Avec deux programmes majeurs cette saison, Antoine Leclerc a de quoi jouer le haut de l’affiche sur deux tableaux. On retrouve le Vosgien en Blancpain Endurance Series sur l’une des deux McLaren MP4-12C/ART Grand Prix qu’il partage avec Mike Parisy et Andy Soucek. Le Champion de France GT3 2008 fait aussi son retour sur la scène nationale, toujours sur une McLaren du team de Frédéric Vasseur, aux côtés de son compère et ami Gilles Vannelet. C’est fort d’une très belle deuxième place décrochée à Monza dans le championnat Blancpain qu’Antoine est arrivé au Mans pour le coup d’envoi du Championnat de France GT. Là aussi une belle performance lui tendait les bras en course 1 lorsque sa McLaren est subitement sortie de la piste alors que la pluie s’était invitée sur le circuit Bugatti. Résultat, le pilote est devenu simple passager de sa monture qui terminait sa course dans le mur. Sonné, Antoine et Gilles ne pouvaient prendre part à la manche dominicale, l’auto étant trop abimée. C’est donc à Imola que la paire Leclerc/Vannelet va tout mettre en œuvre pour ramener le plus de points et retrouver le haut de l’affiche.
Laurent Mercier : Commençons par le championnat Blancpain. Cette deuxième place à Monza est une surprise ?
Antoine Leclerc : « Pour nous c’était un très bon week-end. Nous avions bien travaillé durant les essais hivernaux et nous fondions beaucoup d’espoir sur ce premier meeting de l’année. Le package est bon mais il nous fallait le confirmer en course. Avec 22 autos en Pro-Cup, on savait que la course n’allait pas être de tout repos. Que ce soit les équipes et les pilotes, la barre est incroyablement haute. Le championnat Blancpain est poussé à l’extrême et tout se joue au dixième. Il faut également bien gérer les ravitaillements, ce qui n’est pas une mince affaire compte tenu du nombre d’engagés. »
Pour sa deuxième année en GT, ART Grand Prix est maintenant affûté aux courses GT…
« Il faut encore se rôder lors des ravitaillements. Le package est excellent et il ne reste qu’à optimiser le tout, notamment pour les 24 Heures de Spa. ART Grand Prix a recruté en interne et l’approche est la même qu’en monoplace. L’ingénieur qui s’occupe de notre auto vient du GP2. ART Grand Prix est l’équipe la plus professionnelle avec laquelle j’ai eu l’occasion de rouler jusqu’à présent. Rien n’est laissé au hasard. Les pilotes se reposent sur l’équipe et nous sommes plus sereins en nous concentrant sur le pilotage. L’ambiance est très bonne et professionnelle. ART Grand Prix est une grande famille. Ce sentiment se sent dès le début, ce qui aide à se sentir bien et s’intégrer rapidement. Tout le monde sait ce qu’il a à faire. »
Faire partie de ART Grand Prix est une fierté ?
« J’ai toujours vu ART Grand Prix comme une équipe de référence. Une bonne partie des pilotes de Formule 1 est passée par les rangs de ART. C’est pour moi une fierté que d’en faire partie. Jamais je n’aurais pensé un jour pouvoir en faire partie. Je souhaite y rester le plus longtemps possible et construire quelque chose avec eux. J’espère bien ne pas être chez ART Grand Prix pour une seule saison. Fred veut toujours gagner mais avec une certaine humilité. On savait que tout était réuni pour le faire à Monza mais il fallait concrétiser. J’ai bouclé mon relais en tête des Pro-Cup et nous sommes passés tout près de la victoire. Le prochain objectif sera de gagner à Silverstone sur les terres de McLaren. »
Tu fais ton retour sur la scène nationale, également chez ART Grand Prix. Là aussi les ambitions sont relevées ?
« Je dois ma présence dans les deux championnats en grande partie à Gilles (Vannelet) et Georges (Kaczka). Gilles croit très fort en moi et il a su convaincre Fred de me faire confiance en plus du championnat Blancpain. L’objectif est d’aller chercher le titre ! »
Malheureusement, le premier meeting a été écourté…
« A l’inverse du championnat Blancpain, ce n’est pas ce que l’on pouvait espérer pour débuter la saison. Rien n’est perdu et toute l’équipe est derrière moi. Lors de la sortie, j’étais passager de l’auto car je n’ai rien vu venir et rien pu faire. Je m’en sors avec quelques douleurs sachant que le choc a été violent. Le soutien indéfectible de l’équipe est quelque chose de positif et nous arriverons encore plus forts à Imola. »
Quel est ton sentiment sur le championnat ?
« Le niveau est très relevé. La qualité a toujours été là mais pas avec une telle quantité. En 2008, on gagne devant la paire Ruffier/Peyroles qui roulait en FIA-GT. Cette saison, il y a aussi des pilotes de notoriété avec une belle diversité au niveau du plateau. Le championnat prend une autre dimension. Je suis très content de revenir en Championnat de France avec des objectifs élevés. Remonter sur un podium à Monza m’a fait un bien fou et je ne compte pas m’arrêter là. »
La dernière étape reste les 24 Heures du Mans ?
« Cela fait plusieurs années que je tourne autour. Je vais travailler du mieux possible cette année et c’est bien entendu une course à laquelle je veux prendre part. Les relations entre ART Grand Prix et McLaren sont au beau fixe et on ne sait pas ce que l’avenir peut nous réserver… »
Propos recueillis par Laurent Mercier