Patron de GT Sport, Jesus Pareja se charge de nombreux championnats, dont la Spanish F3, le Spanish GT et bien évidemment l’International GT Open. Profitant de notre visite à Donington, nous l’avons rencontré pour dresser un bilan de la saison actuelle, mais également évoquer l’avenir du championnat.
L’International GT Open atteindra le cap de la mi-saison à l’issue de ce meeting. Quel regard portez-vous sur le début du championnat ?
« C’est une année difficile pour tout le monde, mais après trois manches nous sommes contents. Nous avons eu droit à des belles courses, avec de nombreuses bagarres pour la victoire, comme à Portimao avec une photo-finish. Nous avons des bons pilotes en piste, avec de très bonnes voitures et beaucoup de dépassements sans avoir de gros accidents. Ce sont de vraies courses ! En GTS, c’est un peu plus délicat car c’est la deuxième catégorie, mais nous sommes également satisfaits du niveau général.
« Le seul problème ici à Donington est que plusieurs teams sont absents suite à la manche de Spa. Nous avons fait l’erreur de mettre deux courses en une semaine et nous avons perdu des autos qui ont été abîmées en Belgique. Hormis cette course, la quantité est au rendez-vous. Nous continuons d’apprendre : nous voulions faire deux épreuves rapprochées pour limiter les coûts. Mais il faut aussi laisser le temps aux teams qui n’ont pas de pièces de rechange de réparer. Il faut trouver le bon compromis. »
En début d’année, vous aviez parlé de séparer les Super GT (GT2) et les GTS (GT3). Pourquoi ne pas l’avoir fait ?
« C’était effectivement prévu, et ça le reste si nous avons un plateau suffisamment important : environ 18 voitures par catégorie. On voulait le faire et on le fera si on peut. Malheureusement, nous n’avons pas encore eu l’occasion, principalement compte tenu du contexte économique. J’espère que nous pourrons le faire sur des épreuves comme Monza ou Barcelona. »
Y-aura-t-il de nouvelles arrivées lors des prochaines courses ?
« On attend un nouveau team avec deux Porsche 997 GT3-RSR : Drivex qui est présent en Spanish F3 et Spanish GT. IMSA Performance devrait également aligner une quatrième Porsche sur la fin de saison. Normalement, nous devrions avoir un team qui a fait Le Mans en GT2. Une équipe anglaise est prévue après la fin des Le Mans Series et nous espérons aussi une Aston Martin Vantage GT2. Nous avons parlé avec BMW et Reiter Engineering, mais ils ont besoin de temps pour développer leurs voitures. Notamment Reiter qui est intéressé, mais qui veut venir pour se battre aux avant-postes. En GTS, nous espérons avoir une Audi R8. De manière générale, le plateau devrait grossir à partir de cet été. »
Qu’en est-il de la manche de Valencia-Ville ?
« Ce meeting est annulé et il est probable qu’il sera remplacé par le Nürburgring, où nous ferons cause commune avec le DTM. Nous avons demandé l’avis des teams ce week-end. Il y aura une huitième épreuve, mais en dehors de cette date au Nürburgring, c’est difficile de trouver un bon créneau. Nous avons beaucoup de teams qui roulent en Italian GT, Spanish GT ou Le Mans Series et nous devons trouver le bon moment pour caser cette course. On parle avec le DTM et c’est une opportunité intéressante car nous souhaiterions aller en Allemagne à l’avenir. »
Justement, comment sera établit le futur calendrier ?
« Nous continuerons à courir en Europe, avec un objectif : être sur les meilleurs circuits. Cela veut dire des beaux tracés, mais aussi des lieux qui ont une véritable histoire. »
Et au niveau de la réglementation ?
« Pour 2010, nous continuerons avec les Super GT (GT2) et GTS (GT3), chaussées en Dunlop. Pour l’avenir, nous ne savons pas encore. Il faut voir comment les choses évoluent, ce que vont devenir les différentes catégorie GT, qui va se lancer dans le nouveau GT1 etc. »
A propos des nouveaux championnats, ne craigniez-vous pas la concurrence du Championnat d’Europe GT2 ?
« Si et d’ailleurs je ne suis pas content de la manière dont cela a été fait. J’ai montré mon intérêt : je pense qu’il faut un espace pour tous et je crois que ce label de Championnat d’Europe aurait dû être désigné suite à un appel d’offres. SRO fait un très bon travail depuis plus d’une décennie, mais chacun aurait dû avoir le droit de faire une proposition. D’autant qu’ils vont faire ce que l’on fait. Ce n’est pas bien de copier les choses…»
Le problème du GT ne vient-il pas du fait qu’il y a trop de championnats ?
« Complètement et c’est tout aussi valable pour la monoplace. De notre côté, nous suivons notre ligne, avec nos convictions et les gens qui les partagent. Nous avons parfois fait des erreurs, mais nous avançons, nous progressons. Nous essayons de faire toujours mieux et je pense qu’au final les meilleurs championnats perdureront. Nous ne sommes pas là pour nous regarder le nombril donc nous continuons à travailler pour atteindre notre but final. »
Et quel est l’objectif ?
« Avoir de l’intérêt, de la part du public et des télévisions à travers de la qualité. Avoir 30 ou 40 000 en moyenne, je pense que ce serait bien. Nous avançons chaque année : d’ailleurs, depuis le lancement du GT Open, nous n’avons jamais perdu un diffuseur TV. Nous en avons toujours gagné… »
Propos recueillis par Anthony Megevand