Avec 13 GT2 au départ, la course devrait s’avérer des plus animées. Imaginez un peu : Ortelli, Bruni, Bergmeister, Melo, Kaffer, Pescatori, Long, Pilet, Collard, Westbrook, Kox, Garcia, Vilander, Ragginger, Holzer, Ruberti, Bell pour ne citer qu’eux. Une bonne partie de la fine fleur des pilotes GT va se retrouver dans les Ardennes belges. Bien malin qui peut prédire les successeurs des pilotes de la BMS Scuderia Italia, vainqueurs en 2008. Côté autos, on dénombre sept Ferrari F430 contre cinq Porsche 997 GT3-RSR. Cette année, AF Corse n’arrive pas en terre belge en leader du championnat puisque les duettistes du Prospeed Competition, Collard/Westbrook, comptent deux petits points d’avance sur leurs grands rivaux Bruni/Vilander. Avec seulement dix points distribués à Spa, les 24 Heures ne tueront pas le championnat. Une fois de plus, la catégorie GT2 montre qu’elle est très relevée, même s’il manque des Spyker, BMW M3, Aston Martin Vantage et autres Lamborghini Gallardo.
Prospeed Competition vs AF Corse…
Le grand duel pour le titre devrait se jouer entre l’équipe italienne et le team belge. Seulement troisième l’an passé, la structure de Amato Ferrari tient absolument à monter sur la plus haute marche du podium. Pour se faire, la F430 de pointe sera confiée aux réguliers et champions en titre Bruni/Vilander, avec un renfort de choix en la personne de Jaime Melo. Le quatrième homme sera Luis Perez-Companc, habituellement dans la seconde auto AF Corse. Depuis deux saisons, l’ancien rallyman prouve qu’il faut compter avec lui, l’Argentin étant rarement pris en défaut. Sur la « 51 », on retrouvera Pierre Kaffer en capitaine de route avec à ses côtés Alvaro Barba, Mattias Russo et Niki Cadei. Si sur le papier, l’équipage semble moins aiguisé que la voiture sœur, il faudra tout de même se méfier de cette auto : en cas de problème de la « 50 », elle pourrait bien prendre la relève.
Dans le clan Prospeed Competition, on engage également deux autos, mais les équipages sont nettement moins affûtés et on ne peut que regretter que Porsche n’ait pas placé plus de pilotes officiels dans les deux GT3-RSR. Pour ce double tour d’horloge, Collard/Westbrook seront épaulés par Darryl O’Young et Sean Edwards. Si le premier s’est surtout fait remarquer en Porsche Cup Asia ainsi qu’aux dernières 24 Heures du Mans au sein de l’Endurance Asia Team, Sean Edwards compte pour sa part un titre en FIA-GT3 (2006), déjà sur une Porsche. Il pilote également en Porsche Supercup. Quant à l’autre auto du team de Rudi Penders, elle risque bien de n’être d’aucun secours pour les leaders du championnat, n’étant pilotée que par des gentlemen drivers. Bien dommage que Markus Palttala soit sur une 997 GT3 Cup S et non sur une 997 GT3-RSR ! Allez comprendre…
Un quatuor de rêve chez CRS Racing…
Sur le papier, l’équipage le plus relevé est sans conteste celui de la Ferrari F430 n°56 du CRS Racing. Avec Andrew Kirkaldy, Rob Bell, Antonio Garcia et Peter Kox, tout est réuni pour le meilleur résultat possible. Il faudra au moins tous ces ingrédients pour faire oublier le début de saison du team de Chris Niarchos, qui ne compte qu’un seul podium. Reste maintenant à savoir qui sera chargé d’effectuer la pole, sachant qu’Andrew Kirkaldy fait partie des plus véloces dans cet exercice. Sur la seconde F430 de l’équipe britannique, Tim Mullen sera de nouveau associé à Chris Niarchos, avec comme soutien Phil Quaife et Chris Goodwin. Les deux Britanniques passent donc du baquet de la F430 Scuderia à celui de la GT2. Si Quaife débute en FIA-GT, Chris Goodwin est loin d’être un rookie, ses débuts remontant à 1997 sur une McLaren F1 GTR du Parabolica Motorsport. Il n’était plus revenu à Spa depuis 2004 où il pilotait une Saleen S7-R du Ray Mallock Limited.
La passe de trois pour la BMS Scuderia Italia ?
Vainqueur en 2007 avec une Porsche, puis l’an passé avec une Ferrari, le team de Tiziano Minuti est présent cette année avec deux autos, contre une seule en 2008. Sur les quatre hommes couronnés l’an passé, seuls Matteo Malucelli et Paolo Ruberti sont de nouveau en lice. Ils seront rejoints par Kenneth Heyer et Diego Romanini, la paire italo-britannique se partageant habituellement l’autre auto du team transalpin. Si depuis le début de saison l’équipe roule en Michelin, elle retrouve les Pirelli pour cette course, comme ce fut le cas le mois dernier au Mans. Sur la n°78, un trio très inédit avec le retour en piste de Christian Pescatori. Champion N-GT 2001, on n’avait plus revu le sympathique italien depuis 2006 où il officiait sur une Aston Martin DBR9 de la BMS. A ses côtés, on retrouvera un nom bien connu en Endurance : Frédéric Dor. Très impliqué dans le développement de la Ferrari 550 puis de l’Aston Martin DBR9, le Monégasque revient derrière le volant, lui qui a disputé les 24 Heures de Spa 2002 sur une Ferrari 550, déjà au sein de la Scuderia Italia. Marcello Zani complètera l’équipage, lui qui a 15 manches FIA-GT à son actif. Il est aussi partie prenante dans le staff du Brixia Racing, en compagnie de Matteo Malucelli. Peu à son aise durant les trois premières courses 2009, la BMS Scuderia Italia fait partie des équipes favorites sur les courses de 24 heures, que ce soit au Mans ou à Spa.
Et les autres ?
Depuis 2007, IMSA-Performane Matmut vient se mêler à la lutte en tête aux 24 Heures de Spa. Peu chanceuse au Mans, l’équipe managée par Franck Rava compte bien sur la classique spadoise pour monter de nouveau sur le podium, comme ce fut la cas en 2007 (2ème). Avec un équipage composé de Long/Narac/Pilet, il y a de quoi espérer un bon résultat, sachant que le team normand reste sur trois victoires en quatre courses en International GT Open. Notons que la « 76 » sera une des rares GT2 à ne compter que trois pilotes à son volant.
Depuis le début de la saison, Martin Ragginger s’est imposé comme le chasseur de pole de la catégorie GT2. Au volant de la Porsche du Brixia Racing, le pilote du Porsche Junior Team n’a pourtant guère pu concrétiser en course, son équipier étant un cran nettement en-dessous. Luigi Lucchini sera de nouveau dans le baquet de la 997 supervisée par la BMS Scuderia Italia mais le gentleman driver italien devra se cracher dans les mains pour suivre le rythme effréné que vont donner les ténors de la catégorie. Présent toute l’année chez Prospeed, Marco Holzer, autre pensionnaire du Porsche Junior Team, viendra prêter main forte à son compère autrichien. La pointe de vitesse de l’Allemand n’est plus à démontrer et il y a fort à parier qu’il faudra compter sur cette auto pour les premières places. Le dernier à rejoindre l’équipe est Bryce Miller. L’Américain débutera dans la série, après avoir roulé la semaine passée en ALMS pour le compte du Farnbacher/Loles.
S’il y a une Porsche sur laquelle il faudra jeter un coup d’œil en course, c’est bien celle du Trackspeed Racing. Dirigé par l’un de ses pilotes, Richard Ashburn, l’équipe britannique compte dans ses rangs ni plus ni moins que Tim Sugden, Jörg Bergmeister et Stéphane Ortelli. On ne présente plus le trio, tant son expérience est importante. Vainqueur au scratch (sur une N-GT) en 2003, Stéphane Ortelli revient dans le giron Porsche. Le Monégaque pourra s’appuyer sur deux pilotes de haut calibre qui sont Bergmeister et Sugden.
Il aurait été étonnant que le JMB Racing ne soit pas présent en Belgique. Après une très belle 4ème place l’an passé avec une Maserati MC12, l’équipe de Jean-Michel Bouresche est présente cette fois-ci avec une Ferrari F430. Malheureusement point de pointure derrière le volant puisque la GT italienne sera partagée par le trio Kuteman/Hartshorne/Basso. Il ne manque plus qu’un Stéphane Daoudi pour que l’équipage retrouve de la vigueur.
Russo/Perez-Companc étant passés chez AF Corse, la Ferrari F430 du Pecom Racing verra en découdre un trio inédit. Déjà au volant à Adria, Cédric Sbirrazuoli retrouve le baquet de l’auto et souhaitons lui de prendre la piste en course, l’auto ayant abandonné en Italie avant que le Monégasque ne puisse prendre le volant. Il sera épaulé Lorenzo Casè et Alessandro Garofano.
Une bonne quinzaine de G2 et GT3 en renfort…
En G2, tous les regards vont se porter vers le Phoenix Racing et son Audi R8 LMS. Après une belle performance aux 24 Heures du Nürburgring, l’équipe de Ernst Moser vient affronter le double tour d’horloge spadois avec la GT allemande. Avec un équipage composé de Fässler/Moser/Margaritis/Basseng, il est clair que l’auto devrait envoyer du lourd avec une configuration Nürburgring. Deux Mosler MT900 viendront compléter le plateau, dont l’une pilotée par un certain Jacques Villeneuve. N’oublions pas les deux Porsche 996 GT2-R du PMB Motorsport et la Porsche 997 Cup du Jetalliance Racing, pilotée entre autres par Ryan Sharp.
Du côté des GT3, on note cinq marques différentes avec cinq Porsche 997 GT3 Cup S, deux Ford GT, deux BMW Alpina B6, une Ferrari F430 Scuderia et une Aston Martin DBRS9. Notons que le principe de la Coupe du Roi est abandonné.
Laurent Mercier