American Le Mans Series, DTM, Blancpain Endurance Series, 24 Heures du Mans. Maxime Martin est de tous les combats cette saison. Vainqueur à Long Beach lors de la deuxième manche ALMS sur la toute nouvelle BMW Z4 GTE, le Belge suit également de près tous les meetings DTM de part son poste de pilote de réserve BMW. Il y a quelques semaines, Max « Ringmeister » Martin a sans conteste été le vainqueur moral des 24 Heures du Nürburgring tant sa prestation dans l’Eifel a été magistrale dans des conditions dantesques. On en avait déjà eu un aperçu l’an passé à Spa mais l’Eifel n’est pas le Toboggan ardennais. Il n’y a guère que la Blancpain Endurance Series qui se refuse à lui cette année après deux meetings, où la BMW Z4 GT3 du Marc VDS Racing Team ajusqu’à présent joué de malchance. En fin de semaine, on retrouvera le pilote BMW Motorsport au Mans où il roulera sur la ORECA 03 du Thiriet by TDS Racing aux côtés de Ludovic Badey et Pierre Thiriet. L’objectif est clair : gagner la catégorie LMP2 !
Laurent Mercier : Max, revenons sur Silverstone. Le titre Blancpain s’échappe ?
Maxime Martin : « Nous n’avons guère été vernis jusqu’à présent mais rien n’est perdu. Le gros morceau reste les 24 Heures de Spa où il ne faudra pas se louper. Les 10 kg accordés à Silverstone n’ont pas changé grand-chose. Le trafic était compliqué, notamment dans les stands. Nous avions bien conscience que le gros danger venait de l’Aston Martin officielle. J’ai roulé sur une V12 Vantage GT3 à Barcelone en International GT Open. Je savais de quoi elle était capable avant Silverstone. La BMW manque de puissance moteur, ce qui fait qu’il faut passer les autres concurrents dans les zones de freinage. Le championnat sera dur à aller chercher et il faudra rendre une copie parfaite à Spa. Monza n’a pas été au rendez-vous tout comme Silverstone. Nous avons une bonne auto mais pas la meilleure. La BMW Z4 GT3 est l’une des seules GT3 à ne pas avoir évolué sur le plan de la performance. »
Tu as affolé la concurrence au Nürburgring sous la pluie. Quelle est la recette Maxime Martin ?
« (rires). C’était pour nous une belle course même si la victoire n’a pas été au rendez-vous. La course s’est perdue sur des petits détails et il était raisonnable de sortir le drapeau rouge car cela devenait de plus en plus dangereux. Si nous avions fait le total des deux courses, c’était course gagnée. On a fait une belle course.
« Sur le plan personnel, j’ai roulé sans prendre de risques sous la pluie. Je suis tout de même passé à l’attaque lors des deux derniers relais en tournant en 8.22 avec le plein de carburant et au beau milieu du trafic. Pour faire taire les rumeurs, je n’utilise pas l’ESP car ça ne contrôle pas tout. Je n’ai pas l’impression de prendre des risques et je ne comprends pas pourquoi j’étais 20 secondes plus vite que la concurrence sans pousser l’auto dans ses derniers retranchements. Je ne peux pas l’expliquer. Je pense que si je prenais vraiment des risques, on me verrait plus fréquemment hors de la piste. Selon moi, les 24 Heures du Nürburgring restent la course la plus dure où il faut être concentré et physiquement au top du début à la fin. Il y a beaucoup d’autos d’usine et c’est un vrai sprint. La Nordschleife est plus cassante que Spa sachant que le tracé est plus long. Il faut gérer le trafic, le nombre d’autos et les conditions météorologiques. On peut rouler en slicks sur le mouillé sur plus de 4 km. »
Trois courses en ALMS pour la BMW Z4 GTE et déjà une victoire. C’est une surprise ?
« L’auto est bien sur certains circuits. A Long Beach, nous avons gagné grâce à l’agilité de la Z4 GTE mais aussi grâce à la stratégie parfaite mise en place par l’équipe. A Laguna Seca, nous n’étions pas les plus vite et malheureusement nous avons connu une touchette. Quant à Sebring qui demande plus de moteur, nous étions à une seconde en qualification. C’est un peu le jeu de l’ALMS qui a tendance à brider les nouvelles autos. La Z4 GTE a un très bon châssis et BMW sait faire de bonnes GT. Cependant, l’ALMS se gagne aussi grâce à la stratégie où il faut gérer les neutralisations. Tu peux être en tête dans les derniers tours et terminer finalement 5ème ou inversement. »
Tu prends du plaisir en ALMS ?
« Oui ! Je découvre les circuits et l’ambiance à l’américaine qui n’a rien à voir avec l’Europe. Il y a beaucoup de fans et la compétition y est féroce. En GT, il n’y a que des équipes soutenues par les constructeurs et les écarts sont infimes. Il reste sept meetings pour bien figurer. L’objectif est de rester en dehors des problèmes. Bill (Auberlen) a connu une saison 2012 en demi-teinte et il faut que nous restions propres afin d’être dans le match pour la gagne et le championnat. »
Changement de catégorie pour toi en fin de semaine avec des débuts sur la ORECA 03 du Thiriet by TDS Racing en vue des 24 Heures du Mans. Tu tenais à participer une nouvelle fois à la classique mancelle ?
« Je suis ravi de rouler pour le compte du Thiriet by TDS Racing au Mans. Ce sera ma troisième participation et à chaque fois sur un prototype. Etrangement, je n’ai jamais piloté un proto ailleurs qu’au Mans. Le Thiriet by TDS Racing est une bonne équipe qui a prouvé sa performance. Je sais de quoi je parle car je me suis battu contre eux en Renault Megane Trophy. En LMP2, si tu veux gagner, il faut rester hors des problèmes. La fiabilité des autos est différente de ce que l’on peut voir en GT. Il faudra être constant et notre équipage a de quoi bien figurer. Pour être franc, je ne pensais pas pouvoir rouler au Mans cette année mais l’équipe m’a appelé. Il a fallu l’accord de BMW, ce qui n’a pas posé le moindre problème.
« Mes prochaines semaines vont être chargées. Dès le lendemain du Mans, je pars à Road Atlanta pour des essais avec le BMW Team RLL avant de revenir en France le jeudi pour rejoindre le Paul Ricard et le meeting Blancpain Endurance Series. Ensuite il faudra partir à Lime Rock. Tous mes week-ends sont pris jusqu’à fin août avant d’un week-end de repos, puis les courses reprennent jusqu’à fin octobre. »
Quid d’une BMW Z4 GTE en Europe ou en FIA WEC ?
« Pour être franc, je n’ai pas d’informations sur le sujet. BMW est déjà bien occupé avec le DTM, ce qui fait que je ne pense pas qu’un programme mondial soit à l’ordre du jour. Quant à une présence en Europe, pourquoi pas… »
Ton objectif 2014 reste le DTM ?
« Oui c’est clairement l’objectif ! Je sais que ça ne sera pas facile car BMW a déjà huit pilotes qui roulent dans le championnat. Au total, je n’ai roulé qu’une journée et deux heures sachant que les essais sont limités. Mes essais se sont bien passés et il est vrai que le résultat au Nürburgring peut aider. »
Propos recueillis par Laurent Mercier