GT Tour

Présent et avenir du Sébastien Loeb Racing avec Dominique Heintz.

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Le Sébastien Loeb Racing enchaîne les meetings ces dernières semaines. Après Nogaro et Zolder en FIA GT Series, le team dirigé par Sébastien Loeb et Dominique Heintz est à pied d’œuvre au Mans ce week-end pour l’ouverture du GT Tour où deux McLaren MP4-12C sont engagées, l’une pour Anthony Beltoise et Laurent Pasquali, l’autre confiée à Nicolas Marroc et Nicolas Tardif. En parallèle, pas moins de cinq Porsche 911 GT3 Cup sont de la partie en Porsche Carrera Cup France avec l’ambition de faire aussi bien que l’année passée, c’est-à-dire de décrocher tous les titres. S’il est un homme très pris durant ce meeting sarthois, c’est bien Dominique Heintz, mais le co-propriétaire de l’équipe a trouvé du temps pour nous parler longuement en abordant un tas de sujets : les débuts en FIA GT Series, le GT Tour, le retour au Mans, les 24 Heures de Spa, la Cup, les relations avec McLaren mais aussi l’avenir de l’équipe.

 

Laurent Mercier : Ce week-end, c’est l’ouverture du GT Tour. Quel est votre premier regard sur ce Championnat de France 2013 qui s’annonce ?

Dominique Heintz : « Cette année, le niveau est exceptionnel avec un tas de teams qui peuvent jouer le titre. Les équipages sont tous très affûtés, ce qui nous promet de belles courses tout au long de la saison. On a pu voir en essais libres que tout le monde était très proche. Il est clair que le niveau est bien plus relevé qu’en 2012 et je pense que le Championnat de France GT est l’un des plus compétitifs au niveau des séries GT nationales. A terme, tout le monde va en profiter, aussi bien les médias que la télévision. On est sur la bonne voie et il y a tout pour bien faire. »

 

Un souhait particulier pour l’avenir ?

« Faire par exemple comme en ADAC GT Masters où les équipages 100% professionnels sont acceptés moyennant un handicap. Je ne dis pas que c’est la solution car il faudrait pour cela que toutes les parties prenantes soient de cet avis, mais cela pourrait ramener encore plus de visibilité. C’est peut-être une idée à creuser. »

 

Un mot sur vos équipages…

« C’est une grande fierté que d’avoir pu recomposer le tandem Anthony Beltoise et Laurent Pasquali. Ils se connaissent très bien et je suis sûr que ce sera un atout. Les choses ont mis du temps à se concrétiser car on ne peut pas dire que l’on soit dans une période faste sur le plan des budgets, où tout se décide très tard. Quant à notre second équipage composé des deux Nicolas, nous avons Nicolas Marroc qui est un jeune pilote très prometteur et Nicolas Tardif qui est un gentleman avec une solide expérience. Les deux forment une paire très homogène. »

 

Quel est le bilan après deux manches FIA GT Series ? Il y a du bon et du moins bon ?

« La première satisfaction est d’avoir remporté la toute première manche à Nogaro avec Seb (Loeb) et Alvaro (Parente). C’est une très grande récompense pour toute l’équipe qui a très bien travaillé durant l’hiver. Seb était le moteur et cela a porté ses fruits. Il ne faut pas oublier que nous sommes débutons dans la discipline. Seb voulait un coéquipier de très haut niveau et il l’a trouvé avec Alvaro qui est sans aucun doute l’un des meilleurs pilotes GT. Seb va dans la bonne direction en progressant très rapidement, et Alvaro apporte son expérience. L’osmose est parfaite entre eux. »

 

Le point négatif reste les deux pénalités à l’issue des essais ?

« Les deux problèmes ne sont pas entièrement identiques même si la finalité est la même avec une sanction à la clé. On ne pouvait pas maîtriser les incidents et on n’a rien à se reprocher. C’est tout de même rageant… »

 

L’autre belle satisfaction reste la performance de l’autre équipage…

« Mike (Parisy) et Andi (Zuber) sont certainement moins sous les projecteurs mais ils n’en sont pas moins rapides. Ils forment un équipage très homogène et surtout très performant. Ils vont de toute façon confirmer qu’ils sont parmi les meilleurs. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont terminé à deux reprises au pied du podium à Zolder. »

 

Là aussi le championnat est pour le moins relevé…

« On peut même dire ultra relevé ! J’ai été impressionné par les courses de Zolder. Les équipages et les teams sont vraiment d’un haut calibre et il ne faut rien lâcher. Lors des ravitaillements, tout le monde se tient en quelques secondes car toutes les équipes travaillent d’arrache pied pour s’améliorer encore et toujours. C’est un travail quotidien. Les mécaniciens sont très impliqués dans la performance en piste. C’est le top du top au niveau des courses de sprint. »

 

Il va falloir gérer un clash de date entre Zandvoort (FIA GT Series) et Val de Vienne (GT Tour). Quelle solution va adopter le team ?

« Nous n’avons pas encore la solution. De plus, le même week-end se tient la Porsche Carrera Cup France au Mugello. C’était le pire scénario qui pouvait nous arriver. Nous allons trouver une solution avec McLaren. Pour le moment, cela reste un problème mais le team honorera ses engagements dans les deux disciplines. »

 

Est-il prévu de voir Seb rouler en GT Tour d’ici la fin de saison ?

« C’est envisagé dans la mesure du possible où son planning le lui permettra. Il nous faudra pour cela une auto supplémentaire et ce serait pour nous un bel objectif, et pourquoi pas à l’occasion de la finale du Paul Ricard. »

 

Comment se passe la relation avec McLaren ?

« La relation est très positive. Ils avaient envie de travailler avec nous et ils sont à notre écoute, ce qui est très motivant pour l’équipe technique. On est encore une jeune équipe qui n’en est qu’à sa deuxième saison. A terme nous voulons travailler en étroite collaboration avec un constructeur. Pourquoi pas avec McLaren sachant que Seb ne peut pas rouler sur n’importe quelle GT compte tenu de ses contrats en cours. Avec McLaren tout se passe très bien avec une bonne collaboration. »

 

Qu’en est-il d’une présence aux 24 Heures de Spa cette année ?

« C’est une chose que l’on envisage fortement mais il faut pour cela trouver un complément de budget. Que les choses soient claires, si nous allons à Spa c’est pour nous battre contre les meilleurs. Seb serait partie prenante si le projet devait se finaliser. Il devrait y avoir 70 autos d’une même catégorie et ce serait un sacré challenge à relever. »

 

On entend souvent que c’est plus facile de trouver des partenaires quand on s’appelle Sébastien Loeb Racing…

« Ce n’est pas parce qu’on est Sébastien Loeb Racing que c’est facile. C’est exactement la même chose que les autres équipes. La période actuelle fait qu’il est difficile de trouver les budgets. Pour qu’une équipe se développe, il faut aussi prendre des décisions pour mieux rebondir. »

 

C’est ce qui se passe avec le forfait pour les 24 Heures du Mans ?

« C’est pour nous une vraie déception que de ne pas faire Le Mans. Les 24 Heures restent un objectif prioritaire pour le futur. »

 

Cette arrivée aux 24 Heures du Mans se fera forcément en prototype ?

« Dans un premier temps nous nous sommes focalisés sur le prototype car le niveau est très relevé en LMP2. On se rend aussi compte que de très belles choses se passent en GT. Le niveau en GTE est juste incroyable. Les pilotes présents sont tous impressionnants. Au fur et à mesure, on apprend à regarder ce qui se fait dans les autres catégories. Le GTE peut être une solution d’avenir pour nous. Les bagarres sont belles et les courses bien suivies. Tout reste ouvert même si le prototype reste le prototype, surtout quand on y a goûté. »

 

Tout dépendra aussi de Seb ?

« Seb est encore dans l’attente de son programme définitif pour 2014. Il faut attendre la décision de l’implication de Citroën en WTCC. En attendant, ce qui est certain c’est qu’il prend beaucoup de plaisir à faire ce qu’il fait et il a une volonté de progresser qui est extraordinaire. Il participe activement à la vie de l’équipe même si son emploi du temps est chargé. »

 

On pourrait voir à l’avenir le Sébastien Loeb Racing en rallye ?

« Cela fait partie de nos réflexions. A terme, il serait logique de nous y retrouver. Pourquoi pas dans une formule de promotion et y aller tranquillement, petit à petit. Il y a de vraies pistes à explorer. Si cela devait se faire, on ne mettrait pas le circuit de côté. Pour avoir une activité pérenne, il faut se diversifier, ne rien se refuser et ne fermer aucune porte. Nous avons pris la décision de venir en circuit car c’était l’étape logique pour la reconversion de Seb. On va déjà bien travailler le sujet avant de se lancer dans autre chose. »


Les ambitions sont aussi relevées en Porsche Carrera Cup France. L’objectif est de faire aussi bien que l’an passé avec trois titres ?

« Ce sera dur de faire mieux (rires). On a les moyens de faire aussi bien. Nous avons une voiture de plus que l’année passée avec une seconde Porsche en « B ». Nos trois pilotes « A » ont une volonté de réussir qui est exceptionnelle. Le bloc Côme (Ledogar), Maxime (Jousse) et Sacha (Bottemanne) est très solide. Avec Christophe Lapierre en « B », on sait qu’on a quelqu’un pour jouer devant. Christian (Lapierre) compte aussi tirer son épingle du jeu. Il y a un très gros niveau. On savait qu’en choisissant la Cup c’était la bonne discipline. C’est le pilote qui fait la différence car le côté technique est très bien contrôlé. Si tu ne termines pas premier, c’est que l’autre était meilleur que toi. »


On dirait que Jean-Karl (Vernay) a créé de émules…

« Le niveau 2013 est le fruit de l’histoire de Jean-Karl. Il était au creux de la vague et il m’a appelé. Ce qui est arrivé par la suite était mieux que ce que l’on pouvait rêver. Il n’a pas hésité à refaire une formule de promotion pour se relancer. C’était pour le lui le plus beau scénario. Tous les pilotes qui ont suivi son parcours ont vu que c’était possible. En 2012, deux pilotes se sont détachés du lot et là ils sont une dizaine à pouvoir l’emporter. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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