Lancé en 2006, l’International GT Open s’est inscrit dans la continuité du Spanish GT. Depuis lors, le championnat n’a cessé de progresser, avec un plateau qui a gagné en quantité et en qualité. Ils sont désormais plusieurs concurrents à être devenus de véritables fidèles de la série. Une série dont le règlement est parfois méconnu. Nous avons donc cherché à en savoir un peu plus, avec l’aide de Gilles Françon, le Team Manager du Trottet Racing.
Commençons par le commencement : huit meetings sont programmés pour 2009, avec deux catégories en lice : les Super GT, l’équivalent des GT2, et les GTS, l’équivalent des GT3. Lors de chaque manche, deux épreuves se déroulent : la première, le samedi, d’une durée de 70 minutes ; la seconde, le dimanche, d’une durée de 50 minutes. Lors de chacune de ces courses, les voitures doivent passer obligatoirement par les stands au moins une fois, durant le deuxième tiers de l’épreuve. Un changement de pilotes est effectué avec, lors de la première course, un ravitaillement en essence. « Le ravitaillement peut débuter une fois que le changement de pilotes est terminé et que la prote est fermée » précise Gilles Françon. « Par ailleurs, aucun travail mécanique n’est autorisé et les changements de pneus sont interdits. Pendant le ravitaillement, trois mécaniciens peuvent intervenir pour nettoyer les entrées d’air ou le pare-brise. Toutes ces opérations doivent se faire dans un temps de 65 secondes minimum, le chrono étant déclenché puis arrêté à l’entrée et à la sortie de la pitlane. »
Lors de la deuxième course, seul le changement de pilotes est effectué, dans un temps minimal de 60 secondes. Mais pour ces deux épreuves, les concurrents peuvent recevoir un handicap chronométrique. « Ces handicaps sont établis selon les résultats » poursuit le Team Manager du Trottet Racing. « Le premier reçoit 15 secondes, le second 10 sec, le troisième 5 sec. Le maximum est de 30 secondes, sachant que la pénalité la plus importante est enlevée en cas de résultat au delà du Top 3. » Mise en situation : après une première et une deuxième place, le concurrent écope de 25 sec. S’il termine ensuite quatrième, il aura un handicap de 10 sec.
Du côtés des pilotes, beaucoup de gens pensent que le GT Open est basé sur un système Pro-Am, avec un pilote professionnel et un gentleman driver. Il n’en est rien. En fait, une équipe peut, si elle le souhaite, aligner deux pros. Elle peut même se contenter d’engager un seul pilote ! Auquel cas, celui-ci devra bien observer un pit-stop obligatoire, avec un handicap de 10 secondes en plus des 65 et 60 secondes à observer lors des courses 1 et 2. « Concernant le fait d’avoir deux pros, le système a ses limites » note Gilles Françon. « Après deux victoires, le duo aurait 30 secondes de handicap et c’est un déficit difficile à combler en piste. Si les deux hommes arrivent à enchaîner trois succès de rang, ils écopent de 45 secondes. Cela permet de niveler le niveau. »
Ce système de handicap temps, au contraire du FIA-GT qui mise sur un handicap de poids, semble convenir au concurrent. « Nous apprécions ce système car il n’a pas d’influence sur le comportement de la voiture » confirme Gilles. « Le lest peut influencer sur les réglages ou l’usure des pneus et ce n’est pas facile à gérer. Le handicap temps permet à chacun d’avoir sa chance, sans remettre en cause la compétitive de la voiture ou des pilotes. »
Reste la question des pneus. Dunlop est le fournisseur unique, avec des pneus compétition-client. Un seul type de gommes est proposé sur la saison, avec deux spécificités : « slick » ou « pluie ». Il n’y a donc pas d’intermédiaire ou de « séchant ». Si les « pluie » sont illimités, seuls trois trains de « slick » sont délivrés par meeting. Les teams peuvent utiliser le vendredi des pneus avec lesquels ils ont roulé lors des manches précédentes. En revanche, pour les qualifications et les deux courses, ils doivent utiliser les trois trains. « Nous pouvons les chausser comme nous le souhaitons » explique Gilles Françons. « Nous ne sommes pas obligés de prendre le départ de la course 1 avec les pneus de la course 2 etc. Là aussi, nous sommes satisfaits des règles : trois trains de pneus et deux types de gommes, c’est une vrai économie au niveau des budgets. Le seul point que nous pourrions regretter est le fait de ne pas avoir la possibilité d’utiliser des couvertures chauffantes. »
Concernant le règlement technique, il est inspiré de celui établit par la FIA : poids identique, tout comme les dimensions, la garde au sol ou encore l’aérodynamique (hormis le gurney de 5mm imposé par l’ACO, qui ne l’est pas en GT Open). En fait, la plus grande différence se situe au niveau des brides, qui sont plus grandes qu’en Le Mans Series ou FIA-GT. Ce sont d’ailleurs les plus larges des championnats mettant en scène des GT2.
Dans sa quatrième saison d’existence, l’International GT Open a trouvé son rythme de croisière. Les teams sont de manière générale satisfait des règles, qui permettent aux GT2 de se battre pour la victoire au classement général et qui offrent des courses disputées, sans que les performances des voitures ne soient remises en cause par les handicaps. Mais cela n’est pas synonyme de hiérarchie monotone pour autant. Après trois rendez-vous et donc six courses, Ferrari et Porsche sont d’ailleurs dos à dos avec trois succès. Des succès que ce sont partagés Autorlando, Trottet, Advanced Engineering et IMSA Performance. Preuve d’une belle diversité !
Anthony Megevand