On attendait une amélioration des chronos lors de la deuxième journée d’essais qualificatifs des 24 Heures du Mans mais Loïc Duval a gardé son bien et c’est l’Audi R18 e-tron quattro #2 qui s’élancera de la position de tête ce samedi 15 heures. Le 3.22.349 du mercredi n’a donc pas été battu même si André Lotterer s’en est rapproché en fin de séance ce jeudi en tournant en 3.23.696. On peut clairement dire que les tricolores ont brillé pour cette édition du 90ème anniversaire puisque Olivier Pla s’est adjugé la pole en LMP2 au volant de la Morgan LMP2 du OAK Racing. En GTE-Pro, le plus véloce a été Fred Makowiecki sur l’Aston Martin Vantage GTE #99, le Néo-Perpignanais améliorant son chrono de la veille. Il n’y a guère que la catégorie GTE-Am qui a échappé à un Français puisque la pole revient à Allan Simonsen sur une des deux Aston Martin Vantage GTE. On aimerait d’ailleurs bien voir ce que donnerait un équipage Duval/Pla/Makowiecki.
Comme hier, la pluie s’est invitée sur le circuit sarthois dès le début de séance. Trois neutralisations sont venues émaillées ces quatre heures d’essais, une première suite à une sortie sans gravité de la ORECA 03 du Boutsen Ginion Racing (Matt Downs). La séance a du coup repris à 21h30 au lieu de 22h. A une heure du terme, c’est la Porsche 911 GT3-RSR/IMSA Performance qui a été la cause de la sortie d’un drapeau rouge. Christophe Bourret s’est fait surprendre à l’approche du 1er Ralentisseur par une LMP2 qui a freiné trop tôt. Quelques minutes plus tard, c’est la HPD ARX-03c/Strakka Racing de Jonny Kane qui est parti à la faute. Du côté des autos qui n’ont pas du tout roulé, on note la ORECA 03 du Thiriet by TDS Racing. Le team reconstruit actuellement l’auto sur la base d’un châssis neuf. Ce n’est que dans les ultimes instants que la Ferrari F458 Italia du Krohn Racing a pris la piste. Là aussi, le châssis est neuf. Quant à la Zytek Z11SN/Greaves Motorsport aux couleurs Caterham, elle a roulé normalement ce jeudi.
Les améliorations se sont quasiment toutes faites dans les derniers instants. Les trois meilleurs chronos reviennent aux Audi R18 e-tron quattro avec dans l’ordre la #2 de Duval/McNish/Kristensen devant la #1 de Lotterer/Fässler/Tréluyer et la #3 de Jarvis/di Grassi/Gené. Lucas di Grassi a bien essayé de tout donner durant la nuit mais le Brésilien a finalement été convoqué par la direction de course pour conduite dangereuse. Sur les deux journées d’essais, à aucun moment les deux Toyota TS030 HYBRID n’ont pu jouer un quelconque rôle pour aller chercher la pole. Les deux TS030 HYBRID sont restées bien sages derrière les Audi. C’est finalement la #8 de Stéphane Sarrazin qui a été la plus rapide des Toyota en 3.26.654 contre un 3.26.676 à Kazuki Nakajima. Depuis la Journée Test, on a vu des pilotes Audi très incisifs avec des R18 qui ont quasiment toujours trusté le tierce de tête. Cependant, les essais restent les essais et nous aurons déjà un premier aperçu du match Audi/Toyota samedi à l’issue du premier relais. Dans le camp des équipes privées, Neel Jani a été le plus rapide sur la Lola-Toyota #12 du Rebellion Racing, le Suisse tournant en 3.28.935. Pour l’anecdote, Soheil Ayari a été promu pilote de réserve du Toyota Racing.
Jamais depuis les débuts du OAK Racing aux 24 Heures du Mans on avait vu une monture du team de Jacques Nicolet en pole et c’est désormais chose faite. OAK Racing doit sa première pole mancelle au top gun Olivier Pla qui a mis tout le monde d’accord dans les derniers instants de la séance. Avec un 3.38.621, le Toulousain a détrôné John Martin (G-Drive Racing) de la place de leader. On aura donc une 1ère ligne Morgan/ORECA. Moins à son aise mercredi, Oliver Turvey a rectifié le tir le lendemain sur la Zytek Z11SN du Jota Sport en s’octroyant le 3ème temps de la catégorie devant un très bon Franck Mailleux sur la Morgan LMP2 du Morand Racing. Tout reste ouvert dans cette catégorie LMP2 où une bonne partie du plateau peut s’imposer. On surveillera de près l’Alpine A450/Signatech-Alpine de Panciatici/Gommendy/Ragues et la Morgan LMP2/KCMG de Imperatori/Tung/Dowson. Pour ses débuts au Mans, Alexandre Imperatori répond présent et ses coéquipiers ne sont pas en reste.
Duel Mücke-Makowiecki en GTE-Pro puisqu’à quelques minutes du terme, Stefan Mücke détrônait Fred Mako de la pole décrochée la veille, mais le pilote de l’Aston Martin Vantage GTE #99 ne s’en est pas laissé compter et Mako reprenait son bien dans la foulée pour ne plus le quitter. Trois participations aux 24 Heures du Mans pour Fred Mako et deux pole à son actif. Le Néo-perpignanais s’affirme de plus en plus comme l’un, si ce n’est le meilleur pilote GT au monde. On trouvera sur la deuxième ligne la Porsche 911 RSR/Porsche AG Team Manthey de Lieb/Dumas/Lietz et la Ferrari F458 Italia/AF Corse de Bruni/Fisichella/Malucelli. Il n’y a guère que les Corvette C6.R et Viper GTS-R/SRT qui ne sont pas dans le coup pour le moment. Oliver Gavin explique cette contre performance est en partie due aux nouveaux pneumatiques que les GTE-Pro ont utilisées à Spa-Francorchamps, où étaient absentes les Corvette et Viper.
Aston Martin s’est offert également la pole du GTE-Am avec Allan Simonsen qui a été le plus rapide mercredi et jeudi. Le Danois a pris l’ascendant sur la Porsche 911 GT3-RSR/Proton Competition de Paolo Ruberti. La deuxième Vantage GTE sera en deuxième ligne avec à ses côtés la Ferrari/AF Corse de Marco Cioci. A noter le 5ème chrono de la Porsche 911 GT3-RSR/ProSpeed Competition de Manu Collard et de ses compères François Perrodo et Sébastien Crubilé. Les deux Corvette du Larbre Compétition sont en dehors du Top Ten mais le team s’est concentré à régler ses autos pour la course. Idem chez IMSA Performance Matmut.
Il va maintenant falloir prendre la calculette pour savoir si les 168 pilotes ont tous passés les minimas de qualifications. 121 pilotes ont été chronométrés sur la session nocturne du jeudi. Les chronos de la séance 2 sont ici et 3 là.
Laurent Mercier