Le Mans

Présent et avenir du Groupe ORECA avec Hugues de Chaunac.

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Cela fait maintenant 40 ans que ORECA fait partie du paysage du sport automobile en général. Il n’y a guère que la Formule 1 où le groupe dirigé par Hugues de Chaunac n’a pas crevé l’écran. Pour le reste, on a vu avec succès la structure varoise dans beaucoup de disciplines aussi diverses et variées que : Endurance, Rallye, Rallye-Cross, Trophée Andros, Tourisme et bien d’autres encore. On est loin de la petite entreprise du début, le Groupe ORECA étant maintenant composé de 200 personnes. Avec huit châssis engagés cette année aux 24 Heures du Mans dans la catégorie LMP2, ORECA est également impliqué dans le programme du Toyota Racing, sans oublier les Formula Le Mans dont le succès outre-atlantique n’est plus à démontrer. Hugues de Chaunac et son équipe ne sont pas du style à rester les bras croisés si bien que divers projets sont en gestation dans les ateliers varois. Le Rebellion Racing a choisi ORECA pour construire la R-One. On sait que ORECA étudie toujours une possible arrivée en United SportsCar Racing avec une DP sachant qu’il va aussi falloir penser à trouver une descendante à la Formula Le Mans. Il est aussi prévu de construire un petit prototype CN. De quoi avoir plusieurs sujets de discussions avec le président du Groupe ORECA.

 

Laurent Mercier : Déjà 40 ans pour le Groupe ORECA. Quel est votre sentiment sur cette longévité ?

Hugues de Chaunac : « Ces quarante années sont passées très vite. C’est pour moi un sentiment de fierté pour tout ce qu’on a réalisé jusqu’à présent sur le plan sportif avec bien des victoires et des titres. Dans toutes les disciplines où ORECA a été présent, il y a eu pas mal de succès. On a gagné en rallye, circuit, Andros, rallye-raid, endurance. C’est assez unique. Nous sommes fiers de cette réussite sportive mais aussi d’avoir su développer des activités commerciales qui ont permis de se développer et de pérenniser l’entreprise. Ceux qui n’ont pas pris ce chemin n’ont pas tenu. Nous avons eu la sagesse de le faire. Si je remonte 20 ans en arrière, lorsque nous n’avions pas cette notoriété, les mauvaises langues ont dit que l’on se dispersait trop. Je pense que cela m’a finalement donné un coup de boost supplémentaire pour montrer que ces mauvaises langues avaient tort. J’étais convaincu qu’il fallait se diversifier. Finalement, 40 ans, c’est peu et beaucoup à la fois. L’entreprise est saine et compte une très forte présence en compétition, et notamment en Endurance, que ce soit avec Toyota, les ORECA 03 en LMP2 et les LMPC. »


Il y a maintenant le programme Rebellion avec la R-One. Un autre challenge…

« Nous ne sommes qu’au début de l’étude. Nous ne pouvons qu’être fiers d’avoir été choisi par le Rebellion Racing pour ce projet LMP1. Aujourd’hui, nous sommes plus que jamais en Endurance même si on regarde vers d’autres disciplines, aussi bien en circuit qu’en rallye. On a déjà beaucoup de choses à faire avec la volonté de s’internationaliser le plus vite possible. C’est le leitmotiv général. »

 

Les Etats-Unis sont une piste avec le United SportsCar Racing ?

« On regarde ce qui se fait aux Etats-Unis pour le futur avec deux sujets en cours : LMPC et DP. Il faut voir comment nous allons pouvoir faire évoluer les LMPC qui vont arriver à bout d’homologation. Cependant, la catégorie fonctionne toujours très bien car nous venons de vendre deux nouveaux châssis le mois dernier. Il va aussi falloir étudier de près le nouveau règlement. Cette diversification technique nous intéresse. Selon moi, c’est une bonne chose que d’avoir réuni les deux. L’union fait la force ! Nous aurons deux beaux plateaux qui vont se transformer en un splendide. Le calendrier se veut exceptionnel et l’une des forces est d’avoir la NASCAR. Ce n’est pas seulement un atout de plus mais aussi un gage de qualité. Pour nous, une possible présence en USCR dans la catégorie DP pourrait se faire à l’horizon 2015/2016. Nous sommes toujours sur des plans de trois ans. Il est important d’avoir des projets. Ce qui fait plaisir, c’est la considération d’ORECA à tous les niveaux. La structure est reconnue pour son professionnalisme et son efficacité. Je dis cela sans aucune prétention car c’est ce que je ressens autour de moi. »

Quid d’une future LMPC ?

« On y réfléchit ! Il est possible de voir à l’avenir une auto quelque peu différente même si rien n’est arrêté pour le moment. L’objectif est toujours le même : réduction des coûts ! La coque actuelle provient d’une LMP2 et on ne veut pas une auto qui coûte trop cher. La future LMPC pourrait être fermée. »

 

Et le proto CN ?

“Il est toujours dans les cartons. Le projet est bien là. ORECA, c’est 200 personnes qui travaillent à plein temps dans différents domaines. »

 

Est-ce un regret pour vous de ne pas avoir percé en Formule 1 ?

« Absolument pas ! La Formule 1 est quelque chose qui ne m’attire pas. C’est un monde industriel où il faut de très gros moyens. Seules quelques équipes parviennent à jouer le haut de l’affiche. ORECA n’a pas sa place dans cette équation. Le monde fermé de la F1 ne correspond pas à l’image de l’entreprise. Je reste un passionné de challenge et de défi. »

 

Vous planchez également sur une future LMP2 ?

« Il faut tenir compte de la situation économique qui n’est guère florissante. La ORECA 03 est une auto compétitive et fiable mais on reste à l’écoute de nos clients et des équipes. Il est prématuré de sortir une nouvelle LMP2. On y regarde à l’horizon 2015/2016. Il y a un bon équilibre en LMP2. On se croirait revenu à la F3 de la grande époque. »


Quelle est votre vision de l’Endurance ?

« Au fil des années, tous les sport ont évolué et l’Endurance n’y échappe pas. A l’époque on calculait le temps que l’on allait passer aux stands. Maintenant, un arrêt en trop vous condamne. Dans les années 80, nous étions là avec une caravane Trigano et un parasol. J’aurais un tas d’anecdotes à raconter sur cette période. Je ne dis pas que c’était mieux avant car je suis quelqu’un qui regarde devant. Il faut savoir s’adapter à son époque. Seule la victoire m’intéresse. Je suis confiant sur le nouveau règlement 2014 sachant qu’il y a en plus un Championnat du Monde d’Endurance. Le Mans c’est comme Wimbledon ou Roland Garros au tennis. C’est le must et l’incontournable. Le Mans, c’est le mythe. Les constructeurs privés ont une belle carte à jouer à l’avenir. Il y a une vraie opportunité de briller. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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