Le Mans

Benoît Tréluyer : "Terminer c’est aussi une victoire !"

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Si la chance a choisi son camp dimanche dernier dans la Sarthe, Benoît Tréluyer, André Lotterer et Marcel Fässler peuvent être fiers de leur participation 2013. Une édition endeuillée qui rappelle qu’aux 24 Heures, voir le drapeau à damier, est déjà une victoire…

 

Benoit ne connaissait pas Allan Simonsen, mais au moment de dresser le bilan de ses « 24 Heures », c’est le souvenir du pilote danois décédé dans son Aston Martin peu après le départ de l’épreuve qui s’impose à lui.

 

« Avec le temps, lâche-t-il le ton grave, tellement les voitures sont devenues sûres, nous avions fini par oublier que le sport automobile pouvait être fatal ! Avant de prendre mon relais, j’avais demandé à Leena, mon ingénieur, comment allait-il, mais il n’y avait pas encore de nouvelles. Par contre, quand j’ai passé le volant à Marcel (Fässler), le Docteur Ullrich m’a aussitôt pris à part pour m’annoncer la mauvaise nouvelle. Il ne voulait pas que je l’apprenne par hasard. Cela n’a pas été facile à entendre ! Ce drame n’est pas seulement ce que je retiendrai de cette édition, mais il relativise la défaite ! Terminer l’épreuve, c’est déjà une victoire ! »

 

Si remonter dans la voiture ne fut pas un problème pour le Français, ce n’est vraiment qu’après l’arrivée qu’il réalisa pleinement.

« En course, tu es dans un état un peu second. Tu es choqué, mais tu restes concentré. Tu y penses quand tu attends le moment de remonter dans la voiture, mais ce n’est vraiment qu’après l’arrivée que cela te prend, quand la pression retombe. Je me suis retrouvé seul dans un coin à ranger mes affaires et c’est à ce moment-là que cela m’a submergé. Je ne l’avais jamais rencontré, mais il faisait parti de notre petit monde. Je sais que Tom (Kristensen) était un ami proche, qu’Oliver (Jarvis) le connaissait bien aussi puisqu’ils avaient été équipiers. C’était un jeune papa, c’est dur. Je pense à sa famille, à ses amis… »

 

Il y eut aussi une course dans la Sarthe dont Benoit et ses équipiers étaient les leaders avant de tomber à la 21e place à la 8e heure.

« Qu’il s’agisse des mécanos, des ingénieurs et des pilotes, je pense que nous avons fait du bon boulot, seulement dans « sports mécaniques », il y a « mécanique » ! Tu as beau être le mieux préparé, avoir la voiture la plus rapide et la plus fiable, il peut toujours arriver quelque chose. L’alternateur, c’est une pièce qui enchaîne les tests d’endurance sans le moindre problème… Il ne lâche jamais ! Il a dû y avoir un concours de circonstances que l’analyse de la pièce mettra à jour. Comme nous le disions avant la course, pour gagner, il faut aussi un peu de chance. Elle nous a manqué cette année, mais il faut avoir des défaites pour savourer les victoires ! Nous avions tout, sauf ce petit quelque chose que tu ne contrôles pas et qui fait pencher la balance dans un camp ou dans un autre. »

 

Un autre camp qui reste toutefois celui d’Audi pour la plus grande satisfaction du natif d’Alençon.

« Même si ce n’est pas notre voiture qui a coupé la ligne la première, nous avons tout de même gagné et c’est le principal. Loïc (Duval), Allan (McNish) et Tom (Kristensen) ont fait du bon boulot durant toute la semaine. Ils ont fait la pole, ils ont bien géré leur course et ils méritent leur victoire. L’an passé, Loïc et ses équipiers d’alors, Romain Dumas et Marc Gené, avaient été les plus rapides, mais les circonstances de course avaient fait que… Cette année, c’est le scénario inverse qui s’est produit. Je suis content pour Loïc qui tient sa première victoire dans la Sarthe ; pour Allan qui s’investit beaucoup dans le team et qui a souvent été malchanceux ces dernières années et pour Tom, bien sûr, qui bosse aussi comme un fou et qui n’a pas eu une année facile avec le décès de son père et la perte d’un ami. Cela m’a fait plaisir de les voir sur le podium des 24 Heures. »


Si la plus haute marche de ce dernier ne les accueille pas une troisième année de suite, il leur reste celle du Championnat du Monde d’Endurance à aller chercher…

« Nous avons attaqué comme des fous pour marquer le plus de points possibles, et nous prenons finalement la 5e place. C’est vrai que la victoire au Mans vaut double, mais il reste cinq manches à disputer et nous sommes tous sur-motivés. Nous allons tout donner pour remporter toutes les courses et nous verrons où nous en sommes en termes de points. »

 

Privés de victoire dans la Sarthe, Benoît, André et Marcel espèrent renouer avec la victoire sur un air de Samba à Sao Paulo, le 1er septembre.

 

Source : Benoît Tréluyer

 

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