On ne peut pas dire que la semaine mancelle de Stéphane Choose a été de tout repos suite à l’imbroglio qui l’oppose à Kodewa. Le concepteur des LMP2 alignées par Lotus Praga LMP2 a tout de même suivi la progression de ses « bébés » car il ne faut surtout pas oublier que ces T128 sont l’œuvre de ADESS AG basé à Munich. On ne reviendra pas sur le volet judiciaire de l’affaire même si nous avons un avis personnel bien tranché sur le sujet. La LMP2 construite par ADESS fait figure d’épouvantail dans une catégorie LMP2 plus relevée que jamais. Il suffit d’écouter les spécialistes pour comprendre que l’auto est bien née et aboutie sachant qu’elle manque cruellement de développement et d’essais. Stéphane Choose ne compte s’arrêter en si bon chemin puisqu’il est déjà tourné vers 2014 en proposant une LMP1. Il était donc important de faire le point avec lui sur ce projet mais aussi sur cette LMP2 apparue pour la première fois aux Essais Officiels FIA WEC du printemps dernier.
Laurent Mercier : On sent bien qu’il manque peu de choses pour que cette LMP2 fasse jeu égal avec la concurrence. C’est aussi ton avis ?
Stéphane Choose : « Le potentiel est bien là. Il fait juste du développement et des essais. Il ne faut pas oublier que les premiers tours de roues ont eu lieu au Castellet avant des débuts en compétition à Silverstone pour l’ouverture du FIA WEC. Quelques semaines avant Spa, il y a eu un test en ligne droite plus une journée d’essais à Adria en guise de préparation aux 24 Heures du Mans où était présent une personne d’ADESS AG. Il était obligatoire de disputer un minimum de 5000 km avant la première course. Le travail de fond n’a pas été fait. Tant que ce travail n’est pas réalisé, il est difficile de prouver le potentiel de l’auto. Les chiffres donnés en soufflerie sont bons. On sait ce que vaut le niveau en LMP2 et il faut respecter nos adversaires qui sont là depuis plusieurs années. La catégorie LMP2 est un champ d’action très compétitif. Si des tests sont effectués, cette auto ira très vite. Elle respecte à la lettre le « coût maîtrisé » avec la mise en place d’un kit spécial Le Mans qui comprenait des ailes avant spécifiques pour cette course. Cette LMP2 est la seule vraie nouveauté du plateau. Il faut maintenant montrer que l’auto est rapide, ce qui prouvera le sérieux d’ADESS. »
L’objectif est d’en vendre ?
« Bien entendu mais il faut pour cela régler les problèmes. A l’heure actuelle, il n’y a plus aucune relation avec Kolles. »
Tu es maintenant tourné vers le projet LMP1. Un gros challenge en perspective…
« Le programme est bien en route, l’étude étant quasiment terminée. Nous sommes maintenant dans une position d’attente où nous cherchons une seule équipe pour la faire rouler. Nous avons bien conscience de la situation économique. Il faut suffisamment de ressources pour développer une LMP1. La prochaine étape est de trouver des gens intéressés par ce projet ambitieux. Nous restons ouverts à toute association sérieuse pour financer le projet avec l’assurance de garanties. Nous sommes capables de produire l’auto avant de boucler une batterie d’essais pour gommer les problèmes de jeunesse que peut avoir une nouvelle LMP. Il faut un gros investissement humain avant le lancement de la saison. »
Propos recueillis par Laurent Mercier