Le Mans

Jacques Nicolet : « Envie de s’investir encore plus ! »

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Comme tout gentleman-driver, Jacques Nicolet était de retour au travail dès le lendemain des 24 Heures du Mans, même s’il tente de « rester sur [son] nuage ». Entre deux rendez-vous, celui qui a terminé troisième en LMP2 en compagnie de Richard Hein et Jean-François Yvon nous a accordé une interview. Histoire de revenir sur ce rêve de gosse, mais également sur la suite d’un partenariat avec Mazda qui a débuté sur les chapeaux de roue.

 

Jacques, après le podium de Lahaye/Ragues/Cheng l’an dernier, OAK Racing s’est une nouvelle fois classé troisième des 24 Heures du Mans en LMP2. Ce n’est pas tous les jours qu’un team parvient à monter sur le podium deux années de suite…

« Oui et cela me semble intéressant par rapport au travail effectué par tout le team. Cela montre le boulot fournit depuis, tous les efforts qui ont été fait depuis plusieurs fois. En parallèle, OAK se montre capable de terminer dans le tiercé de tête avec des jeunes pilotes talentueux, et l’année d’après avec de vrais gentlemen-drivers. Après la défaillance de la voiture de pointe, nous avons été capables de prendre le relais. Et quelque part, ce n’est peut être pas un hasard si nous sommes à l’arrivée. Notre tactique était la bonne. »

 

Les stratégies de la n°35 (Lahaye/Ajlani/Moreau) et de la n°24 (Nicolet/Hein/Yvon) étaient-elles différentes ?

« Les deux voitures avaient un objectif : être à l’arrivée. Au Mans, voir le drapeau à damiers est généralement synonyme de bonne position au classement. Les jeunes ont adopté un rythme de course supérieur, mais avec une bonne marge. De notre côté, nous avons été encore plus prudents : nous voulions avoir davantage de chance de finir. Nous avions une interrogation sur le moteur, qui n’avait jamais bouclé un double tour d’horloge auparavant. Nous nous sommes battus avec nos armes, donc en économisant l’auto en faisant bien attention de ne pas la brutaliser. »

 

Vous ne devez pas regretter votre passage du LMP1 au LMP2…

« En terme de résultat, il est clair que je ne le regrette absolument pas ! En piste, un peu. En LMP2, c’est parfois difficile, y compris face aux GT2, dont certaines sont plus puissantes et plus rapides en vitesse de pointe. Les GT1, je n’en parle pas. Les règles vont évoluer, mais c’est un vrai sujet. »

 

Hormis cela, aucun problème ?

« Non, nous sommes passés à travers toutes les embûches. Mis à part un changement de capot en début de course, nous n’avons pas connu de problème particulier. Mes coéquipiers ont été parfaits et il y avait une très bonne entente entre nous. Quant aux pneus Dunlop, ils ont également été excellents, notamment au niveau de la constance. Nous avons pu tripler les relais sans problème. »

 

Ce résultat, il est plutôt inespéré non ?

« C’est vrai que les accords pris avec Mazda et Dunlop ont été relativement tardifs. Nous ne sommes pas arrivés dans les meilleures conditions au Mans, mais tout le monde a tenu bon. De par une analyse réaliste, ce n’était pas gagné d’avance, mais nous sommes des compétiteurs, donc nous avons toujours de l’espoir. Nous avons eu de la chance… mais surtout pris un grand plaisir. Le châssis a été tout simplement exceptionnel. La Pescarolo a été d’une incroyable constance. Vraiment, il y avait autant de plaisir à l’arrivée qu’au départ. Le travail de l’équipe pour la mise au point a été fantastique, tout comme la nouvelle aéro de Pescarolo.

« Plus généralement, l’édition 2009 était le début d’un travail de fond qui vise à installer OAK Racing dans une idée de sérieux, de qualité et de bonne ambiance. Je veux que les gens se sentent bien. D’ailleurs, s’ils étaient déçus après leur abandon, les jeunes ont pris du plaisir et ont montré de grandes qualités humaines. Et ça, c’est aussi très important. »

 

Le podium a dû être riche en émotions…

« Il y a surtout eu une émotion très forte dans le casque, dans le dernier tour. Avec tous les commissaires au bord de la piste, c’est un grand moment. Idem lorsqu’on passe sous le drapeau à damiers. Sur le podium, on est comme porté par l’ambiance. Après, nous avons fêté ça dans le stand, et c’est vrai que la charge émotionnelle était grande ! »

 

Troisième, c’est une performance parfaite pour souder vos nouveaux partenariats ?

« Déjà à Barcelone, via l’importateur français, puis à Spa, via la filiale américaine, Mazda était venu nous voir et avait compris notre façon d’aborder la course, notre manière de la vivre. Le Mans s’est inscrit dans la continuité et il y a effectivement une grande osmose entre OAK, Mazda et Dunlop. Mazda était particulièrement sensible à ce résultat. Cela donne envie de s’investir encore plus. C’est de bon augure pour la suite. On discute beaucoup…»

 

Après Le Mans, retour au Le Mans Series fin juillet. Quel est l’objectif pour les trois dernières manches ?

« Nous sommes bien positionnés au classement, mais les pénalités concernant les changements de moteur vont nous coûter cher. Du coup, nous allons faire les choses « à la course ». Faire de belles prestations et essayer de décrocher un podium. Ce serait bien. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une année de transition et il y a encore du travail. »

 

Vous parliez de discussions avec Mazda : est-ce que cela pourrait découler sur une présence aux Etats-Unis en fin d’année ?

« Je l’avais imaginé : Petit Le Mans faisait partie d’une réflexion, mais comme nous sommes déjà engagés en Asian Le Mans Series, ce serait compliqué en terme de logistique. Nous avons un troisième châssis, donc nous verrons dans le futur. D’ailleurs, je trouverai bien que l’endurance renoue avec une sorte de championnat du monde. »

 

Vous êtes donc en faveur du Trophée Intercontinental évoqué par l’ACO ?

« Complètement et c’est pour cela que nous allons faire l’Asian le Mans Series. Nos partenaires, Mazda comme Dunlop, sont intéressés par ces courses. Quant à Sebring ou Petit Le Mans, tout le monde rêve de faire ces épreuves et cela fait partie de mes objectifs. Le Trophée Intercontinental serait une manière de répondre à des attentes, à une réalité. »

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

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