Cette année, Darren Law a fréquemment été sous les feux de la rampe, avec sa victoire à bord de la Riley Porsche n°58 du Brumos Racing en compagnie de David Donohue, Antonio Garcia et Buddy Rice, lors des 24 Heures de Daytona et sa sortie de piste lors des 24 Heures du Mans avec la Porsche 997 RSR du Flying Lizard Motorsports. Darren est un pilote de talent, dur au mal et un farouche combattant. Pourtant, il est méconnu en Europe. Il a gentiment accepté de répondre à quelques questions.
Tout d’abord, Darren, vous êtes né à Toronto. Mais êtes-vous canadien ou américain? Ou les deux?
En réalité, je suis citoyen américain et non canadien. Mes parents voyageaient à travers les Etats-Unis et le Canada à l’époque où je suis né. Mon père travaillait pour le Penske Racing en tant que mécanicien de Mark Donohue. Je suis né alors qu’ils étaient sur la route et ça s’est produit au Canada, mais je n’ai jamais vécu là-bas, je suis resté aux Etats-Unis toute ma vie.
Je crois que vous avez couru en Europe au début de votre carrière. Dans quelles disciplines et pendant combien de temps avez-vous couru en Europe? Quand vous étiez en Europe, êtes-vous venu au Mans en tant que spectateur?
Oui, j’ai vécu en Angleterre pendant un an et j’ai couru en monoplace. J’ai couru en Formule Ford et en Formule Renault en 1991. Cependant, je n’ai jamais été au Mans avant cette année.
Vous avez remporté les 24 Heures de Daytona 2009. Pouvez-vous nous dire quelques mots à propos de cette course et de cette victoire? Alors que ce fut une course très disputée, avec quatre voitures pratiquement roues dans roues, étiez-vous néanmoins confiant quant à la victoire?
Oui, ce fut une course étonnante. Cela a tellement d’importance, à la fois pour moi et pour le team. C’était très disputé. Nous avions bien commencé et réalisé la pole position mais d’un dixième de seconde seulement. Ce championnat est très compétitif. Après avoir été devant pendant la plus grande partie de la nuit, un de mes coéquipiers à fait une petite sortie de route vers trois heures du matin et a dû rentrer au stand pour réparer le museau de la voiture. Nous nous sommes battus pour remonter à l’avant après avoir été à deux tours des leaders. Ensuite, ces quatre voitures qui se battaient pendant la dernière heure roues dans roues, c’était tout simplement étonnant. Mes coéquipiers et moi-même, nous étions assis à l’extérieur du stand et nous ne pouvions même pas regarder ça. Le team a fait un travail magnifique, nous quatre avons attaqué à chaque tour pendant 24 heures et les choses se sont bien terminé.
Vous aviez obtenu quelques beaux résultats dans les trois premières manches de la Rolex Series, et depuis Laguna Seca, c’est plus difficile. Est-ce dû aux restrictions imposées aux DP à moteur Porsche (moteur et boîte) ? Pensez-vous que cela ira mieux pour le restant de la saison?
Oui, lors des trois premières courses, nous avons terminé 1er, 2ème et 4ème et oui c’est certain, nous avons été pénalisés par les restrictions que les organisateurs ont infligées aux prototypes à moteur Porsche. C’est malheureux car cela nous pénalise vraiment du point de vue de la compétitivité. La compétition est très vive dans ce championnat mais la plupart des restrictions nous ont été enlevées, aussi les choses vont mieux et je pense que nous serons compétitifs pour le reste de la saison.
Que pouvez-vous dire au sujet de votre coéquipier habituel en Grand-Am, David Donohue? De João Barbosa et de JC France, eux aussi pilotes du Brumos Racing?
Mon partenaire attitré David Donohue est quelqu’un de formidable. Très sincère, un grand pilote, nous travaillons très bien tous deux. C’est aussi super de travailler avec João et JC. Nous sommes réellement de très bons amis sur les circuits et en dehors et nous passons beaucoup de temps ensemble. Comme vous le savez, João court en Europe également et il va toujours vite.
Vous courez dans la Rolex Series avec le Brumos Racing et en ALMS avec le Flying Lizard Motorsports, est-ce vraiment dur de faire les deux championnats?
Oui, c’est parfois difficile. J’aime vraiment les deux championnats. Ce qui rend les choses difficiles, c’est quand il y a des courses le même week-end. Parfois, je suis obligé d’en manquer une ou alors, comme le mois prochain, je vais devoir naviguer entre les deux championnats pour disputer les deux épreuves le même week-end. Oui, c’est très physique et j’ai un programme d’entraînement spécifique pour essayer de rester en forme et d’être capable de courir dans les deux Séries.
Vous courez depuis longtemps avec les Lizards, quels sont vos sentiments à propos de cette équipe?
Je suis avec eux depuis qu’ils ont entamé leur première saison de course au niveau professionnel. C’est un groupe de gens magnifique et le team représente le programme sportif le mieux géré, le mieux organisé, dans lequel j’ai été impliqué. J’apprécie de venir avec eux pour chaque week-end de course.
Vous étiez un rookie au Mans? Que pouvez-vous dire du circuit?
C’était incroyable! J’en avais tellement entendu parler mais les mots ne peuvent pas réellement décrire ça. C’était beaucoup plus grand et beaucoup plus rapide que je m’y attendais, j’ai vraiment apprécié le circuit et j’espère revenir l’année prochaine.
Aviez-vous de grandes espérances pour les 24 Heures du Mans?
Oui, j’avais beaucoup d’espoir pour cette course, même si c’était ma première course au Mans. Le team et mes coéquipiers étaient venus plusieurs fois ici par le passé, nous avions une bonne voiture et nous tournions bien.
Pouvez-vous comparer les ambiances de la Rolex 24 et celle du Mans? Les fans sont-ils différents à Daytona et au Mans?
Bon, le jour de la course, elles ont quelques similitudes, une grande épreuve qui va commencer avec une course longue et exténuante, mais c’est là que ça s’arrête. Les fans sont dingues, ils sont beaucoup plus dans l’évènement au Mans. Les épisodes médiatiques qui conduisent à la course sont plus importants, toute la ville se plonge beaucoup plus dans l’évènement au Mans. Ce fut une expérience différente, mais magnifique.
Que pensez-vous de la semaine mancelle? Le pesage, les essais libres, les qualifications, la parade des pilotes?
Comme je le disais, ça a été étonnant. Je n’ai jamais participé à une course ayant autant de soutien de la part des fans. Je n’avais jamais connu une parade des pilotes comme celle du Mans, Le Mans a été le plus grand évènement auquel j’ai jamais participé.
Que s’est-il exactement passé lors de votre crash avec la Porsche? De l’huile sur la piste?
Oui, c’est ce que nous croyons. Je dévalais la ligne droite des Hunaudières, à pleine vitesse, ce qui pour nous est autour de 190 miles (près de 270 km/h, NDLR) et je n’ai pu ni m’arrêter ni prendre la chicane aussi j’ai tiré droit dans les pneus. C’était un gros accident et la voiture était trop endommagée pour finir la course mais je suis content que Porsche ait construit une voiture solide!
Aimeriez-vous revenir au Mans?
Sûr, je le referai sans aucune hésitation.
Est-ce très différent de piloter un prototype comme la Riley Porsche et une GT comme la Porsche 997 GT3 RSR?
Oui, elles sont relativement différentes. La Riley Porsche est très rigide et répons rapidement, la Porsche GT se balance beaucoup plus et demande davantage de travail pour la contrôler.
Quels sont vos espoirs pour la fin de saison, en Rolex Series et en ALMS?
Eh bien, je voudrais faire quelques podiums, j’espère que nous remporterons une nouvelle victoire avec la Riley et j’espère être bien classé au championnat à la fin de la saison.
Le classement de la Porsche Cup a-t-il de l’importance pour vous?
Oui, c’est très important. J’ai été très près de remporter la Porsche Cup à plusieurs reprises. La saison dernière j’étais quatrième et la saison précédente deuxième. Au cours des dix dernières années, j’ai été dans le Top 10 presque chaque fois et j’aimerais la remporter un jour.
Quels sont vos circuits préférés?
Aux Etats-Unis, je dirais que Watkins Glen est l’un des meilleurs, en Angleterre, j’aimais le grand circuit de Brands Hatch et en dehors de l’Angleterre je n’ai couru qu’au Mans en Europe.
Vos voitures favorites (anciennes et actuelles)?
J’ai beaucoup aimé courir avec des voitures de Supertourisme. Je pilotais une BMW 2 litres au milieu des années 1990, c’était un grand plaisir. La meilleure voiture que j’aie jamais pilotée? Je n’ai pas encore arrêté de piloter, aussi je vais devoir attendre pour dire quelle est la meilleure.
A quelle course rêvez-vous?
J’aimerais gagner les 24 Heures de Daytona, les 12 Heures de Sebring et les 24 Heures du Mans la même saison
Quel est votre meilleur souvenir de course? Le pire, s’il y en a?
A l’heure actuelle, c’est la Rolex 24 qui s’impose à moi comme le meilleur. L’un de mes pires souvenirs, c’est lorsque Bob Snodgrass, notre propriétaire du Brumos Racing, est décédé il y a deux ans.
Sur un plan personnel, quels sont vos hobbies, en dehors de la course automobile?
J’aime beaucoup faire du vélo sur route, et faire des balades en voiture dans les montagnes où j’habite.
Nous remercions chaleureusement Darren Law pour sa gentillesse.
Propos recueillis par Claude Foubert







