Une course tranquille et disputée à la fois…
Le chapitre American Le Mans Series à Sebring vient de se refermer. Dans un an on parlera de United SportsCar Racing (USCR). Il est un peu tôt pour se projeter vers 2014 et on attendra d’avoir tous les tenants et les aboutissants de ce championnat unique en Amérique du Nord. En attendant, on a connu une 61ème édition des 12 Heures de Sebring assez tranquille en LMP1 et LMP2. Par chance, le Dr Ullrich a laissé ses pilotes s’exprimer pleinement. Benoît Tréluyer et Marcel Fässler ont fait le job parfait, et Oliver Jarvis a raflé une deuxième montre Rolex en quelques mois après une victoire aux dernières 24 Heures de Daytona sur une Audi R8 LMS. Le Rebellion Racing va lutter toute la saison face à Muscle Milk Pickett Racing et les Suisses mènent par 1 à 0 avant le rendez-vous de Long Beach. On n’attendait aucune LMP2 et elles étaient finalement cinq au départ. Avec sa dream team de pilotes, Level 5 Motorsports n’a laissé le soin à personne de s’imposer. Reste maintenant à savoir si Scott Tucker alignera ses deux autos sur l’intégralité du championnat. On pourrait bien voir Marino Franchitti, Ryan Briscoe et Scott Tucker en découdre sur les deux HPD. Boudée en Europe, la catégorie LMPC a de nouveau été disputée, la victoire se jouant dans la dernière demi-heure. Avec des pilotes de la trempe de David Heinemeier-Hansson, Pierre Kaffer, David Ostella ou Stefan Johansson, la classe PC n’a rien de seconde zone. Les pneus Continental venant du Grand-Am (DP) semblent avoir fait l’unanimité auprès des pilotes, même si la longévité des gommes est encore bien inférieure aux Michelin. La déception reste la prestation de la DeltaWing même s’il faut relativiser la chose compte tenu du programme tardif. La pointe de vitesse d’Olivier Pla n’aura pas permis de montrer le potentiel de l’auto, le Toulousain n’ayant pu rouler en course. Il va falloir travailler d’arrache pied chez DeltaWing Racing Cars.
La catégorie GT a tenu en haleine les fans durant 12 heures. Le résultat parle de lui-même : Corvette, Ferrari, Porsche, BMW, Viper. Cinq marques différentes aux cinq premières places. Difficile d’avoir un meilleur équilibre. Chez BMW et Viper, on était là pour emmagasiner de l’expérience et les deux ont mené à un moment ou à un autre. La saison s’annonce de toute beauté et on espère qu’il en sera de même aux 24 Heures du Mans même si les BMW seront absentes. Il n’y a guère qu’Aston Martin qui manque à l’appel pour ce qui est du résultat final, mais la Vantage GTE Spec-2013 a tourné comme une horloge. Sans un contact occasionnant un pépin de radiateur, la #97 avait le potentiel pour jouer les positions de tête. Risi Competizione a fait un retour quasiment gagnant en ALMS. Malgré ses deux petites fautes dans les dernières minutes, Matteo Malucelli s’est fait remarquer avec une prestation convaincante. En attendant le prochain round, Corvette a fait parler la poudre, mais la concurrence rôde autour des C6.R. Les GTC ont aussi assuré un beau spectacle. Manque de chance pour notre compatriote Kévin Estre qui a pourtant bouclé le tour le plus rapide en course.
Un plateau conséquent mais suffisant…
En 2012, l’apport du Championnat du Monde d’Endurance avait fait monter le plateau à une soixantaine d’autos. Avec vingt en moins, les problèmes en piste ont été quasiment nuls. Quatre neutralisations seulement ont émaillé la course. 325 tours ont été bouclés en 2012 contre 364 un an plus tard. Gérard Neveu, Président du FIA WEC, nous rappelait au beau milieu de la course que le circuit de Sebring est certainement plus approprié à une quarantaine d’autos, et on ne peut pas lui donner tort. Les pilotes sont d’ailleurs du même avis. En revanche, les pénalités ont été nombreuses. Au moindre contact, passage obligatoire par la case penalty box. Les abandons ont eux aussi été peu nombreux.
United we stand…
La journée du jeudi était consacrée à la présentation du nouveau championnat United SportsCar Racing qu’à titre personnel on n’accroche pas. On aurait préféré un North American SportsCar Racing. Cette présentation a permis de sceller la collaboration avec l’ACO. Une délégation mancelle emmenée par son président Pierre Fillon était d’ailleurs sur place. Gérard Neveu, Frédéric-Henry Biabaud, Pascal Dimitri et Vincent Beaumesnil étaient aussi du déplacement en Floride. Des invitations pour les 24 Heures du Mans 2015 seront décernées mais combien le seront et dans quel cadre. Si les LMP2 seront acceptées en 2014, qu’en sera-t-il dans les années futures ? On voit mal les DP actuelles aller rouler dans la Sarthe, mais avec la génération future de Daytona Prototype, les choses pourraient évoluer. On a tout de même l’impression que les équipes américaines vont rester sur leur continent à moyen terme.
Rumeur quand tu nous tiens…
Alors que beaucoup se réjouissent des débuts du championnat United SportsCar Racing à l’occasion des 24 Heures de Daytona 2014, la rumeur de la mise en place d’un championnat supplémentaire réservé aux LMP1 a fait parler dans le paddock. On sait bien ce que valent les rumeurs et on ne va pas spéculer sur une telle idée. Comment un tel championnat pourrait voir le jour dans le contexte actuel en se mettant à dos la puissante NASCAR. Deux championnats ne feront plus qu’un en 2014 et un autre verrait le jour… On ne peut qu’être sceptique. Si des LMP1 devaient rouler entre elles aux Etats-Unis, il y a fort à parier que ça ne se fera pas à Daytona, Sebring, Road Atlanta ou Watkins Glen, ces quatre tracés étant sous la coupe de l’USCR. Personne n’a voulu nous confirmer cette rumeur, certains la jugeant même de fantasque.
Laurent Mercier