Après les ingénieurs et l’équipe médicale, gros plan sur un homme incontournable de la structure sportive, le Team Manager… Au sens large le « team manager » se définit comme le leader d’un groupe chargé de superviser des opérations, mais dans les faits, il est bien plus que cela. Dans l’équipe TOYOTA Racing, John Steeghs tient ce rôle clé avec le plus grand professionnalisme. Véritable chef d’orchestre, ce géant néerlandais mène une bonne soixantaine de personnes…à la baguette.
John fait ses débuts chez TMG en 1997 mais possède déjà une solide expérience acquise sur de nombreuses disciplines en circuit. Chez TMG, il est tour à tour responsable du magasin, des pièces détachées et de la logistique, des fonctions qu’il occupe également durant le programme du constructeur en F1. En 2011, il accède au poste de Team Manager sur le programme Endurance, une fonction qu’il occupe toujours animé d’une passion sans faille.
« Passionné » est l’adjectif qui convient pour qualifier John. Passionné de sport automobile et passionné par son métier, l’équation est parfaite pour cet homme pleinement investi dans sa fonction et qui n’agit jamais dans la demi-mesure.
L’histoire qui s’est écrite entre Le Mans et John n’est pas récente, elle a débuté en 1997 en GT1. Une histoire passionnelle bien sûr, faite d’émotions, de joies, de déceptions mais surtout une aventure humaine dont il ne se lasse pas.
Cette année et comme toujours, John vivra à fond cette 90ème édition de la légendaire épreuve sarthoise. Pour lui, comme pour toute l’équipe, Le Mans ne se résume pas à un week-end mais bel et bien à trois semaines d’une rare intensité dont la préparation a nécessité une année.
« Les 24 Heures du Mans 2013 ont débuté pour moi, sur le terrain, le 4 juin, soit quelques jours avant la journée officielle de tests. De cette date jusqu’au 25, deux jours après l’arrivée de la course, je serais au Mans… Ce n’est donc pas une semaine de folie que je m’apprête à vivre mais bien trois ! Trois semaines très intenses durant lesquelles je devrais gérer non seulement l’équipe mais aussi tout ce qui s’y rattache en termes de réglementation sportive, relations avec les organisateurs, logistique, etc…en restant lucide et parfois même en étant un peu psychologue ! Etre Team Manager, ce n’est pas porter une belle combinaison pendant les courses et surveiller ce qui se passe dans le garage, c’est un vrai job à plein temps, où il faut tout à la fois être capable d’anticiper, planifier et gérer tant en matière technique, financière qu’administrative. De plus, avoir quelques bonnes notions de communication n’est pas superflu. »
Quelles sont les qualités dont doit faire preuve un Team Manager ?
« Avant toute chose, la motivation est le moteur de cette fonction. Il est nécessaire de croire à ce que l’on fait pour avancer soi-même et faire avancer les autres dans le bons sens. Il faut aussi être capable de penser à tout, des choses les plus évidentes aux plus petits détails, avoir une bonne vision d’ensemble, un bon sens de l’observation pour détecter le moindre problème et surtout un esprit synthétique. Nous travaillons dans un environnement parfois sous « haute » tension, alors faire preuve de lucidité ou de pondération n’est pas superflu. Il est aussi impératif de pouvoir trouver en toutes circonstances une solution à un problème donné. Je crois bien avoir du bannir de mon vocabulaire le mot « impossible »… J’essaye de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour trouver des solutions même si parfois se montrer conciliant n’est pas évident. Par exemple, quand je dois répondre aux demandes des services Marketing et Communication qui me sollicitent régulièrement pour telle ou telle opération de presse ou de relations publiques et qui ont besoin d’en connaître la faisabilité en fonction du planning. C’est parfois assez délicat et je n’aime pas dire non mais je dois aussi savoir me montrer ferme, avant tout pour préserver de bonnes conditions de travail à l’équipe et afin que cela ne puisse pas nuire au bon déroulement des choses.
Pour être Team Manager, il faut maitriser la polyvalence et comme un chat apprendre à retomber sur ses pattes. Il ne faut pas non plus négliger le côté humain et savoir être un bon communicant. La cohésion d’une équipe passe par l’appréciation de la valeur de chacun de ses membres, c’est une des clés de la réussite. Un Team Manager ne fait évidemment pas un « one-man-show » Créer de bonnes conditions de travail mais aussi relâcher la pression avec l’équipe au moment opportun permet de resserrer les liens. »
Sur une épreuve comme les 24 Heures, la tâche est immense, arrivez-vous à tout gérer tout seul ?
« Au Mans, j’ai la chance d’avoir de l’aide car, comme l’année dernière, Philippe Leloup me donne un coup de main. Il est un peu plus focalisé sur les pilotes qui ont toujours des milliers de choses à faire durant cette semaine. Il faut assurer leurs déplacements d’un endroit à l’autre mais aussi les préserver de l’environnement afin qu’ils puissent prendre le repos nécessaire pour être le plus performant possible.
De mon côté, je suis plus concentré sur l’équipe technique mais je dois aussi faire le lien avec l’organisation de la course. Je suis directement informé de tout changement dans le programme de l’événement et c’est à moi de redistribuer cette information sur les intéressés et sur l’ensemble du Team. Nous disposons d’un programme de fonctionnement global qui a été défini en amont mais selon les potentiels changements et/ou ajustements, ce programme quotidien est communiqué à l’ensemble de l’équipe par un système d’affichage. Personne ne peut et ne doit dire, « je n’étais pas au courant ».
A partir du 22 juin à 15h00, coup d’envoi des 24 Heures, serez-vous encore plus sollicité ?
« Je crois que la force d’une équipe qui participe au Mans réside dans sa préparation durant les semaines précédant la course. Pendant la course elle-même, les choses vont se faire naturellement. Tout le monde est rodé et chacun sait ce qu’il a à faire. C’est à cela que servent notamment les tests d’endurance réalisés pendant l’année. L’équipe a beaucoup progressé depuis l’année dernière. Ils servent à caler les individus sur des phases de travail qui doivent devenir automatiques le Jour J. A ce moment-là, on ne doit pas se poser de question mais agir en conséquence. Mon rôle sera de surveiller que tout le monde est bien dans le schéma idéal mais aussi de détecter celui qui n’est plus totalement opérationnel. En cas de problème, je devrais aussi rectifier le tir. »
Avez-vous prévu de vous reposer pendant la course ?
« J’ai l’habitude de partager ces moments privilégiés en course avec l’équipe, d’être attentif à chaque détail et d’apporter mon soutien quand cela est nécessaire alors dormir pendant la course ? Ce n’est pas au programme… Je resterai sur le pont et serai prêt au cas où… »
A quelques jours de ces 90ème mythiques deux tours d’horloge, l’équipe TOYOTA Racing et son Team Manager s’apprêtent à vivre des moments d’une rare intensité.
Source : Toyota Racing