La Ferrari 458 Italia GT2 du team Visiom, la seule GT2 du plateau, a remporté sa première victoire 2013 en VdeV Endurance Series le week-end dernier à Barcelone. Jean-Paul Pagny, Jean-Bernard Bouvet et Thierry Perrier ont ainsi renouvelé leur victoire de 2012 sur ce même circuit. La Ferrari est revenue il y a peu d’une cure de remise en forme chez Michelotto et l’équipe à qui le titre échappe de peu depuis 2009, après que Jean-Paul Pagny ait été titré en 2007 et 2008, a bien l’intention de damer le pion cette année aux Porsche, malgré l’arrivée des GT3. Thierry Perrier (14 participations aux 24 Heures du Mans dont trois victoires de catégorie), est revenu avec nous sur la course de Barcelone.
Thierry, j’imagine que tu es satisfait du week-end à Barcelone ?
« C’était très bien, très sympa. En plus, l’ambiance était très bonne, tout le monde était gentil, content. Sur la piste c’était la même chose, tous les pilotes se sont bien comportés, c’était très bien. »
Première course 2013, première victoire…
« Oui, on a vraiment bien roulé. Jean-Bernard a été parfait comme d’habitude et Jean-Paul a fait une très bonne course. Il était en confiance et il s’est lâché. Nous avons vraiment passé un bon week-end. »
C’est toi qui a pris le départ, et tu as pris la tête rapidement…
« J’ai mis une quinzaine de tours, mais j’étais bien derrière les deux Porsche…Je préférais rester derrière et les titiller un peu. Je me décalais un peu dans les lignes droites, donc ils pensaient que j’allais les chercher. J’étais dans les chronos prévus et à un moment, il y a une belle ouverture et je suis passé. »
Vous avez tous les trois roulé sous la pluie ?
« Non, Jean-Paul a pris le deuxième relais derrière moi, et à ce moment-là il ne pleuvait pas encore. Il n’ya que moi qui ai roulé sous la pluie pendant tout un relais, le dernier. Il fallait faire attention où on mettait les roues, mais la pluie, moi j’adore ça ! Jean-Bernard était au volant quand la pluie s’est mise à tomber mais il est resté au volant en slicks le plus longtemps possible pour qu’on n’ait pas à faire un arrêt supplémentaire pour ravitailler et malgré les conditions ses chronos étaient impeccables. Quand la piste est devenue trop détrempée et que les temps ont chuté, il est rentré. La stratégie a bien fonctionné, Jean-Bernard n’a pu rigoler sous la pluie, mais quand j’ai pris le volant il restait 1h20 de course, ce qui m’évitait de reprendre du carburant pendant mon relais. C’était difficile, parce qu’on n’y voyait pas bien sur le circuit, on ne savait pas trop ce qui était mouillé, ce qui était sec… »
Tu avais des poursuivants sérieux avec Emmanuel Collard et Jean-Philippe Belloc derrière toi ?
« C’est sûr, Manu Collard tournait régulièrement environ deux secondes plus vite que moi au tour, Belloc allait également très vite, mais je n’ai dû lui rendre que ving-cinq, trente secondes sur la totalité du run, mais ce sont deux clients ! Je suis content parce que l’auto marche bien, l’année dernière, c’était un peu tendu parce qu’il y avait deux ou trois petites choses qui nous empêchaient de concrétiser, mais là elle était impeccable, très agréable. C’est réellement une très belle voiture, maintenant on sait bien se servir du traction control, on a appris car l’année dernière c’était notre première saison avec, mais maintenant c’est parfait. »
Penses-tu que les 911 GT3-R vont être plus embêtantes pour la Ferrari que la RSR ?
« Honnêtement, je ne crois pas. On pensait que les GT3-R auraient une meilleure vitesse de pointe que la RSR mais apparemment ce n’est pas le cas. Evidemment, quand Collard est au volant, c’est autre chose…Je pense que pour un gentleman driver, c’est peut-être plus facile de faire des bons chronos assez rapidement qu’avec une RSR qui demande plus d’adaptation. Les R sont plus faciles à conduire pour un gentleman driver. La RSR demande plus de temps, mais une fois qu’on y est habitué, c’est très bien parce que le châssis ne se dégrade pas, ce qui n’est pas forcément le cas de la R. Ce qui est certain qu’avec des équipes comme IMSA, Crubilé avec Jean-Pierre Malcher, les Porsche vont être dangereuses. Des teams comme IMSA ont une expérience fantastique et ils savent parfaitement comment gérer les safety-cars par exemple…On peut se faire avoir sur des choses comme ça. »
En consommation, il y a une différence entre la GT3-R et la RSR ?
« A mon avis, la GT3-R consomme un peu moins. Mais la GT3-R 2013, comme elles est plus large, avec un gros aileron, c’est un peu différent, mais ça se joue à peu de choses. »
Sous la pluie, la Mosler de l’Escuela Española de Pilotos était très rapide…
« Oui, Ben Clucas est fantastique. Il m’a doublé sous la pluie, je n’ai pas cherché à le suivre, car il était loin dans le classement, mais c’est un très bon pilote. Lui et son coéquipier Lorena, ce sont des gars très sympa. Lorena est un peu moins rapide, mais il va falloir les surveiller, car ils vont nous faire quelque chose un jour. Comme ils vont rouler à deux, Clucas va pouvoir rouler près de trois heures, et ça peut faire mal. »
Le plateau était très beau à Barcelone…
« Oui, c’était très bien, même si on pensait qu’il y aurait davantage d’engagés. Il y a quand même des concurrents sérieux et il faudra se méfier pour les prochaines courses.»
Propos recueillis par Claude Foubert