Le destin a voulu que cette 90e édition des 24 heures soit conditionnée par une météo particulièrement incertaine. La première des nombreuses averses s’est déclarée juste avant le départ. Mais la principale difficulté, c’est que ces pluies, la plupart du temps faibles et passagères, étaient assez vicieuses pour n’investir qu’une portion du grand tracé sarthois, compliquant le choix et la gestion des pneus. Au troisième tour, Franck Mailleux et la Morgan-Judd #43 occupaient la 10e place absolue et la 3e des LMP2. Tout près dans le sillage de l’Oreca G-Drive #26, le pilote de Morand Racing partait en tête-à-queue après avoir légèrement placé ses roues extérieures sur le vibreur peint avant la dernière courbe à droite du Tertre Rouge. Maîtrisant bien son 360° sur la piste, Franck perdait dix places de catégorie dans cet incident, qui allait devenir le seul réel contretemps de toute la course pour l’équipage de Morand Racing. Malheureusement, une trentaine de secondes après Franck, au moment où le peloton des GT arrivait au Tertre Rouge, une Ferrari d’abord, puis l’Aston Martin d’Allan Simonsen se faisaient piéger sur le même vibreur humide. Trois heures plus tard, hélas, les officiels annonceront le décès du valeureux pilote danois. Désormais, une part de tristesse restera à jamais gravée dans le souvenir de cette édition 2013.
Après sa mésaventure, finalement chanceuse, la Morgan de l’équipe suisse entamait une remontée régulière. Natacha Gachnang relayait Franck Mailleux et conservait le bon rythme. A 18h40, Olivier Lombard s’installait dans la #43, qui occupait la 12e position du LM P2. L’équipe modifiait sa stratégie pour passer à des triples relais, à l’exception du double de nuit pour Natacha. Olivier passait plus de trois heures au volant et revenait au stand à la 10e place, après avoir aligné des chronos comparables à ceux des leaders de la catégorie. Néanmoins, l’intensité de la course était ponctuée par la multiplication des interventions des trois “safety cars”, faisant parfois perdre du temps de façon aléatoire, notamment à ceux en train de ravitailler et devant attendre le feu vert pour revenir en piste. Mais rien ne venait déstabiliser le trio de pilotes choisi par Benoît Morand et Joe Genoud. Pas même la petite alerte passagère de pression d’essence engendrant un changement de filtre à essence. Une fois les écarts de la hiérarchie bien établis, l’équipe se permettait même de réduire le régime d’utilisation maxi du moteur Judd. Après avoir parfaitement surmonté, à un peu plus d’une heure du but, la dernière grosse averse venue semer l’ultime trouble, Natacha Gachnang, unique femme à atteindre l’arrivée cette année, avait l’honneur d’atteindre le drapeau à damier en 12e position générale et 6e place des LM P2, à 9 tours de la Morgan Oak victorieuse. Ce résultat constitue véritablement une belle récompense pour la première participation de Morand Racing. Le team helvétique, rappelons-le, était issu de la liste initiale des invités suppléants. Sa prestation qui a au passage mérité l’estime de Jacques Nicolet, sans doute fier de la compétitivité d’équipes et pilotes clients de Onroak.
Pour Olivier, même s’il a connu les fastes de la victoire dès sa première expérience mancelle en 2011, la satisfaction est à la hauteur du tout autre contexte de cette édition : « En termes de conditions météo et de pilotage, c’était sans doute les 24 Heures les plus difficiles que j’ai disputées. Mais pour moi celles de l’an dernier avaient été plus stressantes. Tous les membres du Morand Racing se sont montrés autant efficaces que sereins et il a régné une super ambiance. Je suis également content, pour ma troisième participation, ne pas avoir abandonné une seule fois, et d’obtenir un bon résultat. Je tiens à remercier tous mes partenaires qui m’ont suivi et soutenu tout au long de l’épreuve. »
Olivier, du haut de ses 22 ans et deux mois, est toujours l’un des tout jeunes pilotes engagés aux Heures du Mans, et a une nouvelle fois confirmé autant de rapidité que de fiabilité. Le sérieux avec lequel il s’est préparé et investi dans son troisième double tour d’horloge manceau démontre encore son niveau de professionnalisme déjà atteint. Son programme sportif en Endurance pourrait se poursuivre sur des épreuves du World Endurance Championship ou de l’European Le Mans Series. Parallèlement, ses participations actuelles en Porsche Carrera Cup France contribuent à sa formation de pilote d’Endurance. Rendez-vous est donné pour ses prochains départs sur le circuit italien du Mugello, les 6 et 7 juillet.
Source : Olivier Lombard