Le Mans

Max Welti : "A l’époque, c’était David contre Goliath!"

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Né en 1952, Max Welti est incontournable en sport automobile depuis maintenant une trentaine d’années. On l’a vu en Formule 1 chez Porsche AG en tant que Project Manager mais aussi comme Team Principal du A1 Team Switzerland. Sa connaissance de l’Endurance est toute aussi solide. De 1983 à 1990, le Zurichois a tenu les rênes du Sauber Racing avec le programme Sauber Mercedes Group C dont une victoire aux 24 Heures du Mans en 1989 avant un double titre de Champion du Monde d’Endurance l’année suivante. Sa structure M.A.Xertise GmbH est présente depuis 2009 aussi bien en GP3, GP2, Formule 1 et Porsche Supercup. Depuis peu, Max Welti a pris les commandes de Squadra Corse, le département compétition de Lamborghini. De quoi avoir un entretien avec l’une des personnes les plus charismatiques du paddock…

 

Laurent Mercier : Ces nouvelles fonctions chez Lamborghini se passent bien ?

Max Welti : « Pour moi, c’est très nouveau et c’est un challenge intéressant. Ma compagnie est très active en sport automobile depuis 15 ans et il n’était pas important pour moi d’être sur le devant de la scène. Je fais ce que j’aime faire. Ce nouveau service chez Lamborghini se renforce petit à petit et j’ai toujours aimé construire quelque chose depuis le début. Il faut tout mettre en place et cela demande un peu de temps. »

 

Il y a des projets pour le futur ?

« On ne peut cacher qu’il y a des plans pour l’avenir mais il est bien trop tôt pour annoncer quoi que ce soit. Lamborghini est déjà présent en GT3 mais aussi en Super Trofeo en partenariat avec Blancpain. Bien sûr, nous aimerions bien être en GTE. Nous lançons cette année un championnat Lamborghini Blancpain Super Trofeo aux Etats-Unis après avoir mis sur pied une série en Asie l’année passée qui fonctionne de mieux en mieux. Lamborghini construit des GT. Pour l’avenir, il faudra composer avec les budgets et évaluer les différentes possibilités. »

 

Les 24 Heures du Mans pourraient faire partie du programme ?

« Il est clair que nous aimerions venir au Mans avec Lamborghini mais pour cela, nous avons besoin de visibilité quant au marché. Je pense que les Etats-Unis s’éloignent du reste du monde en Endurance avec des LMP1 qui ne peuvent plus rouler pour le moment que sur le contient américain hors FIA WEC. En 2014, il n’y aura plus que le Championnat du Monde d’Endurance qui pourra les recevoir. Ce FIA WEC, c’est ce qui manquait à la discipline avec les 24 Heures du Mans comme cerise sur le gateau. »

 

Quelle est votre vision de l’Endurance ?

« Il faut un équilibre en LMP1 sinon il n’y aura plus de marques. Il est impossible de changer les choses à trois semaines des 24 Heures du Mans. Sans Audi, que serait l’Endurance ? Le constructeur a beaucoup apporté sur le plan technologique mais aussi au niveau des médias. Audi est fidèle, tout comme Porsche qui revient en LMP1 en 2014. Personnellement, je pense qu’il faut des règles chaque année mais pas les changer en cours d’année. Ce n’est pas juste. Il y a quelques années, on avait Audi, Audi et Audi. Maintenant, il y a Toyota et Porsche va arriver. On peut penser que Nissan et Honda arriveront à l’avenir. Il n’y a que du top en LMP1. Il ne faut pas oublier que toute la médiatisation est absorbée par le LMP1 et il reste peu de place pour le reste sur le plan média, notamment en GT.


« Développer une GTE coûte une fortune. Rouler en FIA GT Series et dans les championnats nationaux est plus abordable. Il est clair que les GTE sont de belles autos mais il faut dépenser énormément pour être seulement dans l’ombre des LMP1. Un budget GTE est dur à vendre. »

 

On pourrait alors remplacer les GTE par les GT3 à l’avenir…

« Les GT3 actuelles sont trop loin des LMP1, ce qui donnerait des écarts encore plus importants. Bien sûr le législateur pourrait donner plus d’air aux GT3 mais si on « upgrade » les GT3, cela va revenir à terme au coût des GTE. Lamborghini appartient à un très grand groupe automobile et chaque marque est présente en sport automobile, chacune dans son secteur. »

 

Quel est votre meilleur souvenir au Mans ?

« Il y en a tellement ! L’une des périodes les plus exceptionnelles remonte à 1994 lorsque je dirigeais Porsche ; C’était très compliqué car nous n’avions pas de moyens. Avec peu et une équipe incroyablement dévouée, il fallait trouver des stratégies pour être plus malin et gagner. C’était pour moi un grand moment car personne n’y croyait. A l’époque, c’était David contre Golitath ! »

 

Vous êtes en place chez Lamborghini depuis peu mais l’intérêt est bien là ?

« Je suis en poste depuis seulement un mois mais je me rends bien compte qu’il y a de plus en plus d’intérêt pour la marque, notamment aux Etats-Unis et en Asie. Nous allons débuter le championnat américain sous peu. La confiance est de mise avec une montée en puissance petit à petit. L’Asie en est à sa deuxième saison et là aussi l’intérêt est grandissant. Les voitures sont très belles et la plate-forme intéressante sur le plan marketing. De plus, les équipes peuvent ensuite passer à l’échelon supérieur avec le GT3. C’est assez unique… »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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