Guillaume Van de Vyver a participé pour la première fois aux 24 Heures du Nürburgring. Il était associé à son père Eric -qui en était pour sa part à ses quinzièmes 24 Heures sur la Nordschleife- et à deux autres habitués du VdeV, à savoir Dominique Nury et Philippe Burel.
Le quatuor était engagé sur une BMW Z4 du LD Racing de Jean-Luc Le Duigou, inscrite dans la catégorie SP6. La BMW portait évidemment les couleurs du LD Racing, de la VdeV Endurance Series, mais aussi avec gentillesse celles d’Endurance-Info.
Guillaume (à côté du rétroviseur de la Z4 sur la photo de une, avec une partie du staff de la VdeV Endurance Series), par ailleurs cheville ouvrière du team qu’il a monté, le Vyver Racing, et qui fera courir plus tard dans la saison sa Mosler MT900, nous a confié ses impressions pour ses premières 24 Heures sur le Ring.
Guillaume, cette première expérience a été positive ?
« Oui, tout à fait. Comme c’était la première, j’étais là pour apprendre et nous avions tout à fait l’équipe qu’il fallait pour ça. Jean-Luc Le Duigou est un habitué des lieux, mon père a couru l’épreuve quinze fois. Notre but était de finir la course, et on l’a finie, même si on a eu deux ou trois problèmes. Donc, je suis satisfait. »
Est-ce que le circuit est vraiment très impressionnant ?
« Ah, oui, oui ! C’est impressionnant déjà parce qu’il fait plus de vingt-deux kilomètres. Avant la course, y compris avec le stage, j’avais fait seulement quinze tours du circuit. En essais, on n’a pu faire que quatre tours. C’est vraiment un circuit magnifique, ça monte, ça descend, c’est rapide… Il fallait déjà qu’on apprenne la voiture parce qu’on ne la connaissait pas. Mon père l’a bien réglée, c’était important d’avoir quelqu’un qui connaisse très bien le Nürburgring pour régler l’auto. »
Combien de chevaux pour la Z4 ?
« La Z4 fait 387 chevaux au banc, pour une voiture qui pèse 1250 kg. C’est une GT4 de première génération, une des toutes premières qui aient été construites, je crois. Jean-Luc l’a montée en SP6 parce qu’à son avis en GT4 on n’avait pas beaucoup de chances de faire quelque chose vu que c’est une ancienne GT4. Bon, nous avions un aileron, mais c’était davantage pour la mettre en SP6, sinon la boîte était standard, comme tout le reste d’ailleurs. C’était vraiment une voiture de route. C’était une voiture sensée être fiable et nous n’avons eu que deux problèmes. Dans la nuit, avant que la course ne soit arrêtée, le sélecteur de vitesses est sorti de son logement, donc on ne pouvait plus passer de rapports. Pour ma part, c’est moi qui ai pris le dernier relais, et le câble d’accélérateur s’est cassé ! Pour finir la course, on a été obligé de le bloquer, peut-être un peu trop d’ailleurs. C’était impressionnant, car sur le Ring ce qui est remarquable c’est la diversité des voitures, et tout le monde se respecte, même les grosses voitures par rapport aux petites. Tout le monde est à égalité par rapport à un tracé comme ça. C’est une course qui n’est gagnée d’avance pour personne. Après avoir bloqué le câble, j’ai fini la course sur le sixième rapport. Quand j’ai cassé le câble, on m’a emmené à un poste de commissaires. Les commissaires du Ring sont vraiment géniaux, on voit qu’ils aiment vraiment leur métier. Ce sont eux qui m’ont aidé à réparer. Je ne sais d’ailleurs pas si c’est autorisé de bloquer le câble d’accélérateur ! Comme l’arrivée était vraiment toute proche, ça me faisait rager d’arrêter si près de la fin. Le commissaire était allemand, il ne comprenait pas ce que je lui disais, il n’a rien dit et a tiré le câble et il l’a bloqué. J’ai réussi à repartir en troisième, et j’ai fini la course en six.”
Tu n’as pas eu trop de mal à finir sur le sixième rapport ?
«Non, ça a été. Je ne ralentissais pas trop dans les virages !! De toute façon, sur un circuit comme ça, si tu roules lentement, c’est assez dangereux parce que tu peux te faire taper. Il y a énormément de virages aveugles, et une GT3 ça arrive très, très vite. Avant que je ne prenne un relais, Philippe Burel s’est fait taper. On a eu de la chance, la voiture n’a tapé que le pneu et on juste eu à le changer comme il était crevé, mais l’autre voiture, la Porsche Falken, était bien abîmée…Elle était juste derrière une autre voiture, et elle n’a vu la BMW qu’au tout dernier moment. »
Qui a pris le départ sur la Z4 ?
« C’est mon père. Il a fait une belle remontée pendant son premier relais. On était parti assez loin sur la grille parce qu’on n’avait pas voulu forcer pendant les qualifications. Ensuite, on a perdu pas mal de temps, surtout avec les 50 minutes perdues à cause du sélecteur de boîte, mais on avait une équipe tout à fait correcte. Ce qui est bien pour ces 24 Heures, c’est que le budget est vraiment abordable. En plus, Jean-Luc Le Duigou et son équipe du LD Racing font vraiment les choses bien avec beaucoup de sérieux et de compétence. Quand tu loues un volant chez eux, tu peux le faire en toute confiance. Pour une première fois sur le Ring, je crois que le choix de la Z4 était judicieux. Cela n’aurait peut-être pas été très raisonnable de le faire avec une grosse voiture. «
Comme c’étaient tes premières 24 Heures sur la Nordschleife, comment s’est passé ton processus de qualification ?
« La première course du VLN, on l’a faite avec la BMW 120i du LD Racing. J’ai fait une dizaine de tours. La deuxième, on n’avait pas vraiment le budget, on voulait juste qualifier la voiture et ensuite, j’ai fait le stage. Le stage, c’est vraiment génial. Pour 500€, tu passes une journée, c’est vraiment utile. La première demi-journée, c’est théorique. On te briefe un peu sur le Nürburgring, sur ses spécificités, sur ce qu’il faut respecter et il ya beaucoup à apprendre. Ensuite, on fait un tour en bus. La deuxième demi-journée, tu viens avec ta propre voiture et tu suis un moniteur. Moi, j’étais venu avec un diesel de 100 chevaux super lourd et le moniteur avait une BMW M3 préparée Nürburgring, il y avait aussi pas mal de stagiaires avec des Scirocco préparées Nürburg. On roulait à cinq voitures derrière le moniteur qui, grâce aux oreillettes, nous expliquait chaque virage pendant une dizaine de voitures, vraiment extra ! Le seul problème, c’est que rouler avec une voiture de 100 chevaux et après conduire en course une auto de près de 400 chevaux, ça fait quand même une différence ! J’ai un peu regretté, même s’il avait fallu dépenser un peu d’argent, de ne pas avoir loué une voiture plus puissante, car quand tu conduis une voiture de 100 chevaux, tu es à fond à peu près partout. Ce qui me manquait, c’était de ne pas avoir à freiner. »
« Tout à fait, très positif même, ça m’a donné confiance en moi. C’est quand même un circuit compliqué à apprendre, mais sous la pluie, j’étais devant mes coéquipiers. Avec l’interruption de la course, j’ai dû passer un peu plus de trois heures au volant. »
Tu es prêt à revenir l’année prochaine, j’imagine ?
« C’est sûr, je suis partant. Ce que j’aimerais, c’est le refaire avec une grosse auto, du style de la Mosler. Je ne suis pas sûr qu’elle soit acceptée, mais je pense qu’elle serait bien adaptée, même si les ballasts sont importants. »
Propos recueillis par Claude Foubert
.jpg)