« Salut à tous ! C’est avant de prendre quelques jours de vacances que je vous livre ma chronique. Le menu est pour le moins contrasté : une victoire de catégorie aux 24 Heures du Mans, avec la Porsche RS Spyder du Team Essex, contre un abandon en FIA-GT la semaine suivante à Oschersleben, avec la 997 GT3-RSR de Prospeed Competition. En juin, les semaines se sont suivies sans pour autant se ressembler…
« Commençons ce qui restera certainement l’un des meilleurs moments de la saison : les 24 Heures du Mans. Mon objectif était clair : gagner le LMP2 avec Casper Elgaard et Kristian Poulsen. On peut dire aujourd’hui que la mission a été accomplie. Finalement, nous avons connu un seul ennui lors de la course : un accrochage avec… l’autre RS Spyder ! J’étais d’ailleurs au volant lorsque cela s’est passé, au petit matin. La Porsche du Team Goh me suivait à une trentaine de mettre depuis quelques tours lorsque nous sommes arrivés sur un freinage avec des drapeaux jaunes et un drapeau signalant un changement d’adhérence. J’ai donc freiné un peu plus tôt, mais le pilote japonais (Ara ou Kunimoto) a essayé de me doubler. Comme il y avait de l’huile sur la piste, il n’a pu freiner normalement et m’a percuté à l’arrière. La voiture était bien endommagée puisque je suis rentré sans aileron arrière. Le fond plat et extracteur étaient également abîmés. Nous avons perdu un tour, ce qui est peu compte tenu des réparations. Le Team Essex a vraiment fait un superbe travail sur ce coup. Et c’est dans ce genre de situation que l’on peut voir à quel point la RS Spyder a été bien pensée.
« Le reste de l’épreuve a été relativement calme. L’auto a été tout simplement parfaite. Le comportement était sain et nous n’avons pas eu le moindre problème. Nous nous sommes vraiment contentés de changer les pneus et de ravitailler en essence. Globalement, nous étions plus rapides que l’autre Porsche. Je crois surtout que c’est la fiabilité des pilotes qui a payé : nous n’avons pas commis de faute. Casper connaissait déjà la voiture et l’épreuve, mais pas Kristian. Il a rempli son contrat, malgré son manque d’expérience puisqu’il n’avait jamais fait de proto deux mois avant Le Mans ! Après le GT2 il y a quelques années, j’ai donc regoûté à la première marche du podium des 24 Heures du Mans. C’est vraiment une sensation particulière : c’est difficile à décrire, quelque chose à part, avec toute cette foule. C’est très impressionnant et je peux vous garantir que j’ai été très heureux de m’y retrouver avec Porsche et Essex. La RS Spyder reste invaincue en Europe ! Il ne me reste plus qu’une victoire au général ! Pour cela, il faut être dans la bonne voiture, avec le bon équipage. Si ça doit se faire, ça se fera. Le plus beau serait de pouvoir gagner avec Porsche, comme en GT2 et en LMP2 ! Pour la première fois depuis plusieurs années, j’avais décidé de ne pas rouler en LMP1, mais je crois que pour cette année, c’était le bon choix.
« Après Le Mans, j’ai enchaîné avec le FIA-GT à Oschersleben. Je suis passé d’un extrême à l’autre puisque j’ai vécu un week-end difficile. Nous avons eu des problèmes récurrents de boîte de vitesses, notamment durant la qualification. Nous avons donc dû nous contenter du 11e chrono. Les 90kg de lest n’expliquent pas tout… Néanmoins, le début de course a été plutôt positif. Je craignais un peu le départ : en partant plus loin, on risque plus d’être pris dans les accrochages. Mais j’ai pu éviter les embûches et après un quart d’heure j’étais déjà 6e. Comme nous formons un équipage très homogène avec Richard (Westbrook), le podium était largement envisageable. Malheureusement, j’ai été percuté par une Ferrari de la BMS Scuderia Italia. Résultat, un demi-train arrière arraché synonyme d’abandon. C’est frustrant, d’autant que la pluie est arrivée après : c’était parfait pour notre Porsche. Nous restons en tête du championnat, mais nous perdons de gros points !
« Il faudra se rattraper à Spa, où il n’y aura pas de points bonus cette année. Cela relativise l’importance de l’épreuve puisqu’il restera quatre manches à disputer ce double tour d’horloge. Le quatrième de la saison pour moi, après Daytona, le Nürburgring et Le Mans. Quoi qu’il en soit, c’est avec ambition que je me rendrai sur le tracé de l’Eau Rouge. Ce sera un sprint de 24 heures et la bataille s’annonce chaude. Mais cette course, nous devons la gagner !
« Pour conclure, j’adresse un mot à Luc Alphand, qui s’est blessé en moto. Je lui souhaite un prompt rétablissement et j’espère que nous le retrouverons tous au plus vite dans les paddocks et sur la piste. Courage Lucho ! »
Manu Collard

