C’est sitôt les essais privés de Portimao avec Aston Martin que Fred Mako a repris le chemin du Japon pour débuter les premiers essais au volant de la HSV-010 GT/Weider Modulo Dome Honda avec laquelle il prendra part au SUPER GT. Le Vice-Champion du Monde GT1 en titre fera cause commune avec Naoki Yamamoto, et le tandem aura fort à faire dans un peloton de furieux que connaissent bien Benoît Tréluyer, Erik Comas ou Sébastien Philippe. C’est donc entre le Japon et l’Europe que Fred va partager son temps. On le verra le mois prochain à Silverstone pour le coup d’envoi du Championnat du Monde d’Endurance sur une Aston Martin Vantage GTE officielle partagée avec un certain Bruno Senna. De quoi s’assurer une belle saison pour celui qui est certainement le plus complet des pilotes de la planète GT. Même si son expérience en prototype se « limite » à un test sur une Peugeot 908, le néo-perpignanais devait rouler pour la marque au Lion, mais ça c’était avant ce que l’on sait. Son rôle de pilote Dome-Honda va lui permettre de découvrir une nouvelle discipline, certes moins connue en Europe, mais très réputée et surtout très relevée. Quand on voit où sont maintenant Benoît Tréluyer ou André Lotterer, on ne doute pas une seconde que le SUPER GT va permettre à Mako San de prendre une autre dimension. Les premiers essais collectifs de Suzuka ont déjà permis de montrer une idée du potentiel de la HSV avec un troisième chrono pour l’ancien pilote Hexis Racing. Il fallait donc prendre la température de l’un des seuls européens du plateau.
Laurent Mercier : Avant de parler GT500, tu as découvert Suzuka. Tes premières impressions ?
Fred Mako : « Suzuka est un temple du sport automobile et cela se sent en arrivant sur place. C’est un magnifique site chargé d’histoire. En tant que passionné de sport auto, on ne peut être que respectueux de l’endroit. Nous aurons ici une manche de six heures, ce qui va me rappeler les formats que l’on connaît en Europe. »
Les premiers essais ont été positifs ?
« Oui car nous avons de suite été dans le coup sachant que l’équipe doit intégrer deux nouveautés de taille : les pilotes et les pneumatiques Michelin. L’équipe a beaucoup appris et bien progressé durant les essais. Je suis très fier du travail de tout le monde. »
Comment se comporte la voiture ? Plus proche d’une GT ou d’un prototype ?
« Elle ressemble vraiment à un prototype et il n’y pas de comparaison possible avec une GT comme on les connaît en Europe. Même si sur certains aspects les autos du GT500 peuvent ressembler à des voitures de série, ce sont des bêtes de course avec des coques en carbone. Elles sont taillées pour la compétition. C’est très compliqué de faire une comparaison avec l’Europe. Disons que nous sommes à mi-chemin entre une LMP1 essence et une LMP2. LA HSV-001 GT est assez facile à prendre en mains mais je ne doute pas une seconde que les derniers dixièmes seront assez durs à aller chercher. »
Ce n’est pas seulement la guerre au niveau des constructeurs, mais aussi sur le plan des manufacturiers pneumatiques. C’est aussi ton sentiment ?
« Le championnat est très ouvert et tout le monde met beaucoup de moyens pour être devant. Pour Michelin, cette présence au Japon est très importante et les moyens sont mis pour faire de belles choses. Mais il ne faut pas oublier que chez Bridgestone, Yokohama, Dunlop ou Hankook, la donne est la même. Il faut trouver les bonnes solutions pour faire mieux que le concurrent. C’est un challenge qui plaît aux parties prenantes. Nous sommes loin d’un championnat avec un seul manufacturier. L’entité Michelin Japon existe, même s’il y a des connexions avec l’Europe. »
Tu as pu avoir une première idée du plateau en place. Qu’en penses-tu ?
« C’est très ouvert car tout le monde peut gagner à un moment. On sait que ce sera très dur et que chaque point va compter. La réglementation en place est bien faite sachant qu’il n’y a pas de success ballast si tu gagnes ou de handicap temps comme on peut le voir dans d’autres championnats. Tout est une histoire de points car plus tu prends des points, plus tu récupères quelques kilos. Tout est gardé au fil de la saison, ce qui fait que tout le monde prend de l’embonpoint au fil des meetings. C’est aussi ce qui fait que les courses sont serrées. Ce championnat m’intéresse depuis longtemps et je suis très content d’y être. »
Tu t’es mis à la langue japonaise ?
« J’apprends quelques mots, mais tout le monde fait beaucoup d’efforts et tout se passe pour le mieux. J’ai hâte d’être à la première course pour voir où nous en sommes. Il nous reste encore deux journées d’essais collectifs à Okayama plus une séance privée. Je sais que l’expérience des circuits est quelque chose qui va jouer. Je suis là pour apprendre et il ne faut surtout pas croire que je vais laisser passer ma chance. L’objectif est d’être dans le bon wagon et de se battre pour la victoire. »
En attendant, tu vas suivre les 12 Heures de Sebring ?
« Bien sûr ! Je ne pouvais pas être au départ compte tenu des essais du SUPER GT. Je vais suivre avec attention la course en GT qui de toute façon va s’apparenter à un vrai sprint. Pour Aston Martin Racing, ce sera un meeting plein d’enseignements avant le coup d’envoi du Championnat du Monde d’Endurance à Silverstone. »
Propos recueillis par Laurent Mercier