… pas un n’élude les questions et pourtant chacun de la quinzaine de membres que compte le « Thiret by TDS Racing » a un programme bien rempli pour ces derniers jours de préparation.
Premier contact place de la République où mon habit de lumière m’est remis, chemise et casquette aux couleurs du team et présentation des pilotes que je suivrai toute la fin de matinée pour les vérifications administratives (identité, licence, poids, photos officielles des pilotes). Le team Rebellion nous précède, Nico Prost et Nick Heidfeld sont là, dans le même Algeco que moi…ou plutôt je suis là, dans le même Algeco qu’eux…Il n’y a pas de doute, je suis un privilégié !
Signature après signature (officielles ou autographes), interview après interview (web-tv officielle et journalistes), photo après photo, les pilotes se soumettent à toutes les sollicitations et ce toujours avec le sourire et la bonne humeur. Les situations sont pourtant parfois cocasses et ont vite fait de transformer le pilote en « objet pilote » comme le confie Maxime Martin : « C’est fou, certains ne connaissent parfois même pas mon nom mais veulent me toucher ». Les pilotes des 24 Heures sont donc à n’en pas douter des « objets » de culte pour les observateurs avertis ou non de l’Endurance et perdent pour certains toute identité.
Pendant ce temps, les mécanos et Jacques Morello, le directeur technique, s’occupent de suivre la voiture qui, de son côté, est vérifiée de fond en comble par les commissaires de l’ACO dans le cadre des vérifications techniques. Tout le monde se retrouve au final derrière l’Oreca-Nissan du team pour la photo officielle et une série de photos souvenir.
13h30, la voiture a été remise sur sa remorque, l’équipe quitte le centre-ville du Mans et rejoint le circuit. Le déjeuner est pris au côté de Pierre Thiriet sous la tente de réception du team présente dans le paddock. Les sujets de conversation sont variés et instructifs : la difficulté d’identification des LMP1 qui surgissent à vive allure dans les Hunaudières alors que les rétroviseurs de la ORECA 03 Nissan n°46 vibrent sous l’effet de la vitesse et rendent tout juste identifiable le type de voiture qui suit : GT ou proto ? Les capacités de réparation d’une équipe telle que le « Thiriet by TDS Racing » en cas de crash important. On a en effet vu Ferrari ou Lotus reconstruire une voiture après la journée test. Une « petite » équipe comme « Thiriet by TDS racing » en a-t-elle les capacités ?…
En ce début d’après-midi, chacun vaque à ses occupations. Les pilotes sont partis faire une sieste réparatrice et préparatrice ou s’occuper de leurs invitations et accréditations personnelles pour le week-end à venir. L’équipe technique effectue les quelques manœuvres rendues nécessaires par les vérifications du matin (démontage du fond plat pour récupérer des plombs positionnés dans la partie basse de la mécanique notamment) et règle les derniers disfonctionnements (présence de techniciens de chez Oreca pour les derniers réglages sur le moteur), la logistique se met en place (récupération de vélos pour aller du box à la tente de réception, achat de pass auprès de l’ACO, préparation des combinaisons des pilotes et des logos devant y figurer…).
Quant à moi, je suis libre de me promener à ma guise entre les différentes installations de l’équipe et la pitlane où les voitures reviennent les unes après les autres des vérifications. Les équipes s’entrainent, chronomètres en main, aux changements de pneus, les mécaniciens de chez Corvette jouent avec un ballon de football américain, les pilotes vaquent à leur occupations sportives, l’un partant faire un footing alors qu’un autre préfère faire quelques kilomètres de vélo… C’est également l’occasion d’échanges en tête à tête avec les membres de l’équipe : avec Xavier Combet, le team manager et Laurent Mercier d’Endurance-Info, co-organisateurs de mon accueil de ce jour au sein du team, avec Ludo Badey, pilote de l’équipe, avec Jacques Morello sur certains aspects techniques de la voiture, avec Stéphane Brun sur les techniques photos qu’il utilise pendant les 24 Heures et sur la sécurité pour les photographes et autres personnes présentes dans la pitlane pendant la course…
L’après-midi est enfin l’occasion pour moi d’observer la ORECA 03-Nissan du team sous toutes les coutures. Cette voiture est impressionnante. Si de l’extérieur, elle parait, comme beaucoup de voitures de course, pas si parfaite que ça, avec des approximations parfois dans les décorations ou un volant qui parait avoir déjà réalisé de nombreux kilomètres, elle est mécaniquement magnifique. Les différentes pièces étant à elles seules des œuvres d’art qui sont optimisées pour les contraintes qu’elles recevront pendant les 24h de course. Oubliez les dessous de votre voiture de série constitués de caches plastique en tous genres et de métaux peu flatteurs, nous sommes ici dans le monde du carbone et de la mécanique de précision comparable au mouvement suisse d’une montre automatique..
La journée se termine par les entrainements filmés de changements de pneus, l’occasion pour moi de comparer avec les méthodes des autres écuries observées plus tôt dans l’après-midi. Les procédures sont différentes d’une écurie à l’autre et plus ou moins maitrisées. En tous cas, les boys du « Thiriet by TDS racing » ne semblent pas être les plus mauvais du paddock (en l’absence de chrono personnel, difficile d’affirmer qu’ils sont les meilleurs !)
Il est 20h30, l’heure pour moi de quitter le « Thiriet by TDS Racing », de remercier une nouvelle fois l’intégralité des membres de l’équipe pour leur accueil et de reprendre la route. Je serai pour sûr le premier de leurs supporters le week-end prochain, mais depuis les tribunes cette fois…
En conclusion, pour ma première intégration au sein d’un team participant à cette course mythique, j’ai trouvé dans cette structure ce qui, pour moi, fait le « Spirit of Le Mans ». Le « Thiriet by TDS Racing » est en effet, selon moi, une « petite » écurie, digne héritière des artisans de l’automobile française qui ont fait la renommée de cette course. Il faut des équipes officielles telles qu’Audi en LMP1 ou Aston Martin en GTE Pro pour faire rêver avec leurs magnifiques voitures et leurs stands à l’aspect de blocs chirurgicaux aseptisés. J’en suis le premier observateur et supporter quand ils annoncent leur participation. J’en suis le premier admirateur lorsqu’ils remportent la victoire après une lutte de 24h mais le « Spirit of Le Mans » n’est-il pas avant tout une question d’hommes, de sueur et de mécanique parfois approximative ? Chez « TDS », ça respire la sueur de l’effort qui poussera, je l’espère ce sympathique team, sur la plus haute marche du LMP2 cette année….
Fabien Forest