Présent aussi bien avec le casque sur la tête que les oreilles eu gré des meetings, Laurent Cazenave partage son temps entre le pilotage et la gestion de CD Sport. Associé depuis maintenant dix ans à Claude Degrémont, le pilote Hexis Racing 2013 en GT Tour est aux manettes de l’équipe ce week-end à Barcelone pour le coup d’envoi de la saison VdeV Endurance Series. Pas moins de quatre Norma M 20 FC sont alignées avec des pilotes de renom tels Jonathan Cochet, Thomas Accary, Matthieu Lecuyer ou Sébastien Dhouailly. Dans quelques semaines, c’est dans le baquet d’une McLaren MP4-12C/Hexis Racing que l’on retrouvera le Palois, toujours en compagnie de son complice et ami Jean-Claude Police.
Laurent Mercier : Changement de casquette ce week-end avec la partie pilotage mise de côté. Une activité qui te prend beaucoup de temps ?
Laurent Cazenave : « Je suis associé avec Claude Degrémont depuis maintenant plus de dix ans. Nous avons débuté avec une équipe de course avant de passer à l’école de pilotage, qui représente 80% de notre activité. En 2009, nous avons remis sur pied l’activité compétition avec les BRS puis le VdeV. Je gère l’école de pilotage ainsi que les relations commerciales, alors que Claude s’occupe du côté technique et sportif durant les meetings. Pour cette course, Claude officie sur les autos #3 et #4 et moi les #1 et 1#2. Nous alignons quatre Norma, ce qui est une première pour nous. »
Le championnat VdeV Endurance est un choix ?
« Tout à fait car tout le monde s’y retrouve dans le team. La série est très professionnelle et nous sommes à notre place. Financièrement, nous y trouvons notre compte. Il faut savoir que nous avons 12 salariés à plein temps à faire vivre. Nous gérons une entreprise. Certes le but est de gagner sur la piste, de faire des résultats, mais il ne faut surtout pas mettre de côté l’aspect financier. Nous fonctionnons ainsi depuis 2009 et comme je l’ai dit, nous sommes où il faut. L’équipe a une culture plutôt monoplace, et les prototypes CN nous conviennent bien. L’auto est très performante et on aime ce côté maîtrise des coûts. »
Un passage en GT ou en LMP2 est possible à l’avenir ?
« Le GT, c’est très bien et je suis placé pour le savoir vu que je roule dans une GT3, mais c’est trop compliqué pour un chef d’entreprise. C’est la même chose pour la catégorie LMP2, mais avoir une auto en exploitation est du domaine du possible. Sinon, tu passes des nuits trop mauvaises. »
Ton autre activité reste le pilotage. Impatient que la saison reprenne ?
« Ma saison 2012 m’a lessivé psychologiquement et cette année, je me suis organisé différemment sur le plan professionnel. Je pense que l’année passée, je n’étais pas à 100% et j’espère bien combler la chose cette saison. Je ne fais aucun reproche à Pro GT by Alméras. Le problème était entre le volant et le siège. Je n’ai aucun souci d’ego à l’avouer car je suis persuadé que nous disposions du même matériel que l’autre auto du team. »
Tu vas rouler dans une atmosphère connue avec Hexis Racing…
« Philippe (Dumas) est avant tout un ami et je suis ravi de rouler pour Hexis. Ils ne viennent pas de n’importe où. Je suis chez des vrais amis. Jean-Claude (Police) est maintenant totalement remis de sa blessure. Nous allons faire de belles choses tous ensemble. L’auto est bonne, l’équipe est bonne. Tout le monde travaille beaucoup en vue du début de saison et je ne suis pas inquiet. On sent que Hexis Racing n’est pas qu’une équipe cliente de McLaren. Il y a quelque chose en plus. Le pilotage de la MP4-12C est différent de la Porsche et pour paraphraser Philippe Alméras, « la GT3 parfaite n’existe pas. » Elles ont toutes des qualités et des défauts. La McLaren me correspond bien sur le plan du pilotage. »
« Tout est réuni pour faire de belles choses avec le plus de podiums à la clé. La cerise sur le gâteau sera les 24 Heures de Spa où le côté humain est primordial. C’est génial que de pouvoir prendre part à cette course au sein d’une telle équipe. »
Propos recueillis par Laurent Mercier