Le Mans

Stéphane Raffin : "Aligner un châssis LMP2 français en 2014."

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Ce n’est pas faire injure à l’équipe de dire que le DKR Engineering est le petit poucet de ces 24 Heures du Mans 2013. Avec une Lola B11/40 bien plus ancienne que la concurrence, il n’est pas question d’aller chercher les positions de tête sachant que l’équipage fera ses débuts aux 24 Heures du Mans. Quatre pilotes ont roulé lors de la Journée Test avec Stéphane Raffin, Olivier Porta, Romain Brandela et Stéphane Lémeret. C’est finalement le trio Raffin/Porta/Brandela qui roulera en course. En parallèle aux 24 Heures du Mans, on retrouve le DKR Engineering en European Le Mans Series avec la même monture. Cette présence en LMP2 est possible grâce à Stéphane Raffin qui a racheté deux châssis Lola B11/40 vus dans le passé sous les couleurs du Pecom Racing. La partie technique est assurée par les Luxembourgeois du DKR Engineering, bien connus dans le monde du GT. Le team IRS est également présent pour assurer la maintenance de la Lola aussi bien en ELMS qu’au Mans. Pour Stéphane Raffin, cette saison 2013 n’est qu’une première étape puisque l’objectif est d’aligner dès 2014 une LMP2 de nouvelle génération.

 

Laurent Mercier : Stéphane, quel a été votre parcours avant de venir rouler en LMP2 ?

Stéphane Raffin : « J’ai débuté en prototype en 2011 avec la structure Ibanez dans le championnat VdeV sur une auto développant 250 cv pour 500 kg. Auparavant je n’avais roulé qu’en GT au niveau amateur. L’année passé, j’ai roulé en Speed Series puis j’ai eu une opportunité d’acheter deux châssis à AF Corse. Le deal a mis du temps à se finaliser et fin 2012, ils sont revenus à la charge. Le prix était cohérent et avoir deux LMP2 nous permet de mettre un pied en ELMS. J’ai ensuite rencontré Kendy (Janclaes) qui m’a dit que si nous étions capables de faire l’ELMS, nous pouvions aussi envisager une participation aux 24 Heures du Mans d’où un dépôt de candidature. A l’origine, l’objectif était de faire Le Mans à l’horizon 2014. Pour nous, 2013 est fait pour apprendre et comprendre. C’est un honneur que d’être sélectionné et de rouler au Mans. Cependant, cela demande une gestion bien particulière de la logistique mais aussi sur le côté humain et financier. Il faut savoir que nous n’avons pas de soutien de Lola pour avoir une auto plus performante. Il faut composer avec les moyens du bord. »

 

Il est prévu de changer de châssis en 2014 ?

« Fin 2013, il est convenu que les Lola soient remisées. L’objectif est d’avoir une auto performante avec le soutien d’un constructeur pour le SAV. Nous allons profiter de l’intersaison pour faire notre choix mais aussi trouver des partenaires pour boucler le budget. Aligner une seule auto fait partie de nos objectifs sachant que la priorité est de faire rouler un châssis français. Il est aussi prévu de rouler à nouveau en ELMS avec au menu les 24 Heures du Mans. Nous tenons à repiquer à l’European Le Mans Series avant de voir plus haut. Cependant, il n’est pas exclu de prendre part à une manche du FIA WEC afin de préparer les 24 Heures du Mans. Il ne faut pas être ambitieux trop tôt. Nous voulons refaire Le Mans mais dans de meilleures conditions techniques. »

 

Faire rouler une auto plus ancienne rend forcément le challenge plus compliqué…

« Nous faisons ce programme avec nos moyens. On a bien conscience qu’il est plus compliqué de se qualifier sur une telle auto que sur une LMP2 de dernière génération. Nous avons tous passé le premier examen de passage avec la Journée Test et il faudra confirmer lors des séances qualificatives. Nous n’avons pas les meilleures cartes entre nos mains, ce qui rend le challenge plus compliqué. Kendy Janclaes fait office de team manager. Ses qualités ne sont plus à démontrer. Même si c’est la première fois que DKR Engineering aligne une auto sous son propre nom aux 24 Heures du Mans, sa structure connaît bien la classique mancelle. »

 

Quel sera l’objectif en course ?

« Voir le drapeau à damier sera une belle récompense. On ne peut pas avoir des ambitions démesurées. L’équipe prépare l’auto pour le mieux avec un moteur neuf mais aussi une boîte de vitesses. En course, il faudra rester en dehors des problèmes et ne pas s’en créer. Au Mans, tout est possible et dans les deux sens. Nous sommes les petits poucets et nous vivons une belle aventure humaine. Le Mans, ça se mérite ! Si on va au bout, on peut faire une grande course. »


Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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